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"Panama Papers" : "Un pan entier de l'évasion fiscale reste intouchable", lance Élise Lucet de "Cash Investigation"

REPLAY / INVITÉE RTL - L'émission d'Élise Lucet, Cash Investigation, devrait faire de nouvelles révélations au sujet des Français cités dans le scandale des sociétés offshore.

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"Panama Papers" : "Un pan entier de l'évasion fiscale reste intouchable", lance Élise Lucet de "Cash Investigation" Crédit Image : MICHEL GANGNE / AFP | Crédit Média : La rédaction de RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Julien Absalon
Julien Absalon
et Yves Calvi

Il faut s'attendre à de nouvelles révélations spectaculaires dans le scandale "Panama Papers". Après la première salve d'informations divulguées dimanche 3 avril par 107 rédactions du monde entier, sur la base de 11,5 millions de fichiers, de nouveaux scoops sont attendus dans les jours à venir. L'émission Cash Investigation, programmée mardi 5 avril sur France 2 (20h55), devrait permettre d'en savoir plus sur ces personnalités françaises soupçonnées d'avoir bénéficié de sociétés offshore basées dans des paradis fiscaux.

Dans la masse des fichiers ayant fuité, environ un millier de ressortissants français sont en effet cités aux côtés des noms de responsables politiques et personnalités de premier plan. Contrairement à l'Islande où le chef du gouvernement est directement mis en cause, aucun homme politique d'une telle importance n'est impliqué en France. Même si les noms de Jérôme Cahuzac et Patrick Balkany sont mentionnés, cela "ne devrait pas forcément changer la donne" en vue de la prochaine élection présidentielle, explique Élise Lucet au micro de RTL.

Elle ajoute cependant que "cela peut changer la donne sur la manière dont l'État doit amplifier sa lutte contre l'évasion fiscale, car tant qu'on ne s'attaque pas aux sociétés offshore et aux sociétés écran, un pan entier de l'évasion fiscale reste intouchable".

Des "questions" autour de Michel Platini

Les répercussions peuvent en effet être conséquentes au vu de l'évocation de certains noms bien connus du grand public. L'équipe de Cash Investigation s'est notamment intéressée au cas de Michel Platini, mis en cause dans cette affaire. Suspendu de six ans de toute activité liée au football, l'ancien candidat à la présidence de la FIFA est suspecté d'avoir administré une société offshore créée au Panama. "Il a un compte en banque suisse affilié à cette société offshore", précise Élise Lucet, tandis que Michel Platini a déjà fait savoir par communiqué que son statut de "résident suisse" lui permettait d'avoir ce compte.

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Des doutes existent toutefois quant à l'utilité concrète de cette société ouverte par l’intermédiaire de Mossack Fonseca, un centre financier panaméen spécialisé dans la création de ces sociétés offshore servant à dissimuler l'identité de ses propriétaires. D'autant que la société de Michel Platini, Balney Enterprises Corp., a été créée en décembre 2007 soit moins d'un an après son arrivée à la tête de l'UEFA. "On se pose donc des questions sur l'intérêt de Michel Platini d'ouvrir une société offshore à ce moment précis", s'interroge Élise Lucet.

La Société Générale mise en cause

La Société Générale est également dans le collimateur, car soupçonnée d'avoir des liens avec des sociétés offshore. "On s'est aperçu qu'elle administrait des sociétés au Panama, aux Îles Vierges britanniques et aux Seychelles", affirme Élise Lucet, soulignant que la banque française avait pourtant "promis" devant une commission d'enquête sénatoriale en 2012 "qu'elle n'avait plus aucune implantation dans les paradis fiscaux". Il semble même que la Société Générale ait "créé deux fondations au Panama pour mieux dissimuler l'identité de ses clients", alors que les autorités des Îles Vierges britanniques avaient demandé l'identité réelle des bénéficiaires de ces sociétés.

Si de telles opérations éveillent forcément de nombreux soupçons, cela ne signifie pas pour autant qu'il s'agit forcément d'activités interdites. "Une société offshore, ce n'est pas forcément illégal", rappelle à juste titre Élise Lucet, étant donné qu'une telle entité peut servir à un mécanisme tout à fait légal si tout est bien déclaré aux autorités fiscales compétentes. "Simplement, on se demande à chaque fois pourquoi ces personnalités ont voulu se dissimuler derrière une société offshore. C'est bizarre, la plupart des gens qu'on a interrogé n'ont pas voulu nous répondre".

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