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Présidentielle américaine : "The Atlantic" se positionne pour la troisième fois en 160 ans

Le magazine The Atlantic appelle, pour la troisième fois de son histoire, à voter contre la menace Trump.

Donald Trump et Hillary Clinton, le 26 septembre 2016.
Donald Trump et Hillary Clinton, le 26 septembre 2016. Crédit : Timothy A. CLARY / AFP
Philippe Corbé
Philippe Corbé
Journaliste RTL

Fait très rare aux États-Unis, le magazine The Atlantic a donné une consigne de vote en vue de l'élection présidentielle en novembre prochain. En 160 ans d’existence, le magazine le plus respecté des États-Unis s’est gardé de donner des consignes de vote. Il n’a fait exception à cette règle qu’à deux reprises, pour des causes exceptionnelles contre lesquelles il estimait que son devoir était de s’engager.


En 1860, The Atlantic a donc appelé à voter pour le républicain Lincoln qui voulait abolir à l’esclavage. En 1964, le magazine a appelé à voter pour le démocrate Johnson qui menait le combat pour les droits civiques et contre la ségrégation des Noirs. Et en 2016, The Atlantic s’engage, pour la troisième fois de son histoire, contre une menace : Donald Trump, le candidat républicain à la Maison Blanche.

Un colporteur de télé achat

Le milliardaire est "le candidat d’un grand parti le plus ostensiblement non qualifié dans les 227 ans d’histoire de la présidence américaine", a écrit le magazine. The Atlantic précise qu’il n’aurait pas appelé à voter pour Hillary Clinton si elle avait fait face à Mitt Romney, John McCain ou George W. Bush. 

Mais Trump est un "colporteur de télé achat" qui fait du trafic de "théories conspirationnistes et d’invectives racistes", "épouvantablement sexiste", "erratique, dissimulé et xénophobe", qui "exprime de l’admiration pour des chefs autoritaires, et manifeste des tendances autoritaires lui-même". Il est "facilement agacé, un défaut pour quelqu’un qui cherche à contrôler l’arsenal nucléaire américain", poursuit le magazine qui lui reproche même de "ne pas lire".

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The Atlantic n’est pas la première publication importante à briser ses traditions pour s’engager dans cette élection historique. USA Today, le journal le plus lu des États-Unis s’est toujours efforcé de ne jamais appeler à voter pour tel ou tel candidat. Sa prise de position, qui brise sa neutralité, n’en a que plus de force : pour Clinton, ou plutôt contre Trump, que USA Today juge "inapte pour la présidence". Il lui manque "le tempérament, la connaissance, la stabilité, l’honnêteté". Il est "inconstant", "xénophobe", "imprudent", et "menteur en série". 

Pour autant, USA Today insiste bien, il ne s’agit pas d’un soutien à Hillary Clinton dont il détaille les défauts. Alors pour qui voter ? "Quoique vous fassiez, résistez au chant des sirènes d’un démagogue dangereux. Bien sûr, votez, juste pas pour Donald Trump", écrit le quotidien. 



D’autres journaux font également des exceptions historiques. Des titres conservateurs prennent aussi le risque de perdre de nombreux lecteurs. Au Texas, ou bien dans les états clés de l’Arizona et de l’Ohio, de grands journaux qui n’avaient jamais appelé à voter pour le candidat démocrate viennent d’annoncer leur soutien à Clinton, parce qu’ils sont inquiets de voir Donald Trump s’installer dans le bureau ovale.

En bref

- Al Gore, le vice-président de Bill Clinton entre 1992 et 2000, avant de perdre face à George Bush, va (enfin) faire campagne pour Clinton. Lui et Hillary Clinton ne s’aiment pas beaucoup car ils étaient rivaux. Il était vice-président sur le papier mais dans les faits, c’est la First Lady qui était numéro deux à la Maison Blanche. Il va finalement aller la soutenir en meeting, pour défendre notamment le combat contre le réchauffement climatique pour lequel il a eu le Prix Nobel de la Paix. Car Donald Trump menace de remettre en cause l’accord de Paris s’il est élu. Un message sur l'environnement qui touche particulièrement les plus jeunes, qui étaient trop jeunes pendant la présidence Clinton et pour lesquels Al Gore est surtout une voix forte de la lutte contre le dérèglement climatique.

- Après avoir accusé l’ex-Miss Univers qu’il surnomme Miss Piggy d’avoir tourné une vidéo porno, ce qui est fauxBuzzfeed avait retrouvé une vidéo érotique dans laquelle on voit le milliardaire faire sauter une bouteille de champagne (allusion très subtile). Cette équipe d’enquêteurs, recrutée depuis par CNN, a deux autres vidéos. Dans l’une d’entre elles, produite par Playboy, il prend des photos d’une playmate.

- Typique Trump. En meeting, le candidat s’est vanté de la performance de son colistier Mike Pence lors du débat pour la vice-présidence la veille. "I’m getting a lot of credit for that", qu’on pourrait traduire par : "On dit que c’est grâce à moi". Classique Trump.

- Parfois la réalité rattrape la fiction. Comme dans la série Veep, qui raconte, sur le mode d’une farce cruelle, le quotidien pathétique d’une présidente des États-Unis jouée par Julia Louis Dreyfus, Donald Trump, en campagne dans le Nevada, ne sait pas prononcer le nom de l’état. Il accentue la troisième syllabe quand les habitants locaux accentuent la deuxième. Mais comme c’est Donald Trump, il est convaincu d’avoir raison et donc, en meeting, prétend apprendre aux habitants du Nevada comment prononcer correctement le nom de leur état.

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