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ONU : des primaires pour devenir patron des Nations unies

REPLAY - C'est du jamais vu depuis 70 ans. Trois jours durant, les candidats à la succession de Ban Ki-moon vont être auditionnés en public.

Les Nations unies réunies en assemblée générale, le 28 septembre 2015
Les Nations unies réunies en assemblée générale, le 28 septembre 2015
Crédit : SIPA
ONU : des primaires pour devenir patron des Nations unies
03:13
Loïc Farge
Journaliste

Pour devenir patron de l’ONU, il va maintenant falloir passer un entretien d’embauche devant le monde entier. C’est du jamais vu en 70 ans d’histoire des Nations unies. D'habitude, un nom finit par sortir du chapeau du Conseil de sécurité après des tractations, des parties de billards à cinq bandes entre les cinq membres permanents du Conseil. C'est ainsi qu’on s’est retrouvé ces dix dernières années avec l'inoffensif Coréen Ban Ki-moon, qui part fin décembre. Cette année donc, on connaît le nom des candidats. Leurs lettres de motivation et leurs CV ont été publiés sur le site Internet de l’ONU.

Jusqu'à jeudi (14 avril), ils vont donc passer un grand oral à New York devant les représentants des 193 États membres. Chaque candidat aura deux heures : dix minutes au début pour se présenter, le reste pour répondre à des questions. Le tout sera retransmis en direct à la télévision. "Si un candidat se révèle catastrophique, le Conseil de sécurité aura du mal à le soutenir", nous confie un diplomate occidental. Cela peut effectivement changer la donne. Il y a huit candidats, dont beaucoup d'Europe de l'Est (c'est à son tour de diriger l'ONU). Quatre hommes et quatre femmes se sont inscrits pour participer à ce qu’on pourrait appeler les "premières primaires" de l’histoire des Nations unies.

Une femme à la tête de l'ONU ?

Pour la première fois, le patron de l’ONU pourrait être une patronne. En tout cas, beaucoup le souhaitent. À sa création, le secrétaire général devait être "un homme éminent et de hautes capacités". Depuis 1945, cet "homme éminent" n’a jamais été une femme. Il y a eu neuf secrétaires généraux, à chaque fois des hommes. Des dizaines de pays font actuellement pression pour que ça change enfin. La Colombie a lancé une pétition pour cela. "Il y a effectivement une campagne pour qu’une femme dirige l’ONU. Aujourd'hui aucune ne fait l’unanimité", avoue un diplomate occidental qui suit la compétition de très près.

Si cela se trouve, le futur patron de l’ONU ne sera aucune de ses quatre femmes ou de ces quatre hommes officiellement candidats.
Cela peut se finir comme d'habitude avec une ou un candidat qui sort du chapeau. En fait, les auditions historiques qui ont lieu cette semaine sont importantes. Mais la charte de l’ONU n’a pas changé : in fine, comme depuis 70 ans, ce sont les cinq membres du Conseil de sécurité qui votent.

Forte attente

Avec cette une attente très forte crée par cette transparence affichée, Philippe Bolopion, un des directeurs de l’ONG Human Rights Watch à New York, craint d’être très déçu. "La transparence c'est très bien. Malheureusement il n'y a pas de garantie qu'en fin de compte ce ne seront pas les membres permanents qui, exactement comme pour le passé, se réuniront dans uns salle obscure de l'ONU pour décider entre eux qui sera le prochain secrétaire général", lance-t-il.

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Ce qui est compliqué c’est qu’un nouveau secrétaire général de l’ONU, doit convenir aux cinq permanents, aux Russes, donc à Poutine, et aux Américains, donc par Obama. Cette élection commence par une primaire d’une élection démocratique, mais elle risque de se terminer en conclave, comme pour l'élection d'un pape. Sauf qu'à l'ONU, cette fois, ce pourrait être une papesse.

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