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Présidentielle au Brésil : Dilma Rousseff largement en tête devant Aecio Neves

Dilma Rousseff a largement remporté ce dimanche le premier tour de la présidentielle au Brésil, selon des résultats partiels.

Dilma Rousseff le 5 octobre 2014
Dilma Rousseff le 5 octobre 2014 Crédit : AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

La présidente brésilienne de gauche Dilma Rousseff a largement remporté ce dimanche le premier tour de la présidentielle avec 40,3% des voix face au social-démocrate Aecio Neves (35,15%), qu'elle affrontera au second tour le 26 octobre, selon des résultats officiels partiels.

L'ex-favorite surprise de cette élection, l'écologiste Marina Silva, est éliminée de la course à la présidence, avec seulement 20,9% des voix, selon ces résultats portant sur 78,66% des bulletins dépouillés et communiqués par le Tribunal supérieur électoral (TSE).

Plus de 142 millions d'électeurs

Plus de 142 millions d'électeurs brésiliens ont voté ce dimanche pour élire leur président, mais aussi leurs 513 députés fédéraux, 1.069 députés régionaux (scrutin de liste proportionnel à un tour), ainsi que 27 gouverneurs et un tiers du Sénat (27 sièges) parmi plus de 26.000 candidats.

Les électeurs du géant émergent d'Amérique latine sont partagés entre fidélité au bilan des conquêtes sociales initiées par l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), le mentor de Mme Rousseff, et partisans d'un coup de barre libéral au centre pour relancer l'économie en panne.

Duel classique

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Longtemps relégué loin derrière ses deux rivales, Neves, candidat du puissant Parti social-démocrate brésilien (PSDB) de l'ex-président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002) a effectué un retour spectaculaire sur Marina Silva, dans la dernière ligne droite d'une campagne à multiples rebondissements.

L'ex-président Lula avait confié dans l'après-midi à l'AFP qu'il s'attendait à un duel classique PT-PSDB, les deux partis qui alternent au pouvoir depuis 20 ans. "Je crois que c'est ce qui va se passer. Ce sont deux forces politiques très fortes, et une candidature ne peut se défendre à partir de rien. Il faut une équipe et des militants", déclarait-il dans une allusion à Marina Silva.

Silva rattrapée par Rousseff

Propulsée dans la campagne après la mort dans un accident d'avion en août de son allié, le candidat du PSB Eduardo Campos, cette dernière avait pourtant déclenché un tsunami dans les sondages, avec sa promesse de "nouvelle politique" mi-gauche mi-libérale, en rupture avec le jeu des grands partis.

Au point que cette transfuge du PT avait un temps été donnée favorite au second tour contre Dilma Rousseff. Mais elle a été rattrapée d'abord par Rousseff, puis par Neves, poussés par les puissantes machines électorales de leurs partis.

Classe moyenne divisée

Le panorama de ces élections est bien différent de celles de 2010, remportées par Dilma Rousseff dans l'euphorie finissante du miracle socio-économique des années Lula. Le vent a tourné pour la septième puissance économique mondiale: quatre ans de croissance au ralenti jusqu'à l'entrée en récession au premier semestre, sur fond de poussée de l'inflation (6,5%) et de dégradation des comptes publics. Un maigre bilan contrebalancé par un taux de chômage historiquement bas (4,9%).

La classe politique a été ébranlée par la fronde sociale historique de juin 2013 : les jeunes de la génération Lula avaient manifesté en masse contre la corruption des élites et exigé une amélioration radicale de l'éducation, des hôpitaux et des transports publics. Le PT a vu son image ternie par des scandales de corruption.

Mais son héritage de programmes sociaux et d'amélioration du niveau de vie lui vaut le soutien fidèle des classes populaires et des régions déshéritées comme le Nord-est où il est ultra-favori. Plus de 40 millions de pauvres ont rejoint la classe moyenne - pour la première fois majoritaire à ces élections - et accédé à la consommation depuis 2003.

La classe moyenne, dont la situation économique a stagné ces quatre dernières années, est aujourd'hui divisée entre continuité à gauche et virage libéral, en particulier dans le Sud-est industrialisé où se trouvent Rio de Janeiro et Sao Paulo.

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