2 min de lecture Niger

Niger : le Premier ministre appelle ses concitoyens à ne pas émigrer clandestinement

Suite à la mort de 92 migrants dans le désert, le Premier ministre nigérien a appelé les habitants à rester dans leur pays et émigrer "sans frauder".

Des habitants prient à Niamey au Niger le 1er novembre 2013 après l'annonce de trois jours de deuil pour les 92 migrants morts dans le désert.
Des habitants prient à Niamey au Niger le 1er novembre 2013 après l'annonce de trois jours de deuil pour les 92 migrants morts dans le désert. Crédit : Boureima HAMA / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Le Premier ministre nigérien Brigi Rafini a appelé samedi 2 novembre ses concitoyens à "se réaliser" chez eux plutôt que d'émigrer clandestinement, après l'odyssée tragique ayant abouti à la mort par déshydratation de 92 migrants dans le désert. "Nous devons tous nous ressaisir. (...) Ces populations doivent comprendre que leur bonheur se trouve au Niger et qu'elles doivent tout faire pour (y) rester", a lancé Rafini à Kantché, la ville du sud de ce pays dont étaient originaires 70 des 92 victimes.

Horrible périple

"Chaque jour que Dieu fait, d'autres Nigériens prennent le même chemin périlleux. Il y a en a beaucoup qui meurent sans qu'on le sache", a remarqué le chef du gouvernement. Quelque 92 migrants - essentiellement des femmes et des enfants - sont morts de soif début octobre en traversant le désert pour rejoindre l'Algérie. Seuls 21 ont survécu.

Les détails horribles de leur périple et de leur décès - véhicules bondés tombés en panne, déshydratation progressive, cadavres en décomposition et mangés par des chacals - n'ont été révélés que cette semaine. "Ce n'est pas (par) nécessité que (la migration se décide). Ce n'est pas parce qu'ils ont faim. Ce n'est pas parce qu'ils sont pauvres. Il y a donc là un vrai problème", a estimé le Premier ministre, après s'être entretenu avec des dignitaires religieux et des chefs traditionnels de Kantché.

"Il n'est pas question que nous laissions nos concitoyens aller à l'aventure"

Sadafiou, l'un des survivants, avait pourtant raconté à une radio locale que l'émigration vers l'Algérie avait été décidée pour fuir des mauvaises récoltes à venir dans le sud du Niger et "la menace d'une crise alimentaire". "Les jeunes Nigériens peuvent se réaliser au Niger", ou émigrer "sans frauder", "en passant par les voies légales", "avec tous les papiers en règle", a lancé Brigi Rafini, dont les propos ont été retransmis par la télévision nationale.

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"Il n'est pas question que nous laissions nos concitoyens aller à l'aventure", a-t-il affirmé. Niamey a pris toute une série de mesures pour lutter contre l'émigration clandestine depuis que le drame a été révélé cette semaine. Quelque 150 candidats à l'émigration, pour la plupart des Nigériens, ont été arrêtés vendredi et samedi tandis qu'ils se rendaient en Algérie. Selon l'ONU, près de 5.000 migrants ouest-africains, dont de nombreux Nigériens, ont transité chaque mois entre mars et août 2013 par Agadez, la grande ville du nord du Niger, qui fait office de centre de transit pour les clandestins.

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