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Soudan du Sud : entre 400 et 500 morts dans des violences

Plusieurs centaines de personnes sont mortes dans des affrontements au Soudan du Sud, a annoncé mardi l'ONU.

Des civils cherchant refuge sur les bases de l'ONU au Soudan du Sud le 17 décembre 2013.
Des civils cherchant refuge sur les bases de l'ONU au Soudan du Sud le 17 décembre 2013. Crédit : Rolla Hinedi / UNMISS / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Entre 400 et 500 cadavres auraient été transportés dans des hôpitaux de Juba, la capitale du Soudan du Sud, à la suite des combats opposant des factions rivales de l'armée, a affirmé mardi 17 décembre un responsable de l'ONU. Le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, a ajouté devant le Conseil de sécurité que 800 autres personnes avaient été blessées dans ces affrontements entre les forces fidèles au président sud-soudanais Salva Kiir et celles d'un de ses opposants, selon des diplomates qui étaient présents lors de la réunion.

"Le bilan est lourd, c'est certain"

Selon la même source, entre 15.000 et 20.000 personnes se sont réfugiées sur les bases de l'ONU à Juba depuis que les combats ont démarré dimanche soir. Ladsous a précisé que ces chiffres se fondaient sur les données envoyées par les hôpitaux de Juba mais que les Nations unies n'étaient pas encore en mesure de confirmer le bilan car de nouvelles violences ont éclaté mardi.

L'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud, actuellement président du Conseil de sécurité, n'a pas confirmé le bilan à l'issue des discussions au Conseil, se contentant de déclarer aux journalistes : "Le bilan est lourd, c'est certain". "Il y a des dizaines et des dizaines de victimes, ce n'est vraiment pas un incident mineur", a-t-il ajouté, précisant que des combats avaient également été rapportés à l'extérieur de la capitale, notamment à Pibor, dans l'Etat du Jonglei (est), qui a déjà connu par le passé des heurts entre groupes ethniques rivaux. La capitale reste "sous extrême tension" et les heurts se dérouleraient entre différents groupes ethniques, avait indiqué un peu plus tôt Ladsous aux 15 pays membres du Conseil.

Risque de conflit ethnique

L'ancien vice-président Riek Machar est accusé par le président Salva Kiir d'avoir fomenté une tentative de coup d'Etat à l'origine des combats ayant opposé depuis dimanche soir des factions rivales de l'armée sud-soudanaise dans les rues de Juba. Machar est recherché et en fuite, selon le gouvernement, qui assure aussi que dix responsables, y compris d'anciens ministres, ont été arrêtés. Salva Kiir est de l'ethnie Dinka tandis que Riek Machar est un Nuer. Certains observateurs redoutent désormais que les affrontements se muent en tueries entre les communautés Dinka du président Kiir et Nuer de Machar, qu'opposent des ressentiments remontant à la guerre civile. Des sources humanitaires ont fait état de violences de militaires ciblant d'ores et déjà la communauté Nuer à Juba.

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Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé mardi le président Kiir à faire "une offre de dialogue" à ses opposants pour mettre un terme aux combats, selon son porte-parole Martin Nesirky. La réunion du Conseil de sécurité sur le Soudan du Sud avait été convoquée en urgence à la demande du département d'Etat américain, qui a ordonné mardi l'évacuation de ses diplomates et employés jugés non essentiels au Soudan du Sud et l'arrêt d'activités de son ambassade en raison des troubles.

Washington avait été le plus grand soutien à la création du Soudan du Sud en 2011, né de la partition du Soudan. En juillet, le président Kiir avait limogé Machar et l'ensemble du gouvernement, sur fond d'inimitiés entre les deux hommes et de dissensions au sein du régime, issu de l'ex-rébellion sudiste. Celle-ci est au pouvoir depuis un accord de paix avec Khartoum en 2005, qui a mis fin à des décennies de guerre civile et débouché sur l'indépendance du Soudan du Sud.

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