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Naufrages en Méditerranée : Amnesty exhorte l'Europe à prendre ses responsabilités

À la veille d'un sommet européen, Amnesty réclame à l'UE une vaste opération humanitaire pour arrêter l'hécatombe de migrants.

Un bateau de migrants arrive dans le port de Messine, en Sicile, samedi 18 avril 2015
Un bateau de migrants arrive dans le port de Messine, en Sicile, samedi 18 avril 2015 Crédit : GIOVANNI ISOLINO / AFP
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et AFP

Stop aux "naufrages de la honte". À la veille d'un sommet européen convoqué à la suite du naufrage au large de la Libye d'un chalutier qui a causé la mort de près de 800 migrants, Amnesty International a publié ce mercredi 22 avril son rapport sur le sujet, "Europe: naufrages de la honte. Absence de protection des réfugiés et des migrants en mer", avec une semaine d'avance. Geneviève Garrigos, la présidente de la filiale français espère "qu'enfin l'Union européenne prenne la mesure de sa responsabilité.

"Monsieur Hollande, ne laissez plus mourir les migrants aux frontières de l'Europe", a exhorté l'ONG, aux côtés de treize autres organisations (Human Rights Watch, Médecins du monde, CCFD-Terre Solidaire...) dans un appel publié dans le quotidien le Monde. Elles implorent l'UE de "mettre en place des opérations de sauvetage dotées de moyens matériels et humains appropriés" et d'"ouvrir des accès sûrs et légaux au territoire européen pour les personnes qui fuient la guerre et la répression".

Amnesty réclame un Mare Nostrum renforcé

À Paris, Amnesty a rendu hommage aux migrants morts en tentant de rejoindre l'Europe, en jetant des roses jaunes dans la Seine. Parallèlement, d'autres militants ont disposé des centaines de sacs destinés à recueillir des dépouilles sur la plage de Brighton, en Grande-Bretagne, pays où l'ONG a son siège. Geneviève Garrigos espère que "sauver la vie des gens devienne une priorité par rapport au contrôle des frontières".  

L'ONG dénonce notamment les conséquences dramatiques de la fin de Mare Nostrum. L'opération italienne de sauvetage des migrants lancée en 2013 à la suite des tragédies autour de l'île de Lampedusa a été abandonnée en octobre 2014. Elle avait permis de secourir 150.000 personnes en un an. Balayant les critiques selon lesquelles Mare Nostrum a constitué un "appel d'air", Geneviève Garrigos a rappelé que "depuis l'arrêt de Mare Nostrum, le flux migratoire augmente et le nombre de morts augmente lui aussi".

1.750 migrants ont trouvé la mort depuis 2015

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L'opération européenne Triton, qui a pris la relève de Mare Nostrum, vise à la surveillance des frontières et "ne reprend aucun objectif de sauvetage", a déploré Jean-François Dubost, responsable du Programme personnes déracinées à Amnesty. L'an dernier, "25% des vies humaines ont été sauvées par des navires commerciaux". Or "les équipages de ces navires ne sont absolument pas formés aux opérations de secours", regrette Jean-François Dubost. "Leur incapacité totale à assurer des soins a pu conduire aux décès de personnes, notamment par hypothermie", relève-t-il. Par ailleurs, "les navires commerciaux commencent à changer leur trajectoire pour éviter de devoir sauver des migrants, pour des raisons financières".

Avant les récents naufrages dont celui d'un chalutier au large de la Libye dimanche qui a fait 800 morts selon le HCR, l'ONG estimait que 900 personnes avaient trouvé la mort en traversant la Méditerranée entre le 1er janvier et le 15 avril, soit 53 fois plus qu'au cours de la même période de 2014. Selon l'Organisation internationale des Migrations (OIM), 1.750 migrants ont péri en Méditerranée depuis le début de l'année, soit plus de 30 fois plus que durant la même période de l'an dernier. "C'est plus que le naufrage du Titanic", a souligné mercredi Geneviève Garrigos.

Elle espère que jeudi, "il y ait enfin des mesures concrètes pour sauver les personnes en mer", et non des "effets d'annonce" et "beaucoup de larmes de crocodile" comme celles qu'elle a observées après la catastrophe de Lampedusa.

Des soutiens financiers pour l'Italie et Malte

En attendant une "véritable opération humanitaire", avec le "déploiement immédiat de ressources navales et aériennes suffisantes le long des principaux itinéraires de migration", Amnesty demande aux gouvernements européens de "fournir de toute urgence à l'Italie et à Malte le soutien financier et logistique requis pour renforcer leurs capacités de recherche et de sauvetage".

L'Union européenne a déjà adopté lundi un plan d'action qui prévoit notamment le doublement des moyens pour la mission de surveillance maritime Triton qui pourra patrouiller dans une zone plus large et devra participer aux secours.

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