1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Loup Bureau détenu en Turquie dans "les pires conditions qui soient", selon son avocat
2 min de lecture

Loup Bureau détenu en Turquie dans "les pires conditions qui soient", selon son avocat

INTERVIEW - Martin Pradel poursuit le combat pour faire libérer le jeune journaliste français détenu depuis le 1er août, soit 50 jours, en Turquie pour "terrorisme".

Loup Bureau est détenu en Turquie depuis le 1er août 2017
Loup Bureau est détenu en Turquie depuis le 1er août 2017
Crédit : Bertrand Combaldieu/AP/SIPA

"Le pire qui puisse arriver à un journaliste, c'est d'être associé à un terroriste à vie et ne plus pouvoir voyager", résume l'avocat de Loup Bureau. C'est ce qui risque d'arriver à ce jeune journaliste français détenu en Turquie depuis le 1er août.

Ce jeudi 14 septembre, il est détenu depuis cinquante jours car soupçonné d'appartenir à "une organisation terroriste armée", dans les geôles de Sirnak, "à la frontière irakienne", une zone "sous couvre-feu où personne ne peut voyager", explique à RTL.fr Martin Pradel, avocat en France de Loup Bureau.

Les autorités turques lui reprochent une photo de lui posant avec des combattants Kurdes de Syrie dans le cadre d'un reportage réalisé en 2013. Le YPG est considéré par les autorités d'Ankara comme une organisation terroriste. Ce journaliste de 27 ans, passionné par son métier, "n'arrive pas à donner du sens à cette détention, poursuit son avocat. C'est très difficile pour son moral. Il est très affecté. Il ne comprend pas les suspicions".

Il est dans un isolement total

Martin Pradel, avocat de Loup Bureau

D'autant que l'avocat nous explique que son client est détenu "dans les pires conditions qui soient" du fait de son chef d'accusation : le terrorisme. "Il est complètement isolé, il n'a aucun contact avec l'extérieur, détaille-t-il. Il ne peut communiquer avec sa famille que quatre minutes tous les quinze jours et n'a le droit de quitter sa cellule de 6m² que pendant trente minutes dans la journée. Il est dans un isolement total". Aucun de ses proches ne peut se rendre dans cette zone sous couvre-feu.

À lire aussi

Les soutiens qu'il reçoit ne changent pas grand chose. Il a fallu quarante jours pour que les livres que sa famille lui avait envoyés lui parviennent enfin. De "la littérature classique", précise Martin Pradel. Loup Bureau est aussi au courant de l'engagement d'Emmanuel Macron, mais ne "se rend pas compte des soutiens. Il découvrira beaucoup de choses à sa sortie". 

Il risque 30 ans de prison

Martin Pradel, avocat de Loup Bureau

Quant à l'enquête en vue d'un procès, "elle avance extrêmement lentement", soupire l'avocat expliquant qu'elle doit prouver la condition de journaliste du détenu. Comme il a été arrêté à cause d'un reportage, maître Pradel souligne "l'absurdité" de cette situation

Le 13 septembre, les avocats ont reçu l'acte d'accusation, soit "une synthèse des charges pesant contre lui", explique-t-il sur Twitter, ce qui "clôt une première phase de l'enquête et ouvre la perspective d'un procès". Au pire, il risque la peine maximale pour l'accusation, à savoir "30 ans de prison". 

En attendant, ses avocats, en France et sur place, continuent le combat. Alors que la justice turque a confirmé, mercredi 6 septembre, le rejet de la demande de libération conditionnelle, Martin Pradel "entame les démarches pour saisir la cour constitutionnelle de Turquie, puis le haut-commissariat aux droits de l'Homme et la Cour européenne des droits de l'Homme." 

Comme les autres soutiens de Loup Bureau, Martin Pradel sera samedi 16 septembre à Bruxelles pour un rassemblement à l'occasion de ses 52 jours de détention. Un autre rendez-vous est également prévu à Nantes.

La rédaction vous recommande

 

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/