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Syrie : la bataille fait rage à Qousseir

L'armée bombarde les positions rebelles à Qousseir, théâtre d'une bataille acharnée depuis deux semaines. Un rapport "terrifiant" doit être présenté mardi à l'ONU.

AFP et La rédaction numérique de RTL

Après avoir reçu de nouveaux renforts à Qousseir, les troupes du régime appuyées par des centaines de combattants du Hezbollah resserraient davantage l'étau autour des rebelles dimanche, désormais retranchés dans le nord de cette ville stratégique située près de la frontière libanaise, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les troupes du régime bombardaient par avion et à l'artillerie lourde les positions rebelles dans le nord de la ville et à la périphérie. L'armée et le Hezbollah ont lancé le 19 mai l'assaut contre cette ville, longtemps place forte de la rébellion, qu'ils cherchent à prendre pour ouvrir un passage sûr entre Damas et le littoral syrien, base arrière du régime.

Situation "désespérée"

Devant le déluge de feu sur la cité, l'ONU s'est dite inquiète pour les civils pris au piège, évoquant une situation générale "désespérée" dans la ville. L'OSDH a fait état de milliers de civils et d'un millier de blessés bloqués à Qousseir.

Lors d'une conversation téléphonique avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, cité par Sana, a affirmé que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) entrerait à Qousseir dès la fin des opérations militaires.

Le blocage de Moscou

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Dimanche, des diplomates à New York ont indiqué que Moscou avait bloqué un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU proposé par le Royaume-Uni. Le texte exprimait "la grave inquiétude" du Conseil sur le sort des civils bloqués dans cette ville. Il "demandait au gouvernement syrien d'autoriser un accès immédiat, total et sans entrave" aux organisations humanitaires pour qu'elles puissent les secourir.

A la veille d'une réunion à Genève ONU-Russie-Etats-Unis pour préparer une conférence de paix qui pourrait avoir lieu en juillet, Paulo Pinheiro, président de la commission d'enquête internationale et indépendante de l'ONU, a prévenu que le rapport qu'il doit présenter mardi était "terrifiant".

Crimes "d'une cruauté incroyable"

La magistrate suisse Carla Del Ponte, membre de cette commission créée en 2011, a évoqué des crimes "d'une cruauté incroyable". "Je n'ai jamais vu ça, y compris en Bosnie", a ajouté l'ancienne procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, pour qui le rapport dénoncera, comme les précédents, des crimes "commis des deux côtés".

Dénonçant "la combinaison de sectarisme, de radicalisation, d'escalade des violations des droits de l'Homme", Paulo Pinheiro a estimé que la Syrie était désormais plongée dans "un confit régionalisé et même internationalisé".

Conférence de paix en juillet ?

Concernant les efforts pour tenir une conférence de paix, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé que cette réunion, initialement annoncée pour juin, serait celle de "la dernière chance" et pourrait se tenir "en juillet".

Et au Vatican, le pape François a lancé un appel pressant aux responsables de prises d'otages en Syrie pour qu'ils fassent preuve d'"humanité" et libèrent tous leurs prisonniers.

Par ailleurs, les monarchies du Golfe ont annoncé dimanche qu'elles envisageaient de prendre "des mesures contre les intérêts" du Hezbollah chiite libanais en représailles à son intervention armée dans le conflit syrien.

Attentat à Damas

Après quelques semaines de répit dans les attentats à Damas, une attaque à la voiture piégée a frappé dans la matinée de dimanche le quartier de Jobar, dans l'est de la capitale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Au moins neuf membres des forces du régime ont été tués après une forte explosion provoquée par une voiture piégée près d'un commissariat de police", a déclaré le directeur de l'OSDH.

L'attentat n'a pas été revendiqué, mais de nombreuses attaques similaires ont été perpétrées par les jihadistes du Front al-Nosra, qui a fait allégeance à Al-Qaïda. L'agence officielle syrienne Sana a confirmé l'explosion d'une voiture piégée, en évoquant un bilan de 10 civils blessés. Le quartier était dimanche le théâtre de combats intenses entre armée et rebelles, a ajouté l'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales civiles et militaires.

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