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Le pape François demande aux prêtres de pardonner l'avortement

François veut permettre le pardon des catholiques qui se repentent d'un geste venu soulage "l'injustice" vécue par de nombreuses femmes.

Le pape François lors de son Angelus du 30 août 2015, place Saint-Pierre à Rome
Le pape François lors de son Angelus du 30 août 2015, place Saint-Pierre à Rome Crédit : ALBERTO PIZZOLI / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

Le pape François a demandé mardi 1er septembre 2015 aux prêtres, pendant le "Jubilé de la miséricorde" qui débutera en décembre, d'accorder le pardon aux catholiques repentants qui ont avorté ou provoqué l'avortement, dans un geste qui veut soulager "l'injustice" vécue par de nombreuses femmes. Dans une lettre adressée à l'organisateur de cette "Année Sainte" (ou Jubilé), le prélat italien Rino Fisichella, le pape François a annoncé diverses dispositions concrètes pour que la possibilité de voir ses fautes pardonnées (ce que permet un jubilé dans la tradition catholique) bénéficie au plus grand nombre.

La disposition la plus frappante concerne l'avortement : le pape, qui a qualifié l'avortement d'"horreur", déclare avoir "décidé, nonobstant toute chose contraire, d'accorder à tous les prêtres, pour l'Année jubilaire, la faculté d'absoudre du péché d'avortement tous ceux qui l'ont provoqué, et, qui,  le cœur repenti, en demandent pardon". Cette catégorie inclut les médecins et les membres des familles qui obligent une femme à avorter. Pour ces femmes, "le pardon de Dieu à quiconque s'est repenti ne peut être nié", ajoute le pape, d'autant plus, dit-il, si celles-ci demandent à recevoir le sacrement de confession.

"Un drame existentiel et moral" pour le pape

François exprime sa sensibilité particulière à ce "drame". "Le drame de l'avortement est vécu par certains avec une conscience superficielle, qui semble ne pas se rendre compte du mal très grave qu'un tel acte comporte". 
Mais, ajoute-t-il, "beaucoup d'autres, en revanche, bien que vivant ce moment comme un échec, considèrent ne pas avoir d'autres voies à parcourir. Je pense à toutes les femmes qui ont eu recours à l'avortement". "Je connais bien les conditionnements qui les ont conduites à cette décision. Je sais qu'il s'agit d'un drame existentiel et moral. J'ai rencontré de nombreuses femmes qui portaient dans leur cœur la cicatrice de ce choix difficile et douloureux. Ce qui a eu lieu est profondément injuste", insiste François. 

En vertu du droit canon de l'Eglise, l'avortement est une faute particulièrement grave punie d'excommunication automatique, à moins qu'il n'ait eu lieu sous la contrainte. Le pape ne cesse de condamner l'acte lui-même. En mai dernier, Mgr Fisichella avait déjà annoncé que l'avortement ferait partie des péchés pouvant être pardonnés pendant le Jubilé, mais en indiquant qu'un nombre limité de prêtres, "missionnaires de la miséricorde", seraient habilités à accorder ce pardon dans le monde. Des évêques peuvent déjà autoriser certains ou tous les prêtres de leur diocèse à pardonner cette faute, au cours d'événements religieux particuliers.

Une mère excommuniée pour avoir fait avorter sa fille de 9 ans violée

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En 2009, une polémique avait éclaté quand le Vatican avait soutenu l'archevêque de Recife, au Brésil, qui avait excommunié une mère et des médecins ayant fait avorter une fillette de neuf ans, violée par son beau-père. François, dans sa lettre, ordonne que d'autres catégories bénéficient du pardon, alors qu'elles en sont empêchées par les circonstances. Conformément à la tradition constante des Jubilés, les croyants doivent normalement accomplir un court pèlerinage qui les fait traverser une "porte sainte" d'une cathédrale ou d'une église jubilaire, afin de voir leurs fautes effacées. 

Le pape annonce notamment que les personnes détenues, "dans les chapelles des prisons, pourront obtenir l'indulgence". "Chaque fois qu'elles passeront par la porte de leur cellule, en adressant leur prière au Père, puisse ce geste signifier pour elles le passage de la Porte Sainte, car la miséricorde de Dieu est en mesure de transformer les barreaux en expérience de liberté", écrit-il. Il mentionne aussi "les malades et les personnes âgées et seules que leurs conditions empêchent de sortir". Ils pourront obtenir "l'indulgence jubilaire" en participant aux messes et aux prières "à travers les divers moyens de communication".

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