3 min de lecture Diplomatie

Qu'est-ce que le G5 Sahel, auquel Paris consacre un sommet ?

ÉCLAIRAGE - Une vingtaine de dirigeants, faisant partie du G5 Sahel, se rendent à Paris mercredi 13 décembre pour renforcer la mobilisation internationale de cette force antijihadiste.

Les chefs d'État du G5 Sahel et Emmanuel Macron durant le sommet extraordinaire à Bamako au Mali, le 2 juillet 2017.
Crédit Image : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Après le climat avec le One Planet Summit, c'est au tour de la force armée G5 Sahel d'avoir son sommet à Paris mercredi 13 décembre. Cette "réunion de soutien", à l'initiative d'Emmanuel Macron, regroupe une vingtaine de dirigeants qui sont venus discuter du besoin urgent de développer, cette nouvelle force régionale en Afrique pour lutter contre l'insécurité. "Il nous faut gagner la guerre contre le terrorisme dans la zone sahélo-saharienne", a déclaré le chef de l'État".

Le Président français a par ailleurs jugé "urgent de renverser la tendance" dans les pays du Sahel, où "les terroristes" ont "enregistré des victoires militaires et symboliques" ces derniers mois. L'objectif est "d'accroître la mobilisation au profit du G5 Sahel sur les plans militaire, politique et financier", explique l'Elysée. 

C'est pour cette raison que les dirigeants du Niger, Mali, Tchad, Mauritanie et du Burkina notamment ont été conviés au château de La Celle-Saint-Cloud, près de Paris. Des partenaires de la force commune sont également présents, dont des représentants de l'ONU, l'Union africaine et l'Union européenne. La chancelière allemande Angela Merkel est présente aux côtés des chefs des gouvernements italien Paolo Gentiloni et belge Charles Michel. L'Arabie saoudite, les Émirats ainsi que les États-Unis y participent également.

Une force armée de 5.000 hommes

La force conjointe du G5 Sahel a été lancée début 2017. Elle regroupe sept bataillons de 650 hommes issus de cinq pays de la région : le Burkina, la Mauritanie, le Mali, le Niger ainsi que le Tchad. Son rôle est de reconquérir et sécuriser les zones où les groupes extrémistes mènent des actions par surprises et des attentats, avant de s'évanouir dans l'immense désert sahélien.

Le quartier général du G5 Sahel se situe à Sévaré au Mali, et a mené une première opération en octobre, dans la zone des "trois frontières" entre Mali, Niger et Burkina Faso. Si cette opération n'a pu rassembler que 200 à 350 hommes, l'initiative vise à former une force de 5.000 hommes d'ici la mi-2018.

On peut compter entre 500 et 800 jihadistes dans la région. Une grande partie de ces combattants a tout de même été chassée par l'intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui continue à maintenir 4.000 hommes de l'armée française dans le cadre de l'opération Barkhane. Mais cette lutte est fragilisée par les "défaillances" du processus de paix au Mali, qui peine à réconcilier les différentes parties du sud et du nord du pays.

Un besoin de financement

Le défi le plus important à relever désormais est celui du financement. Les pays du G5 Sahel sont parmi les plus pauvres du monde, et sont par conséquent incapables de mobiliser les 250 millions d'euros nécessaires à la force dans un premier temps, puis "400 millions à plein exercice" selon Paris.

Mais les contributions internationales, malgré des appels, reste jusqu'à présent timides. L'Union européenne a promis 50 millions d'euros, la France 8 millions et surtout un apport matériel. Chacun des cinq pays fondateurs de la force armée consacre 10 millions d'euros. Lors du sommet, l'Arabie saoudite a confirmé apporter une contribution de 100 millions de dollars et les Émirats de 30 millions. Les États-Unis ont quant à eux promis aux cinq pays membres du G5 Sahel une aide bilatérale globale de 60 millions de dollars.


Au sujet des premiers 250 millions d'euros nécessaires, la ministre des Armées Florence Parly précise que "le compte n'y est pas encore" mais qu'"on n'en est pas tout à fait loin". "Cette réunion sera complétée par un sommet à Bruxelles. C'est un premier tour de table", a-t-elle souligné. 

Ce sommet, qui aura lieu en février, pourrait donner un rôle plus important à d'autres pays africains, absents au mini-sommet de Paris, comme le Sénégal ou l'Algérie. Ce dernier notamment joue un rôle clé dans la région, grâce à ses longues frontières avec la Libye et le Mali.

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