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Présidentielle américaine 2016 : et si le Texas boudait Donald Trump ?

Si cet État-clé de tradition républicaine votait démocrate en novembre prochain, ce serait un véritable séisme.

La statue d'un éléphant "républicain" décoré aux couleurs du Texas (illustration)
La statue d'un éléphant "républicain" décoré aux couleurs du Texas (illustration)
Crédit : AFP / Dominick Reuter
Présidentielle américaine 2016 : et si le Texas boudait Donald Trump ?
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Philippe Corbé & Loïc Farge

Imaginez la surprise si le matin du 9 novembre prochain on découvre que le Texas des cow-boys, le Texas de églises gigantesques où la messe est un show télévisé, le Texas des ranchs de millionnaires achetés avec l’or noir du pétrole, le Texas de JR, la famille Ewing, Dallas, son "univers impitoyable", le Texas de la famille Bush basculait à gauche, votait pour la démocrate Clinton. C'est tout à fait possible si on regarde attentivement le dernier grand sondage du Washington Post paru mercredi 7 septembre.

Le Dallas Morning News, le grand journal de Dallas, a appelé ouvertement ses lecteurs à voter pour tous les candidats républicains depuis 1952, à l’exception de 1964, pour le président Johnson qui était texan. Ce journal influent publie un article pour dire qu’il ne pouvait pas appeler à voter Trump. Impossible car "il ne mérite pas votre vote" : il n'est "pas qualifié", il n'est "ni vraiment républicain, ni vraiment conservateur". Et ses propos sur l’immigration ou l’interdiction des musulmans étrangers sont, selon le journal, scandaleux.

Il est important de regarder ainsi le vote du Texas. D'abord parce que c'est un très gros État (plus grand que la France en superficie), le deuxième le plus peuplé après la Californie. Si le Texas bascule à gauche, ce sera en raison du vote des latinos. C'est mathématique : les républicains savent que s’ils veulent gagner dans les décennies qui viennent, il va falloir convaincre les Hispaniques de voter davantage à droite. Et Trump, depuis le début de la campagne, fait exactement le contraire.

Surtout, l’élection présidentielle ici se fait État par État. Le candidat qui obtient la majorité des voix dans un État décroche tous les grands électeurs de l’État. Donc peu importe qui est majoritaire au niveau national : ce qui compte, c'est de gagner les États-clés qui vont donner une majorité de grands électeurs. C'est ce qui est en train de se passer pour Trump et Clinton. Quelques sondages ces derniers jours montrent que Trump repasse en tête au niveau national.

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Ce n’est pas tant lui qui monte que Clinton qui baisse beaucoup ; elle est massivement impopulaire.

Mais quand on regarde les États-clés, ceux dont on ne sait pas à l’avance s’ils voteront démocrate ou républicain (l’Ohio, la Pennsylvanie ou la Floride), on se rend compte que Clinton conserve une certaine avance. C'est là qu’elle concentre sa campagne, ses moyens financiers.

C'est pour cela que le Texas c’est assez inquiétant pour pour Trump. S'il doit passer du temps et dépenser beaucoup d'argent pour acheter de la publicité dans un État qui devrait voter pour lui sans même qu’il ait besoin de faire campagne, ce n'est pas une très bonne nouvelle.

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