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Les membres du G8 divisés autour de la question de la réduction des déficits

Défendue par la France et l'Allemagne, l'instauration d'une "contribution sur les transactions financières" qui pourrait atténuer la diminution des aides publiques au développement, est loin de faire l'unanimité au sein des grandes puissances. La question sera abordée lors d'un sommet du G20 (les huit pays les plus industrialisés plus une douzaine d'Etats émergents) qui s'ouvre samedi soir pour 24 heures dans la ville canadienne de Toronto. Les Etats-Unis, soucieux d'empêcher toute entrave au capitalisme, n'aiment pas l'idée de cette taxe, mais sans eux, le projet risque le sur-place.

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Bénédicte Tassart
et La rédaction numérique de RTL

"Nous n'avons eu que des discussions bilatérales jusqu'à présent mais nous avons l'impression que les autres pays ne partagent pas l'attitude positive de l'Europe sur ce sujet", a reconnu vendredi la chancelière allemande, Angela Merkel.
  
Avec le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière est à l'origine d'une lettre commune récente au Premier ministre canadien Stephen Harper afin qu'il ajoute la question de cette nouvelle taxe au menu des sommets du G8 et du  G20 qui se tiennent jusqu'à dimanche au Canada.
  
"J'ai parlé avec le Premier ministre japonais et je dois dire qu'il n'y a pas de disposition à agir. J'espère que cela sera plus évident avec (le soutien) des pays émergents", a-t-elle ajouté.
 
Les Etats-Unis, le Canada, le Japon... sans ces trois poids lourds du G8, il  sera difficile de trouver un consensus sur la question, ardemment soutenue de leur côté de manière unanime par les organisations non gouvernementales travaillant en faveur du développement, ainsi que plusieurs syndicats.
  
"Plus de 150.000 citoyens du monde entier ont signé une pétition exigeant du  G20 qu'il crée cette taxe", soulignent dans un communiqué plusieurs ONG parmi lesquelles Oxfam, Attac ou Care.
  
Crise économique aidant, de nombreux pays développés - et la France n'est pas en reste - rognent sur leurs dépenses en matière d'aide publique au développement. Ils mettent aujourd'hui en avant le nouveau concept de "financements innovants" pour le développement, tout en se défendant de vouloir  les substituer à des aides publiques en régression.
  
Pour ses défenseurs, une taxe sur les transactions financières serait indolore. Certains parlent d'une taxe de 0,005% sur les flux de capitaux, les échanges boursiers, les transferts d'argent. Elle pourrait rapporter plusieurs dizaines de milliards de dollars chaque année, estiment-ils.
  
La création d'une telle taxe est un serpent de mer depuis 25 ans.
  
A l'image de la taxe sur les banques, destinée à alimenter un fonds de secours en cas de crise, certains comme l'Allemagne imaginent une création par les seuls pays intéressés. Mais si les grands centres boursiers mondiaux ne suivent pas, comme la City de Londres ou Wall Street, son application est difficilement envisageable.
  
"L'important c'est de se mettre d'accord sur des principes, d'assiettes, de destination. C'est là-dessus qu'il faut travailler même si l'on sait qu'il ne s'agira pas de la même taxe pour tout le monde", fait-on valoir à Paris.
  
Une cinquantaine de pays participent à un groupe de travail sur la création de cette taxe qui devrait faire l'objet d'un nouveau débat en septembre lors de  l'Assemblée générale des Nations unies.

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