4 min de lecture Barack Obama

Obama et Poutine : comme une ambiance de guerre fraîche

DÉCRYPTAGE - L'annulation de la visite de Barack Obama chez son homologue russe Vladimir Poutine relance les tensions diplomatiques entre les Washington et Moscou. L'affaire Snowden ou le soutien à la Syrie et à l'Iran sont en cause.

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La rédaction numérique de RTL

Retourne-t-on à l’époque de la Guerre froide? En pleine affaire Snowden, le président américain Barack Obama a annulé, mercredi 7 août, sa visite en Russie. Un camouflet pour Moscou, qui se dit “très déçu”, justifié par la Maison blanche par le manque de “progrès” dans les relations entre les deux anciens blocs. Plusieurs raisons annoncées, notamment “sur des questions comme la défense antimissile, la prolifération, le commerce, les questions de sécurité et des droits de l’homme”.

Depuis plusieurs mois, le torchon brûle entre la Russie et les États-Unis avec, en point d’orgue, l’asile d’un an accordé par Moscou à Edward Snowden, à l’origine des révélations sur les écoutes secrètes de la NSA.

Snowden, pierre d’achoppement

L’annulation de la visite du Président américain chez son homologue russe marque une volonté claire des Américains de montrer “une irritation grandissante devant le durcissement de la politique russe”, selon Dominique Moisi, conseiller spécial de l’Institut français des relations internationales (Ifri), au micro RTL de Pierre Julien.
“L’affaire Snowden est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Il y a aussi le comportement russe à l’égard de la Syrie et de l’Iran”, ajoute le spécialiste. Depuis le début de l’insurrection contre Bachar el-Assad, le Kremlin et la Maison blanche “ne sont pas loin de se faire la guerre par procuration”, note Libération, en “fournissant plus ou moins ouvertement des armes et des conseillers aux camps opposés”.

Mardi 6 août, dans l’émission télévisée de Jay Leno, sur NBC, le Président américain a précisé qu’il y a "des moments où [les Russes] retournent "à une mentalité de la Guerre froide", comme le rapporte Le Huffington Post. Il a aussi critiqué la politique jugée discriminatoire de la Russie envers les homosexuels, suite à l’adoption d’une loi sur la diffusion aux mineurs d'informations allant à l'encontre "d'une sexualité traditionnelle".

Je n'ai aucune tolérance pour les pays qui essayent de traiter les personnes qui sont gays d'une manière qui les intimide ou qui leur fasse du mal.

Barack Obama, chez Jay Leno
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La décision sèche de Barack Obama a aussi un usage interne, comme l’indique Dominique Moisi de l’Ifri : "Il s’agit de montrer à une partie du Congrès américain qui a des doutes quant à la fermeté du Président démocrate”, capable de “faire preuve de la même fermeté sur d’autres questions."

Le G20 dans une ambiance polaire

L’annulation de la rencontre entre Vladimir Poutine et Barack Obama intervient juste avant la tenue du G20, qui se tiendra à Saint-Pétersbourg les 5 et 6 septembre prochains. La Maison blanche argue qu’”il serait plus constructif de repousser le sommet jusqu’à ce que nous obtenions plus de résultats”.

Ce n’est pas le premier rendez-vous manqué ni les premières piques envoyées par le président américain à son homologue russe. Comme le rappelle Le Figaro, si les relations entre Obama et Dimitri Medvedev, le poulain de Poutine au Kremlin, avait dégelé la diplomatie des deux pays, les rapports avec l’actuel chef d’État russe ont toujours été tendus. “Comme tous les présidents américains, à l’exception de Ronald Reagan, Barack Obama ne comprenait rien à la Russie à son arrivée au pouvoir et il a d’abord tenté de tendre la main”, explique pour Libération David Satter, chercheur au Hudson Institute et à l’université John Hopkins .

Et Le Figaro de rappeler le tacle d’Obama lors de leur première rencontre (en 2009), remettant Poutine à sa place de Premier ministre qu’il occupait alors. Si, en avril 2013, le double attentat de Boston, perpétré en avril par des activistes américains d’origine tchétchène, avait rapproché les deux hommes, la liste Magnitski les divise encore. La publication des noms de “18 fonctionnaires russes interdits de séjour sur le territoire américain et dont les avoir ont été gelés", du fait de leur implication dans la mort de Sergueï Magnitski. Cet avocat avait dénoncé une fraude fiscale d’envergure, et était mort en détention. L'affaire avait poussé Moscou à publier une contre-liste de personnalités américaines persona non grata en Russie.

La rencontre qui suit, en juin en Irlande du Nord, à propos, notamment, du bouclier antimissile américain en Europe, est glaciale.
"Nos relations avec les Russes sont importantes, nous parlons de nombreux sujets et nous avons réussi à coopérer, et à trouver de nouveaux domaines de coopération", a fait savoir le porte-parole du président Obama, Jay Carney, mercredi soir. Si un revirement de la position de Barack Obama semble peu probable, la Russie a fait savoir que l’invitation tient toujours.

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Barack Obama Affaire Snowden NSA
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