2 min de lecture Syrie

À Raqqa, dans le camp d'Aïn Issa, des réfugiés entre joie et amertume

REPORTAGE - Situé à 50 kilomètres au nord de Raqqa, le camp d'Aïn Issa accueille des dizaines de milliers de réfugiés, soulagés par la libération de la cité, mais inquiets après avoir tout perdu.

Des réfugiés dans le camp d'Aïn Issa, à 50km au nord de Raqqa, en Syrie
Des réfugiés dans le camp d'Aïn Issa, à 50km au nord de Raqqa, en Syrie Crédit : DELIL SOULEIMAN / AFP
Micro RTL
La rédaction de RTL Journalistes RTL

Fief du groupe État islamique depuis 2014, la ville de Raqqa a été reprise aux jihadistes le 17 octobre dernier. À une heure et demie de route au nord de la cité, les dizaines de milliers de réfugiés du camp d'Aïn Issa sont aujourd'hui partagés entre joie et amertume. Sous sa tente blanche, balayée par la poussière, Leïa est prête. Sur le sol, un carton aux couleurs des Nations Unies, des couvertures pliées, des habits dans un sac. Elle, son mari, ses quatre enfants et sa belle-mère veulent rapidement revenir à Raqqa.

"On a tout préparé comme ça, au moment où on nous dit : 'vous pouvez y aller', tout sera prêt. On chargera tout dans une voiture. On partira avec mon mari voir la maison et si c'est possible, on reviendra chercher les enfants et le reste de la famille pour reconstruire". 

Sous un foulard turquoise, ses yeux perçants et sa peau tannée, le sourire de Leïla accompagne ce récit formidable de l'annonce de la libération de Raqqa. "Je venais de revenir dans le camp et on nous a annoncé que la ville était libérée. On a chanté, dansé, parce que vous savez, c'étaient des monstres. Mon cousin a pris une balle dans le dos parce qu'il fumait. Aujourd'hui, il ne peut plus marcher. Moi, un jour ils m'ont étranglé parce qu'ils ont vu mes yeux et m'ont dit que j'étais nue dans la rue. On ne pouvait plus vivre, on n'osait plus respirer". 

J'en veux autant à Daesh qu'à la coalition, parce que c'est elle qui a détruit ma maison

Ibrahim, réfugié près de Raqqa
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Dans les 6m² de la tente voisine, Ibrahim, mécanicien de 40 ans, s'entasse avec sept membres de sa famille. Lui, ne partage pas le même enthousiasme. "Une nuit, les bombardements étaient permanents. J'ai fui avec ma famille et le lendemain matin quand je suis revenu... plus de maison. Elle avait été bombardée. Je ne comprends pas, il n'y avait pas de combattants de Daesh chez moi, alors aujourd'hui, je suis mitigé. Oui je suis libre, mais quelle liberté ? Je n'ai plus rien. J'en veux autant à Daesh qu'à la coalition, parce que c'est elle qui a détruit ma maison. Je ne sais même pas si Raqqa existe encore". 

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Ibrahim demande sans cesse si la communauté internationale va l'aider à reconstruire, mais dans les rues de Raqqa, ville fermée dans laquelle les démineurs travaillent actuellement, la réponse à sa question n'est pas une priorité. 

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2017-10-25 16:40:11
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