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Législatives au Royaume-Uni : non, l'échec de Theresa May n'annule pas le Brexit

DÉCRYPTAGE - Le parti de la Première ministre britannique perd une douzaine de sièges et la majorité absolue au Parlement britannique, à dix jours des négociations pour un Brexit "dur" entre les 27 membres de l'Union européenne.

Theresa May perd sa majorité absolue avant de négocier le Brexit
Theresa May perd sa majorité absolue avant de négocier le Brexit
Crédit : AFP / Ben STANSALL
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin

May désavouée, le Brexit annulé ? Sûrement pas. Mais le résultat des élections législatives, totalement imprévu, bouleverse les projets de la Première ministre britannique et promet d'influer sur le processus de sortie de l'Union européenne par le Royaume-Uni. Theresa May doit faire face, à l'issue du scrutin tenu le 8 juin au Royaume-Uni, à la perte de sa majorité gouvernementale. Le parti travailliste, gagnant du scrutin, n'ayant pas fait campagne contre le Brexit, celui-ci n'est pas remis en cause. Mais la manière dont la sortie de l'UE va se dessiner peut, elle, être complètement bouleversée, car la marge de manœuvre de la Première ministre britannique se trouve désormais considérablement réduite. 

"Le problème, c'est quelle va être la ligne de Theresa May ?", affirme Jean Quatremer, journaliste à Libération, auteur du blog Les Coulisses de Bruxelles. "Car elle a convoqué ces élections pour avoir les mains libre vis-à-vis de son propre parti", rappelle-t-il. Theresa May avait en effet convoqué ces élections législatives anticipées dans le but d'obtenir une majorité renforcée pour négocier la sortie de l'Union européenne. Mais le résultat escompté est tout sauf au rendez-vous. "Theresa May est dans une seringue, elle est totalement affaiblie", commente Jean Quatremer. Tandis qu'elle a annoncé ce 9 juin que les négociations à 27 sur le Brexit étaient bel et bien maintenues, force est de constater que sa marge de manœuvre est désormais réduite.

Un partenaire "faible" pour négocier le Brexit

Même si dans les faits les tories de la Première ministre ont remporté l'élection, le Labour de Corbyn est parvenu à mobiliser les Britanniques - les jeunes notamment - qui ne veulent pas d'un hard Brexit. Theresa May va devoir composer avec ce résultat. Deux options s'offrent désormais à elle, à dix jours des négociations. Toutefois, aucune des deux issues ne lui garantit une majorité à la Chambre des Communes. 

Si elle se montre dure, la cheffe du gouvernement se heurtera à la coalition des pays membres de l'UE, dont elle espérait à un moment donné une division sur la question. "Mais cette division ne s'est jamais produite", analyse Jean Quatremer. Au contraire, si la résidente du 10 Downing street se montre plus souple que prévu, elle n'aura pas l'appui de son parti, qui compte de nombreux hard-Brexiteurs, partisans d'un Brexit ferme et sans concession. "Cela rend très compliqué les négociations, ça en fait un partenaire imprévisible", estime le journaliste.

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Le danger le plus grand est une absence d'accord. "Dans ce cas, ce sera une sortie brutale, abrupte, sans concessions" de l'Union européenne, prévient Jean Quatremer, qui estime qu'"une grande partie des Britanniques n'a pas pris la mesure de la tâche qui les attend" avec ce Brexit. De leur côté, les acteurs européens se frottent les mains. Pierre Moscovici, commissaire français à la Commission de Bruxelles, estime que Theresa May se trouve "dans une situation moins simple" pour négocier le Brexit à la manière dont elle l'entendait. Pour son homologue allemand, Günther Oettinger, Londres est désormais un partenaire "faible" et "mauvais" pour les négociations à venir.

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