1 min de lecture Crise en Libye

Libye : Paris adoube le Conseil national de transition

Dans la crise libyenne, la France a choisi son camp : celui de l'opposition au colonel Mouammar Kadhafi. Paris reconnaît le Conseil national libyen (CNL) - qui regroupe les insurgés contre le régime - comme représentant du peuple libyen. C'est la première capitale à le faire. Un ambassadeur sera envoyé prochainement à Benghazi. Nicolas Sarkozy a reçu pendant près d'une heure jeudi matin à l'Elysée deux émissaires du Conseil national de transition libyen, Mahmoud Jibril et Ali Essaoui. A Bruxelles, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a appelé les Européens à engager le dialogue avec "les nouveaux responsables libyens", répétant que Mouammar Kadhafi, "discrédité", devait partir. Tripoli envisage de rompre tout lien diplomatique avec Paris. La position française ne fait pas d'ailleurs l'unanimité parmi les Européens.

Nicolas Sarkozy a reçu à l'Elysée Mahmoud Jibril et Ali Essaoui, chargés des affaires internationales par le CNT, le jeudi 10 mars 2010
Nicolas Sarkozy a reçu à l'Elysée Mahmoud Jibril et Ali Essaoui, chargés des affaires internationales par le CNT, le jeudi 10 mars 2010 Crédit : AFP / Eric Feferberg
studio-rtl
La rédaction numérique de RTL
et Xavier Yvon

"La France a reconnu le Conseil national de transition comme étant le représentant légitime du peuple libyen", a annoncé à la presse un émissaire du CNT, Ali Essaoui, à l'issue d'un entretien avec Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Cette information a été immédiatement confirmée par la présidence de la République, faisant de la France le premier pays à reconnaître le CNT comme le seul représentant "légitime" du peuple libyen.

"Sur la base de cette reconnaissance, nous allons ouvrir une représentation diplomatique, donc notre ambassade à Paris, et un ambassadeur de France sera envoyé à Benghazi", a poursuivi Ali Essaoui. "Cet ambassadeur sera installé de façon transitoire à Benghazi, avant de retourner à Tripoli", a-t-il ajouté. L'échange prochain d'ambassadeurs entre Paris et Benghazi a également été confirmé dans la foulée par l'Elysée.

Cette reconnaissance intervient à la veille d'un sommet exceptionnel des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne (UE), vendredi à Bruxelles, sur la situation libyenne, au cours duquel Nicolas Sarkozy doit proposer un "plan global" sur la crise libyenne. Nicolas Sarkozy a réclamé à plusieurs reprises le départ du colonel Kadhafi, alors que les combats violents se multiplient en Libye entre les rebelles et les troupes restées fidèles au régime.

Le régime de Mouammar Kadhafi a promis mercredi une récompense à toute personne qui livrerait le président du CNT mis en place par les rebelles.

Paris va proposer un plan d'action à l'Europe

La France proposera vendredi à l'Union européenne un plan d'action pour arrêter la répression meurtrière du soulèvement libyen par l'armée de Mouammar Kadhafi, ont déclaré jeudi plusieurs sources à Paris. "Il y aura un plan stratégique qui sera proposé par la France demain devant le Conseil européen", a déclaré un des émissaires du Conseil national libyen (CNL) reçu par le président français Nicolas Sarkozy. Ce dernier va proposer à ses partenaires des "frappes aériennes ciblées" en Libye, ainsi que le brouillage des systèmes de transmission du commandement du colonel Kadhafi, a-t-on appris de source proche du dossier.

Dans la matinée, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a estimé que les Européens devaient engager le dialogue avec les nouveaux responsables libyens, répétant que Mouammar Kadhafi devait partir.

L'initiative française contraste avec la retenue exprimée jusque-là par l'UE, dont la chef de la diplomatie Catherine Ashton a refusé mercredi à Strasbourg de soutenir la demande du CNT d'être reconnu comme seule autorité légitime en Libye, appuyée par le Parlement européen. Les députés européens ont reçu cette semaine à Strasbourg les deux émissaires de l'opposition libyenne, qui ont également été reçus par madame Ashton. Si elle n'a pas fait de déclaration à l'issue de cette entrevue, le président polonais du Parlement européen, Jerzy Buzek, les a considérés comme des "représentants de la société civile en Libye". La chef de la diplomatie européenne s'est également refusée mercredi à s'engager sur les actions envisagées pour empêcher le dirigeant libyen d'écraser l'insurrection, qui divisent les Etats européens.

Hors du cadre européen, la France et la Grande-Bretagne travaillent aussi à l'ONU à un projet de résolution du Conseil de sécurité, qui permettrait d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. La position très ferme exprimée par la France sur la Libye intervient après les sévères critiques visant sa retenue excessive face aux soulèvements populaires qui ont emporté les régimes "amis" de Zine El-Abidine Ben Ali en Tunisie et Hosni Moubarak en Egypte.

Cette polémique a provoqué le départ de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie et son remplacement par Alain Juppé. Le chef de l'Etat avait suscité la controverse en recevant en grande pompe le colonel Kadhafi fin 2007 à Paris, après la libération des infirmières bulgares retenues pendant des années dans ses geôles.

Lire la suite
Crise en Libye International Libye
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7667086659
Libye : Paris adoube le Conseil national de transition
Libye : Paris adoube le Conseil national de transition
Dans la crise libyenne, la France a choisi son camp : celui de l'opposition au colonel Mouammar Kadhafi. Paris reconnaît le Conseil national libyen (CNL) - qui regroupe les insurgés contre le régime - comme représentant du peuple libyen. C'est la première capitale à le faire. Un ambassadeur sera envoyé prochainement à Benghazi. Nicolas Sarkozy a reçu pendant près d'une heure jeudi matin à l'Elysée deux émissaires du Conseil national de transition libyen, Mahmoud Jibril et Ali Essaoui. A Bruxelles, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a appelé les Européens à engager le dialogue avec "les nouveaux responsables libyens", répétant que Mouammar Kadhafi, "discrédité", devait partir. Tripoli envisage de rompre tout lien diplomatique avec Paris. La position française ne fait pas d'ailleurs l'unanimité parmi les Européens.
https://www.rtl.fr/actu/international/sarkozy-recoit-les-emissaires-de-l-opposition-libyenne-7667086659
2011-03-10 14:38:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/dLIt2Nn7K4eBmhfxhxNO0Q/330v220-2/online/image/2011/0310/7667125767_nicolas-sarkozy-a-recu-a-l-elysee-mahmoud-jibril-et-ali-essaoui-charges-des-affaires-internationales-par-le-cnt-le-jeudi-10-mars-2010.jpg