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Londres : quand Donald Trump exploite l'attentat à des fins politiques

REPLAY - Le président américain a créé la polémique en s'en prenant au maire de Londres après l'attaque terroriste dans la capitale anglaise.

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Londres : quand Donald Trump exploite l'attentat à des fins politiques Crédit Image : AFP / BRENDAN SMIALOWSKI | Crédit Média : Philippe Corbé | Durée : | Date : La page de l'émission
Philippe Corbé
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et Loïc Farge

Quelques minutes à peine après l'attaque, alors qu'on ne savait encore presque rien sur ce qui passait à Londres, s'il y avait des morts, si c'était un attentat terroriste, le président américain a envoyé un tweet depuis l'un de ses golfs dimanche 4 juin. Sans un mot pour les victimes, sans un mot pour les secours et les policiers, sans un seul mot pour les habitants de Londres ou les Britanniques en général. Sa première réaction, au sens de son premier réflexe, a été d'exploiter cette tragédie à des fins politiques, claironner qu'il avait raison avant tout le monde, et faire pression sur la justice américaine.

L'une des principales promesses de campagne, lancée juste après les attentats de Paris et San Bernardino, c'était d’interdire l'entrée du territoire aux musulmans, et ce qu'il appelait une "interdiction de voyager". Très vite, les conseillers les moins nationalistes autour de lui ont tenté de le convaincre que ça n'était pas possible, que c'était contraire aux valeurs et au droit américain.

Alors quelques jours après son investiture, Donald Trump a présenté une interdiction qui ne visait que sept pays musulmans. Elle a été cassée par des juges fédéraux. Il a présenté une version modifiée, à nouveau cassé, car les juges ont conclu que c'était une discrimination. "Nous devons être intelligents, vigilants et durs. Nous avons besoin que les cours de justice nous rendent nos droits. Nous avons besoin d’une interdiction de voyager comme niveau supplémentaire de sécurité", a-t-il écrit dans son message sur Twitter à propos de Londres.

Un peu plus tard, il a écrit un tweet pour attaquer le maire de Londres, Sadiq Khan, qu'il accuse de "minimiser" l'attentat.

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Il en a rédigé un autre pour dénoncer le "politiquement correct", puis un troisième pour attaquer ceux qui contestent la législation sur le port d'armes, en disant que les terroristes de Londres avaient "utilisé des couteaux et un véhicule". Entre-temps, il avait aussi envoyé un message pour offrir de l'aide aux Britanniques et appelé la Première Ministre Theresa May.

Mais ses déclarations intempestives, qui donnent l'impression qu'il cherchent à exploiter politiquement ici le nouvel attentat sur le sol britannique, font polémique aux États-Unis. Cela n'est pas tout à fait surprenant : à plusieurs reprises, il a fait de même avec les attentats en France.

Mais les diplomates de l'ambassade américaine à Londres - sans ambassadeur, car il n'a toujours pas été nommé - sont entrés en quelque sorte en dissidence contre leur président. Ils ont envoyé un communiqué pour saluer le maire de Londres, qui avait fait dire par son porte-parole qu'il avait "autre chose à faire que de répondre aux tweets" du président américain.

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