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Russie : le jugement du groupe punk Pussy Riot sera rendu vendredi

Les trois jeunes femmes du groupe punk russe Pussy Riot seront jugées ce vendredi à 11 heures à Moscou. Les chanteuses sont accusées d'avoir chanté une prière anti-Poutine dans une cathédrale le 21 février dernier, et doivent répondre de "hooliganisme" et d'incitation à la haine religieuse". Elles risquent trois ans de camp.

Madeleine Leroyer Journaliste RTL

C'est une affaire qui est devenue une cause internationale. Les trois jeunes russes jugées pour "hooliganisme" à cause de leur prière anti-Poutine ont reçu le soutient de l'ex-membre des Beatles Paul McCartney, qui a déclaré jeudi que "lui-même et beaucoup d'autres qui croient à la liberté d'expression feront tout ce qui est en leur pouvoir pour (les) soutenir, (elles) et l'idée de liberté artistique", de Yoko Ono, la veuve de John Lennon, et même de Madonna.

Ce vendredi, leur jugement sera rendu dans la capitale russe. La présidente du tribunal Khamovnitcheski doit entamer la lecture du jugement de Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, qui comparaissent depuis fin juillet et sont en détention provisoire depuis cinq mois.

Des rassemblements en faveur des Pussy Riot sont alors prévus vendredi en Russie et dans de nombreuses villes à l'étranger, de Varsovie à Sydney en passant par Paris et New York.

Les prévenues doivent répondre de "hooliganisme" et d'"incitation à la haine religieuse" pour avoir chanté le 21 février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une "prière punk" dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir.

La prière contre Vladimir Poutine, chantée le 21 février, quelques jours avant les élections présidentielles en Russie



Le procureur a requis trois ans de camp contre chacune d'elle, expliquant avoir tenu compte de leur casier judiciaire vierge et du fait que deux de ces femmes avaient des enfants en bas âge. La peine maximale est de sept ans de camp.

Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe.

Quelles conséquences pour Poutine ?

En Russie, l'affaire a profondément divisé la société, de nombreux prêtres et fidèles dénonçant la profanation de la cathédrale et une attaque en règle contre l'Eglise. Mais d'autres, y compris au sein de l'Eglise, ont jugé les poursuites à leur encontre et leur maintien en détention disproportionnés par rapport aux faits qui leur sont reprochés.

Dans ce contexte, la juge chargée du procès, Marina Syrova, a été placée jeudi sous protection de l'Etat à la suite de menaces qui émaneraient de partisans du groupe.

L'écrivain Boris Akounine, le blogueur pourfendeur de la corruption Alexeï Navalny et le leader du Front de Gauche Sergueï Oudaltsov, tous des figures de la contestation du régime du président russe Vladimir Poutine, ont indiqué qu'ils se rendraient au tribunal en signe de soutien.

Des opposants aux Pussy Riot devraient également se rassembler près du tribunal.

Le jugement intervient la semaine même où l'ex-agent du KGB a franchi le cap des cent jours depuis son retour au Kremlin pour un troisième mandat présidentiel, une période au cours de laquelle il a renforcé le contrôle de la société civile pour répondre à un mouvement de protestation inédit à son encontre.

Selon un sondage de l'institut Levada, cité vendredi par le quotidien Vedomosti, la cote de popularité de M. Poutine est au plus bas depuis son arrivée à la tête de la Russie en 2000, avec seulement 48% de personnes satisfaites contre 25% d'insatisfaites. En mai dernier, une enquête d'opinion faisait état de 60% de satisfaits et de 21% d'insatisfaits.

Face à la résonance de l'affaire des Pussy Riot, le chef de l'Etat a semblé plaider début août en faveur d'une certaine indulgence, estimant que les jeunes femmes ne devaient pas être jugées "trop sévèrement".

Dans une interview publiée vendredi par le journal Novaïa Gazeta, une des prévenues, Ekaterina Samoutsevitch, a estimé que l'issue du procès ne dépendrait pas du "principe de justice", mais de "la crainte de Poutine devant les possibles conséquences (négatives) pour lui à l'automne 2012, où notre incarcération aura une importance particulière".

Dans une interview publiée vendredi par le journal Novaïa Gazeta, les prévenues ont indiqué qu'elles ne demanderaient pas à Vladimir Poutine de les gracier.

"Que ce soit lui qui nous demande, à nous et à vous, de le gracier", a déclaré Nadejda Tolokonnikova.
    


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