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Racisme : "Baltimore, symbole de ce que provoque la haine", dit Olivier Mazerolle

REPLAY - Les émeutes de Baltimore pourraient-elles être l'exemple de ce qui nous attend si nous n'y prenons pas garde ?

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Racisme : "Rire et se parler, voilà peut-être une solution", dit Olivier Mazerolle Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Mazerolle
Olivier Mazerolle Journaliste RTL

Baltimore, Fergusson, Cleveland, New York. La liste est longue des villes américaines où des noirs sont morts, victimes de brutalités policières. Cleveland : un gamin noir de 12 ans, abattu en quelques secondes sans sommation. Caroline du Sud : un policier tue un noir de huit balles dans le dos. Baltimore : un noir mort. Vertèbres cervicales brisées après son arrestation. 

Des brutalités policières liées à la peur notamment. Peur de la violence et des bandes qui cassent tout. En Amérique tout le monde se méfie de celui qui incarne le camp d'en face, que ce soit sur le plan racial ou social. 150 ans après l’abolition de l'esclavage, 52 ans après le discours de Martin Luther King "I have a dream", "Je fais un rêve", plus de six ans après l'élection d'un président noir, l'Amérique est toujours plongée dans un méli-mélo de violence que personne ne parvient à endiguer. 

"La cinquième colonne, un discours de guerre civile"

Ces événements sont un avertissement sur ce qui pourrait nous arriver. Notre situation est inflammable. Daech ressuscite la barbarie avec ses mercenaires musulmans. Les synagogues et les églises sont menacées par des terroristes musulmans. Beaucoup de ceux en France qui se sentent abandonnés, dégradés, au chômage, se persuadent que leurs problèmes viennent de l'étranger musulman. Dans ce contexte, parler comme le fait Christian Estrosi de "cinquième colonne", une expression qui désigne indistinctement chaque musulman comme un traître potentiel, est un discours qui pousse à la haine réciproque. C'est un discours de guerre civile

Il ne faut pas pour autant mettre de côté la peur de perte d'identité, ressentie par certains de nos compatriotes. Mais ce sentiment montre que nous sommes peut-être sur une pente fatale. Si on ne tonitrue pas, si on ne martèle pas, si on n'utilise pas des mots définitifs et implacables alors on est pris pour un naïf, un candide qui refuse de voir la réalité en face. Et pourtant, la réalité nous crève les yeux. L'indifférence accumulée pendant 40 ans nous a conduit à la situation présente, hautement inflammable. Et vous croyez que c'est en désignant l'autre comme un ennemi de l'intérieur qu'on va le convaincre ? Bien sûr, il faut combattre les intégristes, qui parfois, avec le sourire de Mephisto, nous tiennent des discours avenants. Ou bien ceux, barbus, qui arpentent les couloirs d'immeubles ou frappent aux portes pour imposer leur loi à toute une cité. 

L'échec de la force

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Cela suppose une politique ferme et peut-être en manque-t-on. Mais l'on n'obtiendra pas leur défaite sans le concours de nos compatriotes musulmans et sûrement pas en les plaçant tous sur la liste des suspects, ce qui immanquablement en fera des adversaires, exactement ce que veulent les terroristes. Le temps de Coluche n'était pas si mal, quand il faisait du second degré en disant : "Ce serait raciste de penser que les étrangers n'ont pas le droit d'être cons". Rire et se parler, voilà peut-être une solution. Et aussi regarder les images de l'Amérique pour constater les dégâts provoqués par la haine entretenue, dont les premières victimes sont les plus démunis. Ceux-là mêmes qui croyaient tout régler avec le seul usage de la force. 

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2015-04-29 12:09:00
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