3 min de lecture États-Unis

Rejet de la réforme sur les armes à feu : "un jour de honte" pour Obama

Le Sénat américain a rejeté mercredi 18 avril la réforme des lois sur les armes à feu, au grand dam du président Barack Obama, qui a accusé le lobby des armes d'avoir "menti" pour faire capoter le projet.

micro générique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Dure semaine pour Barack Obama. Le président américain, qui doit gérer les suites des attentats à la bombe commis à Boston à l'arrivée du marathon dimanche 14 avril, a connu un immense revers politique mercredi 18 avril au Sénat américain avec le rejet de la réforme sur les lois encadrant l'achat d'armes à feu.

La réforme promue par le président Barack Obama et activement combattu par le lobby des armes (la National Rifle Association, NRA) a subi mercredi un échec retentissant.  Quatre élus du parti démocrate du président ont fait défection et rejoint les républicains pour voter contre un amendement qui aurait imposé des vérifications d'antécédents judiciaires et psychiatriques avant les achats d'armes sur internet et dans les foires spécialisées.

Les élus démocrates des Etats ruraux ont voté contre

Les démocrates qui ont voté contre représentent des Etats ruraux comme l'Arkansas et le Dakota du Nord, où de nombreuses familles adhèrent à la NRA (4 millions aux Etats-Unis et 125.000 bénévoles) et possèdent des armes pour l'autodéfense, la chasse, le tir sportif ou comme simples collectionneurs.
  
Les sénateurs ont aussi largement rejeté (60-40) un texte qui aurait interdit la fabrication, la vente et l'importation de centaines de modèles d'armes semi-automatiques, du type de celle utilisée par Adam Lanza lors du massacre de Newton. D'autres mesures plus modestes ont également échoué.

Un projet déjà édulcoré

Le cœur de la réforme, visant à empêcher délinquants et déséquilibrés de se procurer des armes d'occasion sur les marchés secondaires (40% des ventes aux Etats-Unis), a bel et bien été abattu en plein vol. Le texte, déjà édulcoré par rapport aux premières versions, est un coup dur de plus pour Barack Obama, qui a investi un capital politique considérable sur un thème soutenu par la grande majorité des Américains.

À lire aussi
Différentes drogues (illustration) épidémie
Coronavirus aux États-Unis : les overdoses d'opioïdes explosent à cause de la Covid-19

Appelé à réagir après le vote du Sénat, Barack Obama, qui accueillait pour l'occasion des familles de victimes de la tragédie de Newton, a affiché sa colère. "C'est un jour de honte pour Washington", a lancé le président démocrate. "Au lieu de soutenir ce compromis, le lobby des armes et ses alliés ont volontairement menti à propos de cette loi", a-t-il accusé, en enjoignant les Américains à se mobiliser aux prochaines élections.


"Aucune législation n'empêchera la violence et le mal. Nous l'avons appris de façon dramatique il y a deux jours", a reconnu le Président américain en faisant référence au double attentat de Boston (nord-est), où 3 personnes sont mortes et 180 ont été blessées. Mais "si une mesure du Congrès pouvait sauver une personne, un enfant, quelque centaines, quelque milliers (...) nous avions l'obligation d'essayer", a-t-il plaidé.

La NRA a (encore) gagné, Bloomberg très virulent

Le sujet est très sensible aux Etats Unis. Selon plusieurs sondages, 90% des Américains soutiennent la suppression du non-contrôle des antécédents judiciaires et psychiatriques des acheteurs d'armes hors magasins.Difficile donc pour le gouvernement d'imposer le projet face à la NRA, ses réseaux et ses millions de dollars (150 millions d'euros de budget) servant notamment à financer les campagnes politiques des élus soutenant une liberté quasi-totale sur l'achat des armes à feu.

L'influence de la NRA est bien réelle. Le maire de New York Michael Bloomberg, qui a récemment financé sur ses propres deniers, une campagne réclamant un contrôle plus important de la vente d'armes, a dénoncé mercredi soir la "mainmise" de la NRA sur le système politique et promis de consacrer ses larges ressources financières à faire battre ceux qui ont voté "non" mercredi. 

La rédaction vous recommande


 

Lire la suite
États-Unis Info International
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants