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Pays-Bas : les libéraux en tête des législatives, l'extrême droite en embuscade

Le parti libéral du Premier ministre néerlandais Mark Rutte est arrivé en tête des élections législatives, devançant trois partis ex-aequo dont le Parti pour la liberté du député (PVV) anti-islam Geert Wilders, selon des sondages sortie des urnes.

Les bureaux de vote néerlandais ont ouvert dès 7h30, ce mercredi 15 mars.
Les bureaux de vote néerlandais ont ouvert dès 7h30, ce mercredi 15 mars.
Crédit : EMMANUEL DUNAND / AFP
Julien Absalon & AFP

L'extrême droite néerlandaise semble être battue, mais son score reste à surveiller. Les premières estimations des élections législatives aux Pays-Bas, organisées mercredi 15 mars, donnent une victoire du parti libéral du premier ministre Mark Rutte. Il disposerait de 31 sièges sur 150 à la chambre basse du Parlement. Trois formations sont ensuite données à égalité avec 19 sièges : les chrétiens-démocrates du CDA, les progressistes de D66 et enfin le Parti pour la liberté (PVV) du député anti-système et anti-islam Geert Wilders. Les travaillistes du PvdA, partenaires de la coalition sortante, ont eux enregistré une défaite historique et perdu 29 sièges.

Après le Brexit au Royaume-Uni et la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, tous les yeux étaient braqués sur la formation de Geert Wilders, dont le score est perçu comme un indicateur de la montée du populisme en Europe à moins de 40 jours de la présidentielle française et avant les législatives allemandes de l'automne.

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Une élection sur fond de crise diplomatique

Déjà marquée par les questions de l'identité et de l'immigration dans ce pays de 17 millions d'habitants, la campagne avait été phagocytée par l'éclatement le week-end dernier d'une crise diplomatique avec Ankara après l'interdiction faite par les autorités néerlandaises à des ministres turcs de participer à des meetings en faveur du président Recep Tayyip Erdogan.

À plusieurs reprises dans le passé, Geert Wilders a vu son score dégringoler entre les prédictions des sondages et le résultat du scrutin, alors que le score de son Parti pour la Liberté (PVV) est considéré comme un test avant des élections en France puis en Allemagne. "Mais peu importe l'issue des élections, le génie ne retournera pas dans la lampe et cette révolution patriotique, que ce soit aujourd'hui ou demain, aura de toute façon lieu", avait-t-il assuré en votant dans la matinée. Dans son programme politique succinct, le député controversé a promis d'interdire l'accès des Pays-Bas aux immigrants musulmans, d'interdire la vente du Coran et de fermer les mosquées, dans un pays dont la population compte environ 5% de musulmans.

Importante participation

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Le scrutin a été marqué par une participation massive : 81% des 12,9 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes, selon l'Institut de sondage Ipsos. Aux dernières élections en 2010 et 2012, ces taux étaient de 74,6% et 75,3%. Plusieurs communes ont ainsi du réimprimer des bulletins de votes, ou installer des isoloirs supplémentaires.

Le système électoral néerlandais à la proportionnelle presque intégrale oblige à créer des coalitions. Dans un paysage fragmenté avec 28 partis candidats, la formation du gouvernement pourrait prendre des mois - le record est de 208 jours - et nécessiter un accord à quatre ou cinq partis. Les principaux ont néanmoins d'ores et déjà exclu de gouverner avec Geert Wilders.

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