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Mali : la rébellion signe la paix, Jean-Yves Le Drian se rend sur place

Les rebelles touaregs acceptent à leur tour l'accord censé rétablir le calme. Le ministre de la Défense est attendu à Bamako lundi.

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.
Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Plus d'un mois après sa signature par le gouvernement et la médiation internationale, la rébellion touareg du nord du Mali a approuvé l'accord de paix ce samedi 20 juin à Bamako. Ce texte est censé permettre de tourner la page du djihadisme dans cette partie du Sahel.

L'accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touaregs depuis l'indépendance du pays, en 1960. En 2012, cette vaste région a été transformée en base d'opérations djihadiste, jusqu'au lancement de l'opération Serval en janvier 2013,  à l'initiative de la France. 

L'opération Serval au Mali (2013-2014)
L'opération Serval au Mali (2013-2014) Crédit : ahu/dmk, K. Tian/A-C.Huet / AFP

La médiation internationale salue "un nouveau départ"

Au nom de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, rébellion), Sidi Brahim Ould Sidati, un dirigeant du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), a ajouté sa signature à celles figurant déjà sur l'accord, sous les youyous de l'assistance.

La communauté internationale sera toujours à vos côtés mais elle ne peut faire la paix à votre place.

Mongi Hamdi, chef de la mission de l'ONU
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Lors de cette cérémonie marquée par de nombreuses effusions et expressions de fraternité, entre dirigeants de groupes qui s'affrontaient encore sur le terrain récemment, le ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, chef de file de la médiation internationale, a salué "un nouveau départ, une nouvelle opportunité et une nouvelle destinée pour cette grande nation malienne". "La communauté internationale sera toujours à vos côtés mais elle ne peut faire la paix à votre place", a prévenu le chef de la Mission de l'ONU (Minusma) Mongi Hamdi.

Respecter les engagements respectifs

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"Il y aura des moments de doute et de découragement, des tensions et de la méfiance", a-t-il prédit, juste après la signature, appelant les protagonistes à faire preuve de "bonne foi et bonne volonté". "Faites-moi confiance", a lancé aux participants le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. "Nous ferons en sorte que nul ne soit déçu". 

Selon un représentant de la CMA, Mahamadou Djeri Maïga, "il ne faut pas que ça ressemble aux accords précédents" entre Bamako et les rébellions antérieures, restés pour l'essentiel lettre morte. "Il faut que chacun respecte ses engagements", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le Drian au Mali lundi

La délégation rebelle s'est ensuite rendue au palais présidentiel pour rompre le jeûne du ramadan avec le chef de l'État, a-t-on appris auprès du Palais. Au même moment, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a fait savoir qu'il se rendrait lundi au Mali "pour marquer la présence et le soutien de la France à cet accord", selon son entourage.

La CMA avait paraphé l'accord négocié depuis des mois à Alger la veille de sa signature, le 15 mai à Bamako, par le camp gouvernemental et la médiation internationale. Mais elle exigeait pour le signer des discussions supplémentaires.

Des assemblées régionales élues au suffrage universel

Elle s'y est finalement engagée après avoir signé, le 5 juin à Alger, deux documents avec le gouvernement. L'un porte sur des garanties d'application prévoyant l'"insertion prioritaire et majoritaire des combattants des mouvements politico-militaires notamment de la CMA" au sein des forces de sécurité dans le Nord, et l'autre sur des "arrangements sécuritaires".

L'accord prévoit la création d'assemblées régionales, dotées de pouvoirs importants et élues au suffrage universel direct. Mais, comme le souhaitait Bamako, ni autonomie ni fédéralisme.

Tribune de Le Drian et de l'ex-chef de la mission de l'ONU

Dans une tribune publiée vendredi, les ministres français et néerlandais des Affaires étrangères, Laurent Fabius et Bert Koenders (ancien chef de la Minusma), encourageaient la rébellion à franchir le pas et les pays européens à soutenir davantage la force de l'ONU. Selon eux, cette crise touche "aux intérêts de l'Europe entière, au travers de la montée du terrorisme et de l'amplification des flux de migrants, et la mission de l'ONU joue un rôle essentiel dans la stabilisation du Mali et, indirectement, de la région". 

Le chef militaire de cette force, le général danois Michael Lollesgaard, a déploré, mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU, de graves lacunes de ses troupes en termes d'entraînement, de logistique et de capacités de renseignement, qui les rendent "extrêmement vulnérables".

Des zones entières hors de contrôle

La signature de l'accord de paix doit "permettre de clarifier la situation sur le terrain", en isolant les "bandes incontrôlées, djihadistes, narcotrafiquants qui continuent les violences", a affirmé à l'AFP l'éditorialiste malien Souleymane Drabo. Il souligne néanmoins que le rétablissement de la sécurité prendrait du temps.

Bien que les djihadistes aient été dispersés et en grande partie chassés de cette région par Serval - relayée depuis août 2014 par l'opération Barkhane, dont le rayon d'action s'étend à l'ensemble sahélo-saharien -, des zones entières échappent encore au contrôle des autorités maliennes et des forces internationales.

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