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Présidentielle en Autriche : l'extrême droite arrive largement en tête au premier tour

Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, les principaux partis historiques ne participeront pas au second tour le 22 mai prochain.

Le candidat du parti d'extrême droite autrichien Norbert Hofer
Le candidat du parti d'extrême droite autrichien Norbert Hofer Crédit : ROBERT JAEGER / APA / AFP
Michael Ducousso et AFP

Le résultat est incroyable : l'extrême droite est arrivée très largement en tête au premier tour de l'élection présidentielle autrichienne alors que les principaux partis historiques ont été éliminés. Les premières projections laissent peu de doute et ont de quoi provoquer la stupéfaction.

Dimanche 24 avril, le candidat du parti FPÖ, Norbert Hofer, a obtenu 35,5% des voix. Il a ainsi réalisé le meilleur résultat de sa formation depuis la seconde guerre mondiale à une élection nationale en Autriche. De leur côté, le candidat social-démocrate Rudolf Hundstorfer (SPÖ) et le conservateur Andreas Khol (ÖVP) n'ont recueilli respectivement que 11 % et 11,2% des scrutins, terminant ainsi derrière l'écologiste, Alexander Van der Bellen (21,1%) et une candidate indépendante Irmgard Griss (18,8%).

Même si la fonction du président autrichien est essentiellement honorifique, cet échec représente un coup de semonce majeur pour le chancelier Werner Faymann (SPÖ) et pour le vice-chancelier Reinhold Mitterlehner (ÖVP), dont les mandats courent jusqu'en 2018. Leurs partis ont toujours contrôlé la présidence depuis la Seconde guerre mondiale, soit avec un élu issu de leurs rangs, soit avec un indépendant qu'ils soutenaient.

La classe politique française réagit

Si les résultats ne sont pas encore définitifs, les politiques français ont très vite réagi à cette annonce, via Twitter. Marine Le Pen, a ainsi adressé ses plus sincères félicitations au candidat d'extrême droite, tandis que Jean-Christophe Cambadélis s'est inquiété de ce résultat : "Le national populisme hante l'Europe", a-t-il lâché. 

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Du côté des Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet et Frédéric Lefebvre en campagne pour la primaire de la droite ont fait le lien avec l'élection présidentielle de 2017 et redoutent qu'elle prenne une pareille tournure. "Cet avertissement à toute l'Europe doit enfin amener à une prise de conscience en France", prévient Frédéric Lefebvre. '"J'appelle droite et gauche à réagir, à s'additionner quand notre sécurité ou notre avenir économique sont en jeu au lieu de continuer de se déchirer et de divertir les citoyens avec cynisme dans la perspective de 2017."

Un candidat qui a su séduire les jeunes

Norbert Hofer, 45 ans, déjà vice-président du parlement, tente d'incarner l'aile libérale du FPÖ, l'ancienne formation de Jörg Haider. Pour ce faire, il s'est distingué de la campagne de sa collègue Barbara Rosenkranz en 2010, marqué par de nombreux dérapages. Au contraire, le benjamin des candidats s'est montré courtois et a apporté des analyses politiques précises qui ont séduit l'électorat jeune. 

L'avènement de cet ingénieur aéronautique consacre la montée en puissance du FPÖ alors que la coalition gouvernementale est chahutée par la crise des migrants et la montée du chômage dans ce pays prospère. Le parti a déjà dépassé la barre des 30% des suffrages à plusieurs scrutins régionaux l'an passé. "C'est un résultat historique, qui reflète les qualités de Norbert Hofer", s'est réjoui le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, "mais aussi une profonde insatisfaction vis-à-vis du gouvernement".
Au second tour, Norbert Hofer devra convaincre la majorité des 6,4 millions d'électeurs de voter pour lui face à Alexander Van der Bellen. Cet ancien professeur d'université de sensibilité centriste portera les espoirs du camp de gauche et de la droite modérée au second tour. Théoriquement indépendant, il est soutenu par les Verts, un parti qu'il a longtemps dirigé. 

Un président pas si impuissant

Le président autrichien, élu pour un mandat de six ans renouvelable une fois, ne participe pas à la gestion au quotidien du pays et est réduit d'ordinaire à un rôle protocolaire et moral. Il dispose toutefois de pouvoirs formels étendus : il est chef des armées, nomme le chancelier et peut dans certaines circonstances dissoudre le parlement. 

Durant sa campagne, Norbert Hofer a d'ailleurs ouvertement menacé, s'il était élu, de recourir à cette possibilité si la majorité ne suivait pas ses recommandations concernant notamment le dossier des migrants. De son côté, Alexander Van der Bellen a annoncé qu'il refuserait de nommer chancelier le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, même si ce dernier obtenait la majorité au parlement lors des prochaines législatives.

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