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Migrants : Barack Obama accepte d'accueillir 10.000 réfugiés

Les États-Unis étaient sous le feu des critiques depuis quelques jours, pour leur manque d'implication face à la crise des migrants.

Barack Obama et les démocrates militent pour une augmentation du salaire horaire minimum aux États-Unis (illustration)
Barack Obama et les démocrates militent pour une augmentation du salaire horaire minimum aux États-Unis (illustration) Crédit : AFP
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et AFP

Montrés du doigt pour leur manque de réactivité face à la crise migratoire déclenchée par le conflit en Syrie, les États-Unis annoncent qu'ils vont accueillir 10.000 réfugiés. Mais ce chiffre ne devrait cependant pas suffire à faire taire les critiques.

"Face à la crise des réfugiés syriens, le président Barack Obama a ordonné de monter en puissance", a expliqué son porte-parole Josh Earnest jeudi 10 septembre. Celui-ci évoque l'arrivée d'au moins 10.000 réfugiés syriens d'ici septembre 2016. Depuis le déclenchement de la guerre civile au printemps 2011, les États-Unis ont accueilli quelque 1.800 Syriens, selon l'exécutif. Pour la fin de l'exercice fiscal 2016, le département d'État avait initialement évoqué un chiffre de 5.000 à 8.000. Contraste saisissant : à lui seul, le Québec s'est engagé à en recevoir 3.650 d'ici décembre.

Crainte de voir arriver des terroristes

Aucun pays n'accueille plus de réfugiés venus du monde entier que les États-Unis.

John Kirby, porte-parole du département d'État
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Depuis plusieurs jours, des voix se sont fait entendre, dans les milieux diplomatiques et humanitaires, pour critiquer la passivité de la première puissance mondiale, qui a une tradition historique d'accueil des réfugiés. Le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a recommandé auprès des autorités américaines quelque 17.000 dossiers de Syriens, afin qu'ils soient éventuellement accueillis aux États-Unis. 

Mais la crainte de l'arrivée de jihadistes ultra-radicaux par ce biais occupe une place centrale dans le débat politique américain. L'élu républicain Michael McCaul, président de la Commission sur la sécurité nationale, dénonce en termes très vifs la décision présidentielle, lui demandant de consulter le Congrès au plus vite. "Nous savons que l'organisation de l'État islamique (EI) veut utiliser la route des réfugiés pour envoyer des agents à l'ouest", a-t-il lancé jeudi. "Cela nous brise le coeur de voir des Syriens innocents fuir la violence dans leur pays (...) mais la meilleure façon de résoudre cette crise se trouve à la source", estime-t-il. Ce élu réclame donc une "véritable stratégie" pour vaincre l'EI et s'assurer que Bachar al-Assad quitte le pouvoir.

Processus sécurisé

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La Maison Blanche assure, de son côté, que la sécurité du territoire américain est sa "priorité numéro un". "Nous devons être sûrs que nous comprenons qui vient ici (...) parce qu'il y a un risque", explique le directeur du FBI James Comey. "Je peux vous assurer que les réfugiés passent par un processus de sécurité le plus robuste qui soit", souligne aussi Josh Earnest. La Maison Blanche rappelle les contrôles effectués par le Centre national de lutte contre le terrorisme et le FBI, ou encore les entretiens individuels auxquels les migrants doivent se soumettre. Le processus prend, en moyenne, entre 12 et 18 mois. Les organisation de défense des droits de l'homme dénoncent d'ailleurs régulièrement la lourdeur de ces formalités.

Sur le plan diplomatique, le secrétaire d'État John Kerry multiplie, depuis des semaines, les consultations avec la Russie et l'Arabie saoudite, afin de trouver une porte de sortie politique au conflit syrien, qui a fait au moins 240.000 morts depuis mars 2011. 

Les États-Unis "ne traînent pas des pieds"

Mais les efforts américains ne convainquent pas forcément. L'ONG Human Rights First exprime sa déception, dénonçant l'absence de "leadership" des États-Unis sur ce dossier. "Si cette administration veut être prise au sérieux par la communauté internationale, elle devrait démontrer sa détermination en engageant un effort majeur qui offrirait une protection à au moins 100.000 Syriens l'année prochaine", estime-t-elle. 

"Le bilan des États-Unis lorsqu'il s'agit de répondre aux besoins humanitaires des personnes déplacées est solide", répond le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest, assailli de questions sur ce thème depuis plusieurs jours, lors de son briefing quotidien. "Personne ne traîne des pieds (...) Aucun pays n'accueille plus de réfugiés venus du monde entier que les États-Unis", assure en écho le porte-parole du département d'État John Kirby. 

Toutes nationalités confondues dans le monde, les autorités américaines affirment que 70.000 personnes trouvent refuge, légalement, chaque année sur leur sol. Plus de quatre millions de Syriens ont fui leur pays depuis 2011. 

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