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Peine de mort : une nouvelle exécution se déroule mal aux États-Unis

Le 8 décembre, Ronald Smith a été exécuté après 21 ans passés dans le couloir de la mort.

Un militant anti peine de mort à Boston (illustration)
Un militant anti peine de mort à Boston (illustration) Crédit : Scott Eisen / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Ambre Deharo
Ambre Deharo
et AFP

Le débat sur la peine de mort est relancé aux États-Unis. Le 8 décembre, un condamné à mort dans l'État de l'Alabama a suffoqué et convulsé pendant treize minutes lors de son exécution par injection létale. Ronald Smith, âgé de 45 ans, avait passé quelque 21 années dans le couloir de la mort, reconnu coupable du meurtre d'un employé d'une supérette en 1994.

Son exécution le 8 décembre a duré au total 34 minutes, une demie-heure pendant laquelle le prisonnier a émis des râles et convulsé pendant près de la moitié du temps, selon les propos d'un journaliste américain témoin de la scène. Ronald Smith a été déclaré mort par l'administration pénitentiaire locale à 23h05. 

La faute aux injections ?

La question de la peine de mort reste sensible aux États-Unis, notamment lorsque le décès du condamné n'est pas prononcé immédiatement après l'injection. Les États où la peine de mort est encore en vigueur font face depuis quelques temps à une pénurie des substances utilisées. Ces substances étant fournies la plupart du temps par des firmes pharmaceutiques européennes qui refusent donc d'approvisionner les prisons. Par conséquent, plusieurs États américains dont l'Alabama, ont décidé de l'adoption d'un protocole utilisant trois substances pour leurs injections létales : la première endort le condamné, la seconde paralyse ses muscles et enfin la troisième arrête son cœur. 

Dans le cas de l'exécution de Ronald Smith, le problème semblait venir du choix de ces substances. L'Alabama utilise en effet du midazolam, produit particulièrement contesté car il s'agit d'un anxiolytique et non d'un anesthésiant. Selon les journalistes témoins de la scène, après l'injection de midazolam, le condamné a continué de bouger ses lèvres, de serrer son poing. "Par moment, son œil gauche s'est entrouvert", a déclaré le journaliste Kent Faulk. Un responsable de l'administration pénitentiaire de l'Alabama, a indiqué qu'une "autopsie sera pratiquée sur le corps de M. Smith", afin de mettre en lumière d'éventuelles "irrégularités". 

Polémique sur la peine de mort

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Cette affaire inquiète les associations militant contre la peine du mort aux États-Unis, l'Ohio et la Virginie prévoyant également d'avoir recours au midazolam pour leurs injections létales dès le début de l'année 2017. Et ce n'est pas la première exécution "ratée" que connaît le pays, notamment depuis deux ans. En janvier 2014, Dennis McGuire avait suffoqué pendant 25 minutes lors de son exécution dans l'Ohio. Pire encore, en avril 2014 dans l'Oklahoma, Clayton Lockett a expiré son dernier souffle après 43 minutes de râles et de convulsion; et en Arizona, Joseph Wood a agonisé pendant deux heures avant d'être prononcé mort le 23 juillet 2014.

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