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Syrie : des centaines de civils tués dans des frappes russes

Selon Amnesty International, des centaines de civils sont morts dans des bombardements menés par la Russie.

Des bombardiers russes sur la base de Lattaquié, en Syrie, le 16 décembre 2015.
Des bombardiers russes sur la base de Lattaquié, en Syrie, le 16 décembre 2015.
La rédaction numérique de RTL & AFP

Près de 2.000 morts dont des centaines de civils, c'est le bilan que fait Amnesty International des frappes russes en Syrie qui ont débuté il y a trois mois. L'organisation accuse également la Russie de crimes de guerre car elle aurait eu recours à des "bombes à sous-munitions", interdites par les conventions internationales. 

Selon Amnesty International, la Russie utiliserait également des bombes incendiaires et des "bombes non guidées" contre "des zones d'habitation à forte densité de population". Amnesty se penche en particulier sur six raids qui ont touché les provinces de Homs, d'Idleb et d'Alep entre le 30 septembre, date du début des attaques aériennes russes, et novembre, et qui ont provoqué la mort d'"au moins 200 civils et (d') une dizaine de combattants".

Certaines frappes aériennes russes semblent directement viser des civils

Philip Luther

"Certaines frappes aériennes russes semblent directement viser des civils ou des biens à caractère civil", a commenté Philip Luther, directeur d'Amnesty pour le Moyen-Orient, d'après lequel "ces attaques peuvent constituer des crimes de guerre", car "aucune cible militaire ni aucun combattant ne se trouvait dans l'environnement immédiat".

La Russie frapperait des zones où l'EI n'est pas présent

La Russie est engagée militairement en Syrie pour soutenir le régime du président syrien Bachar al-Assad et affirme effectuer des raids aériens contre les "groupes terroristes", dont l'EI. Mais les pays occidentaux et arabes accusent Moscou de frapper l'opposition modérée et d'autres groupes de l'insurrection sunnite, plutôt que l'EI. Dans les faits, les frappes russes se concentrent pour l'essentiel sur des régions où l'EI n'est tout simplement pas présent, comme la province d'Idleb, cœur de la révolution syrienne et bastion de l'insurrection armée, observe notamment le centre de réflexion américain Institute for the study of war (ISW), qui fait un suivi hebdomadaire des frappes russes et relève le "décalage" entre les objectifs proclamés de la Russie, sa rhétorique anti-EI et ses opérations sur le terrain.

La Russie rejette ces accusations et accuse l'ONG de manquer de preuves

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Le ministère russe de la Défense a immédiatement rejeté ces accusations "fausses" et "sans preuves" affirmant que les raids sont mené contre les "terroristes". "Nous avons pris connaissance de ce rapport. Une fois de plus, il n'y avait rien de concret ni de nouveau dedans: toujours les mêmes clichés et les mêmes fausses informations", a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, lors d'une conférence de presse. L'ONG "explique déjà dans la préface que tous les faits exposés dans le rapport ont été obtenus à distance, lors d'entretiens téléphoniques avec des soi-disant défenseurs des droits de l'Homme locaux", a-t-il souligné. 

L'aviation russe n'utilise pas de bombes à sous-munitions

Igor Konachenkov

"Amnesty International affirme que dans les zones qui auraient été visées par les frappes russes, il n'y avait pas de cibles militaires ou de militants armés", a-t-il poursuivi. "Mais ils ne peuvent pas le savoir et n'ont pas les moyens pour le vérifier", a insisté le porte-parole.  "L'aviation russe n'utilise pas de bombes à sous-munitions (...). Il n'y en a pas dans notre base en Syrie", a par ailleurs assuré Igor Konachenkov.

La Russie invoque la présence de Jabat al-Nusra pour bombarder

Quasiment chaque jour, au rythme de ces bombardements, les réseaux sociaux abondent d'images insoutenables - et dont l'authenticité ne fait guère de doute - d'enfants ou de civils déchiquetés par les bombes russes, ou encore des dizaines d'engins meurtriers, de la forme d'un ballon de handball et d'aspect métallique gris, disséminés par les bombes à fragmentation. Moscou prend prétexte de la présence du Jabat al-Nusra (branche locale d'Al-Qaïda) dans ces zones pour procéder à ces bombardements à l'aveugle, explique Zyad Majed, spécialiste de la Syrie, qui juge "choquant le silence total des gouvernements occidentaux sur ces possibles crimes de guerre".

"Des centaines de milliers de civils vivent dans ces régions où l'EI n'est pas présent. Des enfants y vont à l'école, il y a des structures de santé, des boulangeries collectives, des générateurs d'électricité... Aujourd'hui, cette vie locale est bombardée non plus seulement par le régime, mais aussi par l'aviation russe qui fait de gros dégâts", s'alarme-t-il. Il craint notamment que ces nouvelles violences ne "nourrissent encore un peu plus le sentiment d'abandon et d'injustice des populations, mais aussi un discours de haine contre le monde extérieur".

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