3 min de lecture Mali

Niger : 2 terroristes tués lors d'un assaut de l'armée française

DÉCRYPTAGE - Le djihadiste Mokhtar Belmokhtar, annoncé mort en mars, aurait supervisé deux attentats-suicides au Niger jeudi. Le pays est de plus en plus menacé par les islamistes, qui ciblent la France.

Deux attentats-suicides ont eu lieu le 23 mai 2013 au Niger, les premiers de l'histoire du pays.
Deux attentats-suicides ont eu lieu le 23 mai 2013 au Niger, les premiers de l'histoire du pays. Crédit : STR - Tele Sahel - AFP
Mathieu Dehlinger et AFP

Au moins "deux terroristes" ont été tués. C'est le bilan de l'assaut mené, vendredi matin, au Niger par les forces spéciales françaises en appui des forces nigériennes. L'opération intervient au lendemain des premiers attentats-suicides de l'histoire du pays.

Le Niger a été frappé jeudi par deux attaques. Elles ont été revendiquées par le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest ), mais aussi par le groupe "Les signataires par le sang", menaçant la France et tous les autres pays engagés militairement au Mali.

Ces islamistes locaux ont affirmé, dans un communiqué que les attaques ont été "supervisées" par leur chef Mokhtar Belmokhtar en personne. L'homme avait pourtant été annoncé mort en mars.

RTL.fr fait le point sur cet homme et sur la situation au Niger.

Qui est Mokhtar Belmokhtar ?

Mokhtar Belmokhtar est un ancien dirigeant d'Aqmi, Al-Qaïda au Maghreb Islamique. L'homme est entré en dissidence fin 2012 pour créer son propre mouvement, Les signataires par le sang.

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Première action d'envergure : la prise d'otages massive et sanguinaire en janvier sur un site gazier à In Amenas, dans le sud de l'Algérie.

Ll'homme est annoncé mort par l'armée tchadienne le 2 mars dernier. La France n'avait jamais confirmé le décès du djihadiste, surnommé le "Borgne", en raison d'un œil perdu lors d'un combat.

La menace islamiste

Situé à l'Est du Mali, le Niger, jusqu'à présent épargné par les attentats, devient l'une des zones d'action des groupes islamistes présents dans la région, comme les Signataires par le sang.

Le plus connu d'entre eux reste Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi). La branche sahélienne du mouvement fondé par Oussama Ben Laden a notamment revendiqué plusieurs enlèvements dans le pays.

A la fois dissidence et allié d'Aqmi, le Mujao, Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, semble s'installer au Niger avec les attaques de jeudi. Le groupe "n'avait jamais revendiqué d'attentats en dehors des territoires malien et algérien", seulement un rapt, note Le Monde. Il tient davantage du "groupe criminel vivant de trafics divers" que d'un mouvement d'idéologues, analyse le journal.

Le Niger s'inquiète aussi de l'instabilité dans le sud libyen et au Nigeria, son voisin en proie aux islamistes de Boko Haram. Une secte inspirée des Talibans afghans.

La France ciblée par Belmokhtar

La France est en première ligne en Afrique de l'Ouest, notamment du fait de son engagement au Mali. Mokhtar Belmokhtar et les Signataires par le sang ciblent particulièrement les intérêts tricolores lorsqu'ils promettent de nouvelles opérations au Niger.

"Que la France sache qu'elle n'a réalisé qu'une victoire médiatique dans sa croisade", menace le groupe dans son communiqué. Les djihadistes évoquent la possibilité de "déplacer la guerre (au Niger) si (le) pays ne retire pas ses troupes de mercenaires engagées" au Mali.

"La France tente actuellement de fuir (le Mali) et d'y engager des mercenaires à sa place", affirme encore le groupe en référence au remplacement progressif des troupes françaises par des unités africaines. Les djihadistes évoquent une "croisade".

Face à ces menaces, le Quai d'Orsay "déconseille formellement tout déplacement" dans le Nord du Niger, zone classée rouge pour les ressortissants français.

Des Français enlevés à plusieurs reprises

A plusieurs reprises, des citoyens français ont été victimes de l'action des islamistes au Niger.

Le 20 avril 2010, un Français est pris en otage à Tchitabaraden, au Niger, avant d'être transféré au Mali. Trois mois plus tard, Aqmi revendique l'exécution de Michel Germaneau, après l'échec d'un raid franco-mauritanien pour le libérer.

Photomontage des 4 otages français enlevés au Niger, de gauche à droite et de haut en bas: Daniel Larribe, Marc Feret, Thierry Dol et Pierre Legrand.
Photomontage des 4 otages français enlevés au Niger, de gauche à droite et de haut en bas: Daniel Larribe, Marc Feret, Thierry Dol et Pierre Legrand. Crédit : AFP/Archives

La plus importante prise d'otages date de septembre 2010. Sept personnes, dont cinq Français, tous collaborateurs du groupe nucléaire Areva, sont enlevées à Arlit, site d'extraction d'uranium dans le Nord. Aqmi revendique le rapt. Une otage française malade est relâchée le 24 février 2011. Les quatre autres Français sont toujours aux mains du groupe.

Dernier enlèvement de Français en janvier 2011. Antoine De Léocour et Vincent Delory, sont enlevés en plein centre de Niamey, la capitale nigérienne. Un rapt revendiqué encore une fois par Aqmi. Ils sont tués le lendemain lors d'une opération de sauvetage franco-nigérienne en territoire malien.

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