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Le pape appelle Cuba à s'ouvrir à l'Église et aux États-Unis

REPLAY - Accueilli par des dizaines de milliers de personnes, le pape François a entamé, samedi 19 septembre, sa première visite à Cuba par un plaidoyer en faveur d'une ouverture accrue de l'île vis-à-vis de l'Église et des États-Unis.

Stephane Carpentier RTL Week-end Stéphane Carpentier iTunes RSS
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Un accueil des plus fervents pour le pape François à Cuba Crédit Image : TONY GENTILE / POOL / AFP | Crédit Média : Marie Guerrier / RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Arièle Bonte
Arièle Bonte
et AFP

Peu après son arrivée à l'aéroport José Marti de La Havane ce samedi 19 septembre, le pape François a demandé dans un bref discours des "moyens" pour que l'Église puisse agir "dans la liberté" sur l'île. L'action de ses institutions y est encore bridée par les autorités communistes, notamment au niveau de l'éducation.

"Nous voulons aujourd'hui renouveler ces liens de coopération et d'amitié pour que l'Église continue d'accompagner et d'encourager le peuple cubain dans ses espérances et dans ses préoccupations, dans la liberté et avec les moyens" de mener à bien sa mission, a déclaré le souverain pontife devant le président Raul Castro.
Juste après son discours, François a parcouru à bord d'une "papamobile" et sous les vivats de dizaines de milliers de personnes venues le saluer les quelque 18 kilomètres séparant l'aéroport de la nonciature apostolique. C'est en effet à l'ambassade du Vatican qu'il doit se reposer après un long voyage de 12 heures.

Le pont de la paix

Parmi la foule, beaucoup de Cubains brandissaient des portraits du pape et des fanions aux couleurs de leur pays. On a aussi pu voir des pancartes sur lesquelles étaient inscrits les mots : "Francisco, te queremos" ("François, nous t'aimons").

L'étape cubaine est la première d'un déplacement de huit jours qui conduira également Jose Bergoglio aux États-Unis, pays engagé dans un dégel avec l'île communiste. Au sujet du rapprochement cubano-américain, dans lequel le pape a joué un rôle décisif, François a "encouragé" Cubains et Américains à "continuer sur ce chemin et à développer toutes leurs potentialités". 

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Dans son discours, il a appelé le monde à la "réconciliation" face à une atmosphère de "troisième guerre mondiale" selon lui en train de se produire "par étapes". De son côté, Raul Castro a souhaité une "chaleureuse bienvenue" au pape et l'a remercié "pour son appui au dialogue avec les États-Unis".

Le programme de dimanche

Pour sa première visite sur l'île, le premier pape latino-américain de l'Histoire sera jusqu'à mardi à La Havane, Holguin (nord-est) et Santiago (sud-est). C'est la troisième fois qu'un pape visite Cuba en 17 ans, après Jean Paul II (1998) et Benoît XVI (2012). Un traitement privilégié pour un petit pays, dont 10% de la population se revendique catholique, même si le nombre des baptisés est bien plus important. Beaucoup mélangent en effet cultes afro-cubains et catholicisme.

Son grand rendez-vous de dimanche avec les Cubains sera la messe sur la place de la Révolution à La Havane, où sont attendus des milliers de fidèles et de curieux. Le pape rencontrera ensuite le président cubain. Une entrevue avec le vieux "lider maximo" Fidel Castro pourrait aussi avoir lieu le même jour. 

Après la capitale, le pape se rendra dans d'autres lieux symboliques : il bénira ainsi d'une colline, la Loma de la Cruz, la ville d'Holguin, fondée par un conquistador espagnol au XVIe siècle. À Santiago, le grand port tout à l'ouest de l'île, il rencontrera les évêques et récitera une prière pour l'avenir de Cuba.

Une visite critiquée

Avant la visite, dans un entretien avec la chaîne de télévision du Vatican CTV, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'Etat et numéro deux du Vatican, a  espéré que la libéralisation économique attendue après la levée de l'embargo américain imposé à Cuba depuis 1962 "puisse conduire aussi à une plus grande ouverture du point de vue des droits de l'Homme". Certaines voix se sont élevées pour déplorer qu'avec la réconciliation entre l'Église et le régime castriste, les dissidents ne soient plus aussi écoutés. Le pape ne prévoit en effet pas de les recevoir séparément. 

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