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Ukraine : nuit blanche en vue à Minsk

Nuit blanche en vue pour les dirigeants russe, ukrainien, allemand et français qui tentent de trouver à Minsk un accord sur la crise en Ukraine.

François Hollande et Angela Merkel tentent de faire parvenir Moscou et Kiev à un accord
François Hollande et Angela Merkel tentent de faire parvenir Moscou et Kiev à un accord
La rédaction numérique de RTL & AFP

Ils ne sont pas couchés. Les présidents russe, ukrainien, français et la chancelière allemande poursuivent leurs négociations cette nuit du 11 au 12 février à Minsk pour tenter de parvenir à un plan de paix pour l'Ukraine.

Vladimir Poutine, Petro Porochenko, François Hollande, Angela Merkel, tantôt entourés par leurs conseillers tantôt seuls, discutaient pied à pied le document élaboré depuis plusieurs jours par leurs diplomates et qui vise à mettre fin à dix mois de guerre qui ont fait plus de 5.300 morts.

"Les discussions ne sont pas simples"

"Les discussions ne sont pas simples et se prolongent", a twitté mercredi soir le ministère allemand des Affaires étrangères. En conséquence, le ministre Frank-Walter Steinmeier "prolonge son séjour" à Minsk et "son départ pour un déplacement au Brésil est retardé", a-t-il précisé.


"Je pense que nous avons encore du travail pour cinq à six heures au moins", a écrit sur sa page Facebook à 00H30 GMT Valeri Tchaly, conseiller du président Porochenko. "Mais nous ne pouvons pas nous en aller sans un accord sur un cessez-le-feu inconditionnel. C'est la guerre de nerfs qui a commencé", a-t-il poursuivi.


M. Hollande et Mme Merkel font certes bonne figure devant les caméras, mais le visage renfrogné du président ukrainien et l'attitude en retrait de Vladimir Poutine accusé d'armer les rebelles et d'avoir déployé son armée dans l'est de l'Ukraine en témoignaient: les négociations étaient difficiles.

Ambiance tendue entre Poutine et Porochenko

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Une journaliste de l'AFP a pu apercevoir à travers une porte entrouverte les présidents russe et ukrainien discutant debout et face à face de manière très animée. Vladimir Poutine et son homologue ukrainien au visage déjà fermé avaient échangé une très brève poignée de mains, entourés de Mme Merkel et de M. Hollande peu après le début du sommet.

Les quatre dirigeants tentent de s'accorder sur un plan de paix, tandis que les combats et les bombardements n'en finissent pas de faucher des vies, une cinquantaine pour les seules journées de mardi et de mercredi.

Définir la ligne de front

S'il n'a pas été rendu public, le texte qui sert de base aux pourparlers a pour objectif de régler des questions épineuses: rétablir le contrôle de Kiev sur la frontière ukraino-russe dans les régions aux mains des rebelles, définir la ligne de front afin d'entamer un retrait des armes lourdes ou encore déterminer le "statut des territoires" conquis par les séparatistes.


Avant le sommet, les soldats ukrainiens et rebelles intensifiaient leurs combats sur le terrain pour arriver en position de force à la table des négociations.


Selon l'Elysée, le président français et la chancelière allemande comptaient "tout essayer" pour trouver une issue diplomatique à une crise qui a généré la pire période de confrontation entre la Russie et les Occidentaux depuis la fin de l'URSS en 1991.


De Washington, le président américain Barack Obama avait fait monter les enchères en appelant dans la nuit Vladimir Poutine pour lui dire que s'il poursuivait sa stratégie "agressive" en Ukraine, la Russie verrait le "prix à payer" augmenter.

Toujours plus de victimes

Alors que les discussions étaient déjà en cours à Minsk, un passant a été tué lorsqu'un hôpital du centre de Donetsk a été touché par un obus, selon les rebelles.

L'armée ukrainienne a annoncé mercredi avoir perdu au moins 19 soldats en 24 heures, dont cinq dans des tirs de roquettes multiples Smertch mardi soir sur Kramatorsk, ville qui abrite le principal état-major militaire ukrainien dans l'est.

Cette attaque avait fait au total 16 morts, militaires et civils, dans le premier bombardement depuis le début de la guerre contre le QG de l'armée, qui avait repris la cité aux rebelles en juillet.

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