1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Le protectionnisme, le leitmotiv économique de Donald Trump
3 min de lecture

Le protectionnisme, le leitmotiv économique de Donald Trump

ÉDITO - Le candidat républicain à la Maison Blanche a très peu chiffré et détaillé son programme économique pendant la campagne.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Lenglet-co - Le protectionnisme, credo économique de Donald Trump
00:03:49
Présidentielle américaine 2016 : le protectionnime, credo économique de Donald Trump
00:03:53
François Lenglet & Loïc Farge

Quelles sont les propositions économiques de Donald Trump ? Difficile de le dire spontanément tant les excentricités et les provocations du candidat républicain à la Maison Blanche ont pris de la place dans cette campagne. Son programme est peu détaillé, peu chiffré, notamment par rapport aux programmes de nos candidats de droite, par exemple. En matière fiscale, Donald Trump projette des baisses d'impôts très fortes, à la fois pour les particuliers et les entreprises, et c'est là-dessus qu'il compte pour relancer la croissance, ainsi que sur les investissements publics dans les infrastructures. Mais la vraie différence de son programme, à la fois par rapport à celui de Hillary Clinton et par rapport à tous ses prédécesseurs républicains récents, c'est le protectionnisme.

Il s'agit de la volonté de protéger les États-Unis du commerce mondial, et en particulier des importations chinoises et mexicaines, qui ont effectivement détruit des emplois sur le sol américain. Même si elles ont aussi, bien souvent, permis aussi de faire baisser considérablement les prix à a consommation, et donc d'augmenter le pouvoir d'achat des Américains.

Rupture avec la tradition républicaine

C'est un virage complet par rapport à la tradition républicaine, qui a toujours été au contraire favorable au commerce international et aux intérêts des entreprises, ceux des grandes entreprises, en estimant que c'était le meilleur moyen de créer des emplois et d'augmenter la prospérité générale.

Pour protéger les États-Unis, il veut faire condamner la Chine pour manipulation monétaire, ce qui permettrait de lui appliquer des sanctions commerciales, et la poursuivre pour non respect de la propriété intellectuelle. Il veut taxer les produits des entreprises qui délocalisent au Mexique ou en Chine, avec des droits de douane spécifiques.

À écouter aussi

Autre proposition : ne pas appliquer le traité commercial avec la zone Pacifique, qui vient tout juste d'être signé - sur ce point, il est à l'unisson avec Hillary Clinton. Il entend sortir des accords commerciaux actuels, et même sortir de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Tout cela est ce qui explique en large partie le succès électoral imprévu de Trump, avec, bien sûr, son discours anti-élites est qui la figure classique du populisme.

Le retour du nationalisme économique

Pourquoi le protectionnisme est-il si populaire aux États-Unis, le pays qui domine la mondialisation, qui l'a même encouragée, sinon initiée ? Les électeurs américains, en particulier la classe moyenne et les catégories populaires, ne voient pas du tout la mondialisation comme cela. Ils ont l'impression de la subir. Ils pensent qu'elle s'est faite non pas à leur profit, mais en faveur du Mexique, leur voisin, et de la Chine, qui a inondé l'Amérique de produits à partir du milieu des années 1990. Et ils n'ont pas tout à fait tort.

Trump a su capter cette demande de frontières, qui est très forte en ce moment, non seulement aux États-Unis, mais dans tous les pays du monde. L'ascension de Donald Trump, c'est exactement la même histoire que le Brexit, le vote des Britanniques en faveur de la sortie de l'Europe : c'est le retour du nationalisme économique.

Une victoire de Trump serait-elle problématique pour l'Europe ? Cela voudrait dire un monde qui se referme, le retour des frontières, avec une Amérique isolationniste. Ça ne serait pas très bon pour les pays exportateurs d'Europe, et en particulier pour l'Allemagne, dont le premier partenaire commercial, ce sont les États-Unis. Mais pas d'illusion : avec ou sans Trump, nous aurons un monde qui se referme, plus ou moins rapidement. Car si Hillary Clinton est élue, elle devra aussi composer avec cette aspiration montante qu'est le besoin de frontières.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/