1 min de lecture Crise en Egypte

Présidentielle en Egypte : un islamiste contre un ex-militaire pour le second tour

Selon toute vraisemblance, le second tour de la présidentielle (16 et 17 juin) en Egypte va opposer le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, à un symbole du régime du président déchu Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq. Cette perspective se base sur des résultats préliminaires annoncés par le parti islamiste, qui n'ont pas encore été confirmés de source indépendante. Les résultats officiels, eux, ne seront pas annoncés avant le 27 mai.

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La rédaction numérique de RTL
et Olivier Geay

Un islamiste contre un ex-militaire

Les Frères musulmans se basent sur des résultats partiels, tenant compte du "dépouillement de 90% des bulletins de vote". Selon de premiers chiffres publiés par le parti quelques heures plus tôt, après dépouillement des bulletins dans la moitié des bureaux de vote, le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi arrive en troisième position (20%), suivi par l'islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh (17%) et l'ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa (11%).
  
Contacté par l'AFP, un porte-parole de l'équipe de campagne d'Ahmad Chafiq, Karim Salem, n'a pas été en mesure de confirmer cette information mais s'est dit "confiant" que le candidat serait au second tour.
  
Considéré comme "le candidat de rechange" des Frères musulmans après l'élimination par la commission électorale de leur premier choix, Khairat al-Chater, Mohammed Morsi a bénéficié de la machine électorale et de la base militante de la puissante confrérie islamiste. Les Frères, officiellement interdits pendant plus de 50 ans en Egypte et bête noire du régime Moubarak, étaient déjà arrivés largement en tête aux élections législatives qui se sont achevées en janvier.
  
Ahmad Chafiq a pour sa part axé sa campagne sur la sécurité et la stabilité, afin de rallier les Egyptiens exaspérés par les remous politiques et la dégradation de la situation économique depuis la révolte populaire qui a renversé M. Moubarak en plein "Printemps arabe". Pilote de chasse, comme l'ex-président, et ancien chef d'état-major de l'armée de l'air, il est considéré par beaucoup comme le candidat de l'ancien régime et de l'armée, au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak.
  
Ahmad Chafiq, deuxième candidat qualifié (AFP)

Démocratie naissante

Après des décennies de scrutins joués d'avance, c'est la première fois que les Egyptiens choisissent librement leur chef d'Etat. Plus de 50 millions d'électeurs étaient appelés à choisir entre 12 candidats : islamistes, laïcs, de gauche ou libéraux, partisans de la "révolution" ou anciens responsables du régime Moubarak.
  
Jeudi soir, quelques heures avant la fermeture des bureaux de vote, le président de la Commission électorale Farouk Soltane avait estimé le taux de participation à 50%, en précisant que le scrutin s'était en général déroulé de manière "calme et organisée". Le vote a été prolongé d'une heure mercredi et jeudi pour permettre au plus grand nombre possible d'électeurs de participer.
  
Les Etats-Unis ont félicité l'Egypte pour ce scrutin qu'ils ont qualifié d'"historique", en se disant prêts à collaborer avec tout gouvernement "démocratiquement élu".

L'élection du nouveau président doit mettre fin à une période de transition émaillée de manifestations et de violences. Le Conseil militaire au pouvoir, accusé par les militants pro-démocratie de continuer la politique de répression de l'ancien régime, a promis de transmettre le pouvoir avant la fin juin.
  
Les pouvoirs du futur président restent toutefois imprécis, la Constitution en vigueur sous Hosni Moubarak ayant été suspendue et la rédaction de la future loi fondamentale étant au point mort. Et le chef de l'Etat devra faire face à une situation économique préoccupante, combinant les inégalités sociales extrêmes héritées de l'ancien régime et le fort ralentissement de l'activité, notamment dans le secteur touristique.
  
A 84 ans, Hosni Moubarak, qui a gouverné pendant presque 30 ans, est hospitalisé près du Caire. Jugé pour la mort de manifestants durant la révolte et accusé de corruption, il sera fixé sur son sort le 2 juin. Le Parquet a requis la peine de mort.

Les principaux candidats de l'élection présidentielle egypte

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