3 min de lecture Terrorisme

Ouagadougou : qu'est-ce que le GSIM, qui a revendiqué les attaques ?

ÉCLAIRAGE - Une double attaque terroriste a fait 8 morts, vendredi 2 mars à Ouagadougou. L'assaut a été revendiqué le lendemain par le Groupe pour le soutien de l'islam et des musulmans (GSIM).

Ouagadougou, au lendemain de l'attaque terroriste qui a fait 8 morts, le 2 mars 2018
Crédit Image : AHMED OUOBA / AFP

Huit personnes ont péri, vendredi 2 mars dans la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou. Plus de quatre-vingts autres ont été blessées. Ce jour-là, deux attaques ont frappé simultanément l'ambassade de France et l'état-major burkinabé. L'attentat a été revendiqué au lendemain de sa commission, par le Groupe pour le soutien de l'islam et des musulmans (GSIM).

Dans leur message, adressé à l'agence privée mauritanienne Al Akhbar, les jihadistes ont affirmé avoir agi en représailles à une opération française au Mali. Selon eux, les troupes hexagonales déployées au Sahel dans le cadre de l'opération Barkhane auraient tué plusieurs dirigeants de leur groupe dans un raid au nord du Mali, il y a deux semaines, le 14 février.

Le GSIM est une organisation jihadiste regroupant depuis un an plusieurs entités terroristes du Sahel liées à al-Qaïda. Il est dirigé par un Touareg malien dénommé Ilyad Ag Ghaly. Cette nouvelle organisation est née de la fusion, annoncée le 2 mars 2017, des groupes Ansar Dine du jihadiste Iyad Ag Ghaly, Al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar et L'Émirat du Sahara, une branche d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Le mouvement Ansar Dine a fait partie des organisations jihadistes ayant contrôlé le Mali durant près de dix mois en 2012, à la faveur d'une rébellion touareg, avant d'être en grande partie chassés par une intervention internationale déclenchée en janvier 2013 par la France.


Des zones entières du pays, notamment dans le nord et le centre, échappent toutefois encore au contrôle des forces maliennes, françaises (Barkhane) ou de l'ONU (Minusma), objets de fréquentes attaques, qui débordent vers les pays voisins (Niger, Burkina Faso). 

De nombreux attentats à son actif

Ansar Dine a revendiqué plusieurs attentats, dont l'attaque de la base de la Minusma à Kidal (nord), qui avait coûté la vie à sept Casques bleus guinéens en février 2016, ou encore l'embuscade, le 18 mai de la même année, au nord d'Aguelhoc (nord-est), qui avait fait cinq morts dans le contingent tchadien.

Une autre composante du GSIM, le groupe de Mokhtar Belmokhtar, est quant à elle responsable notamment de l'attaque suicide à Gao (nord) contre un camp de regroupement des formations signataires de l'accord de paix au Mali qui a fait 77 morts et 120 blessés en janvier 2017.

Au moins 10 jihadistes présumés ont été tués en février 2017 lors d'une opération française aérienne et au sol le visant, tandis qu'une autre, dans la nuit du 23 au 24 octobre, a visé un "camp d'entraînement terroriste" près d'Abeïbara (nord-est) relevant d'Ansar Dine. Selon l'état-major français, cette opération a permis la mise "hors de combat de 15 terroristes, dont un lieutenant d'Iyad Ag Ghaly". Mais pour le ministère malien de la Défense, onze militaires maliens prisonniers des jihadistes se trouvaient parmi les victimes de ce raid. 

Une autre attaque revendiquée il y a deux semaines

Le GSIM avait déjà revendiqué l'attaque qui a coûté la vie à deux militaires français et en avait blessé un troisième le 21 février dans le nord-est du Mali, une zone frontalière du Niger réputée servir de refuge à des groupes jihadistes que la force conjointe du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) s'est donnée pour mission de chasser.

Il a également diffusé, le 1er mars, une courte vidéo de l'otage française Sophie Pétronin, 75 ans, enlevée au Mali fin 2016 . En voix off, on entend un enregistrement du président français Emmanuel Macron répétant en boucle "Je vous protégerai". 

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