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Manchester : panique, "effroi" et "cauchemar"... Le récit de la soirée de l'attentat

RÉCIT - La ville de Manchester est meurtrie après qu'un attentat a été commis lors d'un concert d'Ariana Grande. La police a annoncé que 22 personnes étaient décédées et 59 blessées.

Un attentat a été perpétré à Manchester, le 22 mai 2017
Un attentat a été perpétré à Manchester, le 22 mai 2017 Crédit : Ben Stansall / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Les enfants de Manchester sont nos enfants à nous aussi, Français". Ces mots ont été prononcées par Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, à l'antenne de RTL, ce mardi 23 mai. À 22h30 la Manchester Arena, une salle de concert qui peut accueillir 21.000 personnes, a été la cible d'une attaque terroriste. La chanteuse américaine Ariana Grande vient d'y finir un concert. Une explosion est alors survenue. 22 personnes sont décédées et 59 autres blessées. 

La première ministre Theresa May s'est exprimée quelques heures après l'attaque : "Nous savons qu'un terroriste isolé a fait détoner un engin explosif à l'une des sorties de la salle, choisissant délibérément l'endroit et l'heure pour causer un maximum de victimes, dont de nombreux enfants et jeunes". Comme l'explique Le Point, une "symbolique" se cache derrière cette attaque. C'est "l'idole des très très jeunes", écrit Libération.

Mouvement de panique et chaos

Pour la dernière chanson du concert d'Ariana Grande, des centaines de ballons roses ont été lâchés dans toute la salle. Lorsque l'attaque a eu lieu, certains témoins ont d'abord pensé qu'ils s'agissaient des ballons qui explosaient, raconte une mère et sa fille dans une vidéo du HuffPost. Robert Tempkin explique à la BBC : "Des gens hurlaient qu'ils avaient vu du sang, mais d'autres disaient que c'étaient des ballons qui avaient explosé ou une enceinte qui avait claqué". 

Une adolescente décrit alors que "la salle était très calme, pendant au moins cinq ou six secondes, mais ça nous a semblé plus long. Et après, tout le monde s'est mis à courir". Plusieurs vidéos ont filmé les mouvements de panique dans la salle de concert. Et pour cause, à la fin du concert, les fans commencent à quitter les lieux, d'autres restent et continuent de chanter les tubes entêtant d'Ariana Grande. Quant d'un coup, le bruit de l'explosion se fait entendre. Une spectatrice a filmé la scène. On y entend la détonation. On y voit le début du mouvement de foule au loin qui arrive comme une vague vers la caméra. 

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Les cris, la course... Les fans tentent par tous les moyens de sortir de la salle de concert et enjambent les barrières. Une autre vidéo, cette fois-ci prise du haut des gradins, montre les rangées se vider à toute allure et la foule, éparpillée, qui finit par se concentrer au niveau des sorties. Plusieurs tunnels permettent d'accéder via différentes entrées à l'intérieur de la Manchester Arena. Un témoin se trouvait à la sortie de l'un d'eux, des personnes dévalaient les escalators. Toujours sous les cris. "Nous voulions juste sortir de là aussi vite que possible, mais en descendant les escaliers, les gens tombaient les uns sur les autres. C'était le chaos complet", raconte un témoin.

La terrible angoisse des parents

Des parents, présents à la sortie de la salle pour récupérer leurs enfants, les cherchent. "On a entendu la dernière chanson et tout d'un coup, il y a eu un énorme flash, suivi d'une explosion et de fumée", raconte dans une interview repérée par Franceinfo, Gary Walker à la BBC. Sur Twitter, les avis de recherche se succèdent. Sur la BBC, Charlotte Campbell, dont la fille assistait au concert avec un ami a lancé un appel. "C'est le pire sentiment qui soit de savoir que votre fille est là et que vous ne pouvez pas la trouver et de ne pas savoir si elle est en vie ou non. Je me demande comment les gens peuvent faire ça à des enfants innocents", comme le rapporte 20 MinutesReuters rapporte l'histoire de Paula Robinson. Elle se trouvait à proximité de la salle de concert lorsque l'attentat est survenu. "C'était juste après l'explosion, on est parti en courant. J'ai emmené les ados avec moi". Direction l'hôtel Holiday Inn. À l'AFP, Sebastian Diaz, âgé de 19 an confie : "J'ai vu des pères porter dans leurs bras leurs petites filles en pleurs. C'était sans doute le premier concert pour beaucoup d'entre elles et probablement le dernier". 

C'est le pire cauchemar pour les parents

Steve Rotheram, maire de Liverpool
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Les réactions et les messages de soutien se sont multipliés toute la journée. Les filles du maire de Liverpool, Steve Rotheram, étaient présentes au concert. Ce dernier a déclaré qu'elles étaient "en sécurité" et a ajouté : "Je crains pour les autres. Toutes mes pensées vont au parents qui attendent de savoir si leurs enfants sont en sécurité. C'est le pire cauchemar pour les parents. Très, très triste". L'attaque terroriste s'est déroulée deux mois jour pour jour après celui de Londres qui avait fait 5 morts. Un homme avait foncé dans la foule avec un véhicule et poignardé un policier avant d'être abattu, près du Parlement. Emmanuel Macron s'est rendu à l'ambassade de grande-Bretagne à Paris. C'est "avant tout ces condoléances, ce sentiment de solidarité et ce plein soutien que nous tenions cet après-midi à exprimer. C'est aussi notre volonté de renforcer la coopération européenne en matière de lutte contre le terrorisme", a-t-il déclaré.

Donald Trump, en visite à Bethléem a déclaré : "Notre solidarité avec le peuple du Royaume-Uni est totale (...) Tellement de jeunes gens magnifiques, vivants et aimant la vie, assassinés par des losers malfaisants". La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé sa "tristesse" et son "horreur". Le président français Emmanuel Macron son "effroi" et sa "consternation".  Le président russe Vladimir Poutine s'est dit prêt à "développer la coopération antiterroriste" avec la Grande-Bretagne après cet attentat "cynique et inhumain". 

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