3 min de lecture Grèce

Les dirigeants grecs calment le jeu et partent compter leurs alliés en Europe

Le nouveau gouvernement grec entame dimanche à Paris une tournée européenne afin d'engranger des soutiens dans sa croisade pour alléger le fardeau de sa dette, armé d'un discours plus policé pour tenter de rassurer ses créanciers.

Alexis Tsipras, le leader de Syriza, a été désigné le 26 janvier Premier ministre de la Grèce après être arrivé en tête des législatives grecques.
Alexis Tsipras, le leader de Syriza, a été désigné le 26 janvier Premier ministre de la Grèce après être arrivé en tête des législatives grecques. Crédit : ARIS MESSINIS / AFP
micro générique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Les dirigeants grecs doivent entamer ce dimanche une tournée européenne destinée à rallier le plus possible de pays contre les politiques d'austérité, face à une Allemagne toujours aussi intransigeante et après avoir joué l'apaisement.

Le Premier ministre Alexis Tsipras a demandé ce samedi dans un communiqué transmis par son bureau "du temps pour respirer", et a assuré "ne pas chercher le conflit". Comme il l'avait dit pendant sa campagne, le chef du parti de gauche radicale Syriza a promis de ne prendre aucune décision "unilatérale" concernant le sujet très épineux de la dette de son pays.

"Irresponsable"?

Dans une interview parue dans la matinée, la chancelière Angela Merkel lui a à nouveau signifié son refus de tout "effacement", même partiel, de la dette grecque, détenue pour l'essentiel par les Etats européens. Le président du Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, a même qualifié l'attitude du gouvernement grec d'"irresponsable". C'est contre cette ligne dure incarnée par Berlin que le parti antilibéral espagnol a mobilisé samedi à Madrid des dizaines de milliers de partisans, galvanisés par la victoire électorale de leur allié Syriza.

Pendant ce temps à Athènes, le bouillant ministre des Finances Yanis Varoufakis a tenté d'éteindre l'incendie qu'il avait allumé ce vendredi en rompant sèchement avec la "troïka". Cette délégation d'experts du FMI, de la BCE (Banque centrale européenne) et de l'Union européenne valide le versement des aides à la Grèce en évaluant sa politique économique et budgétaire.

Tournée européenne

À lire aussi
Deux avions Thomas Cook (illustration) insolite
VIDÉO - La faillite de Thomas Cook ruine le mariage d'un certain... Thomas Cook

Athènes prendra pour ce faire conseil auprès de la société franco-américaine Lazard, dont le vice-président pour l'Europe Matthieu Pigasse a plaidé publiquement ce vendredi en faveur d'un effacement de 100 milliards d'euros de cette dette.

C'est pour défendre aussi un vaste programme de relance (réembauche de fonctionnaires, hausse du salaire minimum, aide aux ménages pauvres) et la fin des privatisations, dont celle de l'emblématique port du Pirée, que Tsipras et Varoufakis entament une tournée dans les capitales européennes. Le ministre des Finances part dès ce samedi pour Paris.

Il rencontrera dimanche à 17h00 (16H00 GMT) son homologue Michel Sapin, qui a déjà dit son intention de jouer les "traits d'union" entre la Grèce et l'Allemagne, puis le ministre de l'Economie Emmanuel Macron. Il verra ensuite ses homologues britannique George Osborne à Londres ce lundi, et italien Pier-Carlo Padoan à Rome ce mardi. Tsipras commencera, quant à lui, ce dimanche par Chypre. Il ira ensuite lui aussi à Rome ce mardi, et à Paris ce mercredi.

Le camp de la rigueur donne de la voix

Pour l'instant, les ministres grecs n'ont pas prévu de se rendre à Berlin, et le dialogue de sourds se poursuit donc par voie de presse. Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a assuré dans une interview ce samedi : "Si j'étais un homme politique grec responsable, je ne mènerais pas de débats sur un allègement de la dette". L'Allemagne n'est pas seule : le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho a refusé toute "conférence qui serait proposée afin d'annuler ou de restructurer la dette".

A Berlin, on croit savoir que les pays baltes sont eux aussi partisans de la fermeté à l'égard de la Grèce. Ce camp de la rigueur a reçu ce samedi le soutien du gouverneur de la Banque centrale de Finlande Erkki Liikanen, membre de la direction de la BCE.

Tensions

Il a rappelé ce samedi que le plan d'aide à la Grèce "arrivait à échéance à la fin février, par conséquent une solution doit être trouvée, sinon nous ne pourrons continuer à prêter". A cette date, le plan prévoit le versement de 7,2 milliards d'euros, si Athènes a rempli ses engagements.

Mais elle ne fait rien en ce sens. Ainsi ce samedi soir le ministre de l'Economie George Stathakis a annoncé une loi instaurant "un allègement radical" de la dette des Grecs pauvres ne pouvant rembourser leurs emprunts bancaires, "avec de robustes critères sociaux". Or la Grèce ne semble guère pouvoir se permettre d'être lâchée par la BCE, qui soutient ses fragiles banques, elles-mêmes seule source de financement de l'Etat grec.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Grèce Europe Économie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants