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Pakistan : un jeune rescapé témoigne

"L'un des talibans a crié : 'il y a un tas d'enfants cachés sous les bancs, allez les chercher", raconte un survivant de l'attaque.

Un étudiant blessé dans l'attaque d'une école à Peshawar au Pakistan.
Un étudiant blessé dans l'attaque d'une école à Peshawar au Pakistan. Crédit : A MAJEED / AFP
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Encore horrifié, un jeune rescapé a témoigné après l'attaque d'un commando islamiste contre une école pakistanaise qui a fait 141 morts mardi 16 décembre.

Alité à l'hôpital Lady Reading de Peshawar, métropole du nord-ouest pakistanais, Shahrukh Khan, 16 ans, assistait à une formation sur les choix de carrière dans l'auditorium de son école, fréquentée par des jeunes de 10 à 20 ans, lorsqu'un commando de talibans vêtus comme des paramilitaires a fait irruption mardi matin.

"Quelqu'un a aussitôt crié de nous coucher par terre et de nous cacher sous les pupitres", souffle-t-il, traumatisé par l'attaque, la plus sanglante de l'histoire du Pakistan, pays pourtant abonné aux attentats islamistes.

Les insurgés ont ensuite crié "Allahou Akbar" (Dieu est grand, ndlr) avant d'ouvrir le feu sur les enfants. "Puis, l'un des talibans a crié: 'il y a un tas d'enfants cachés sous les bancs, allez les chercher", pour les tuer, témoigne-t-il à l'AFP.

J'étais étendu sur le sol, les yeux fermés, attendant d'être à nouveau fusillé

Shahrukh Khan
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Couché au sol en faisant semblant d'être mort, Shahrukh, un géant de près de deux mètres, a vu des bottes noires se rapprocher de lui, un taliban traquant les étudiants sous les bancs. Puis, un insurgé lui a tiré des balles dans les deux jambes, juste au-dessus des genoux. L'adolescent s'est mordu de douleur.

"J'ai retroussé ma cravate, et l'ai mise dans ma bouche pour ne pas crier. L'homme aux grosses bottes, lui, continuait de cribler de balles les étudiants. Et moi, j'étais étendu sur le sol, les yeux fermés, attendant d'être à nouveau fusillé", confie-t-il.

"Mon corps tremblait, j'ai vu la mort de si près, je n'oublierai jamais ces grosses bottes noires, c'était comme si c'était la mort elle-même me traquait", dit-il encore tremblant.

L'assistante de bureau était là, assise sur sa chaise, le corps ruisselant de sang et qui brûlait

Shahrukh Khan
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Après avoir tué 132 enfants, le commando a quitté l'auditorium de cet établissement fréquenté par des enfants de militaires, mais aussi de civils. Après leur départ, "je suis resté couché au sol quelques minutes. Puis, j'ai tenté de me lever mais je suis aussitôt retombé à cause de mes blessures", dit Shahrukh, son père, un commerçant, le consolant.

"J'ai rampé jusque dans la salle de classe à côté. C'était horrible ! L'assistante de bureau était là, assise sur sa chaise, le corps ruisselant de sang et qui brûlait".

"Lorsque j'ai repris mes esprits, j'étais couché dans un lit", à l'hôpital Lady Reading, où le personnel médical a appelé la population à donner d'urgence du sang pour tenter de sauver des blessés.

En début de soirée, la police a annoncé la mort de tous les assaillants.

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