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Migrants : la clôture à la frontière hongroise achevée, les clandestins restent déterminés

Un rempart contre le flux de milliers de migrants, c'est ainsi que le Premier ministre hongrois, Victor Orban, présente fièrement la clôture de fils de fer barbelés hâtivement érigée à la frontière avec la Serbie.

Une famille de migrants à la frontière entre la Hongrie et la Serbie en août 2015 (Illustration)
Une famille de migrants à la frontière entre la Hongrie et la Serbie en août 2015 (Illustration) Crédit : ATTILA KISBENEDEK / AFP
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
et AFP

Il en faudra plus aux migrants pour les empêcher d'atteindre leur but : rejoindre l'Europe. En Hongrie, une clôture de fils de fer barbelés a été érigée à la frontière avec la Serbie. Un rempart contre le flux de milliers de migrants qui tentent de gagner l'Europe occidentale comme le présente le Premier ministre hongrois, Victor Orban.

Mais ces voyageurs endurcis par les guerres qui ravagent leur pays d'origine ne semblent pas vouloir abandonner si proche du but, après une traversée périlleuse de la Méditerranée et des centaines de kilomètres parcourus souvent à pied. 

Une barrière, "rien" comparé à la Syrie

"Nous ne craignons ni la police hongroise, ni la clôture", s'exclame Nasreen, une Syrienne âgée de 29 ans, après avoir franchi l'obstacle dressé entre la Serbie et la Hongrie. "Ce n'est rien, comparé à ce que nous avons traversé en Syrie, dit-elle. Notre pays a été détruit, nous avons connu quotidiennement les bombes, les assassinats, le sang et les morts"

Portant un pull malgré la chaleur de l'été, elle explique que les couches supplémentaires de vêtements ne seront pas de trop lorsque les nuits seront plus fraîches, à mesure qu'ils progresseront vers le nord, au-delà de la Hongrie, vers l'eldorado : l'Allemagne ou la Suède. 

Budapest veut ériger un mur de quatre mètres de haut

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Les trois spirales superposées de fils barbelés longent désormais la totalité des 175 kilomètres qui séparent la Serbie de la Hongrie, a annoncé samedi le ministère hongrois de la Défense. Budapest souhaite, à terme, ériger un mur haut de quatre mètres, dont les travaux ont débuté en juillet. Le gouvernement hongrois a par ailleurs annoncé vendredi avoir l'intention de punir d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison toute personne franchissant illégalement les barbelés. 

Un millier de policiers sont déployés près de la barrière. Quelque 2.000 de plus sont attendus après le 1er septembre. Pour l'instant, la clôture provisoire n'impressionne guère cet expert en informatique irakien âgé de 25 ans, qui préfère taire son nom, en route pour la Belgique où vivent des proches. "Je me moque bien de la clôture ou de la police. J'ai de l'argent. Je trouverai un taxi", lâche-t-il. 

3.000 personnes franchissent la frontière en une journée

Au cours de la seule journée de mercredi, 3.000 personnes, dont 700 enfants, ont franchi la frontière hongroise, d'après les registres des autorités hongroises. Un record. La moyenne quotidienne se situait seulement quelques jours plus tôt entre 1.000 et 1.500 passages, ce qui constituait déjà une forte progression par rapport aux 250 à 500 personnes enregistrées depuis le début de l'année. En tout, depuis janvier, 140.000 personnes ont traversé cette frontière. 

Les réfugiés utilisent les tiges de mesure de la clôture laissées par les soldats hongrois pour en faire des leviers afin de soulever la partie inférieure de ce mur de fils barbelés, ce qui est bien plus sûr que de se frayer un chemin à travers ces spirales à l'aspect menaçant. 

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