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Gabon : la situation dégénère et inquiète la communauté internationale

De violents affrontements ont éclaté dans la capitale Libreville depuis la réélection d'Ali Bongo.

Les affrontements entre la population et les forces de sécurité s'intensifient depuis la réélection d'Ali Bongo
Les affrontements entre la population et les forces de sécurité s'intensifient depuis la réélection d'Ali Bongo
Crédit : MARCO LONGARI / AFP
Sur RTL, l'opposant Jean Ping raconte l'assaut des forces de sécurité gabonaises contre son QG et lance un appel
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Michael Ducousso & AFP

La réélection du président Ali Bongo a mis le feu au Gabon. Dans la capitale, Libreville, de nombreux affrontements entre les forces de sécurité et les manifestants ont fait des blessés et d'importants dégâts. D'après le journaliste de l'Agence France Presse présent sur place, six personnes, victimes de blessures par balles ont été accueillies à la polyclinique Chambrier et ce premier bilan pourrait s'alourdir. 

En effet, dans la nuit de mercredi à jeudi 1er septembre, l'opposant gabonais Jean Ping a affirmé que son QG de campagne avait été attaqué par les forces de l'ordre :  "Vers 1h du matin notre quartier général a été attaqué, bombardé par hélicoptères. Puis les troupes au sol sont arrivées, ont pénétré à l'intérieur de notre QG, ont tout cassé, enregistré des gaz lacrymogènes. Nous avons enregistré deux morts et plusieurs blessés. Et il est interdit à la Croix Rouge d'entrer dans le bâtiment", a-t-il déclaré. "Nous avons le sentiment qu'il y a non-assistance à peuple en danger", a poursuivi Jean Ping, qui lance un appel "à toute la communauté internationale, et à la France en particulier".

L'ONU appelle au calme

Zacharie Myboto, le président du parti Union nationale présent sur place a précisé : "Depuis près d'une heure, tout le bâtiment est encerclé. Ils veulent rentrer dans l'immeuble, ils lancent des grenades lacrymogènes, ils tirent (...). Ce sont des violences extrêmes. Cela va être un carnage s'ils tirent dans l'obscurité", car l'électricité a été coupée.

Alors que la situation dégénère, la communauté internationale lance des appels au calme. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a ainsi exprimé "sa profonde préoccupation" devant les incendies volontaires et les affrontements et a exhorté "tous les dirigeants politiques concernés et leurs partisans à s'abstenir de tout autre acte susceptible de porter atteinte à la paix et à la stabilité du pays". Le représentant des Nations-Unis a également appelé les autorités "à s'assurer que les forces de sécurité exercent la plus grande retenue face aux manifestations".

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Alors que les tensions sont à leur comble, Ban Ki-moon espère que les dirigeants politiques vont choisir de "résoudre pacifiquement leurs différends et régler tout grief qui pourrait survenir à travers les moyens juridiques et constitutionnels existants". Le secrétaire général a d'ailleurs demandé à son représentant spécial pour l'Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, "d'accompagner les acteurs politiques gabonais dans leurs efforts visant à apaiser la situation et à résoudre pacifiquement les questions litigieuses émanant du processus électoral".  

Les États-Unis prônent la transparence

Les États-Unis ne cachent pas non plus leur inquiétude vis-à-vis du scrutin gabonais et de ses conséquences. Pour apaiser les tensions, le porte-parole du département d'État, John Kirby a préconise une transparence totale des résultats du vote, tout comme la France et l'Union européenne. "Nous appelons le gouvernement gabonais à publier les résultats de chaque bureau de vote. Cela aidera le peuple du Gabon, de même que la communauté internationale, à avoir confiance dans le fait que le décompte des votes annoncé est bien juste", a précisé le représentant américain en précision que "les élections doivent refléter de manière crédible la volonté du peuple" mais que "quiconque veut contester les résultats doit le faire de manière pacifique et en respectant le système légal gabonais". 

Selon la commission électorale Ali Bongo Ondimba, 57 ans, a été réélu président pour un deuxième septennat avec 49,80% des suffrages devant son rival Jean Ping (48,23%), 73 ans, ex-cacique du régime du défunt Omar Bongo, le père d'Ali. Cet écart marginal représente une différence de voix de 5.594 voix, sur un total de 627.805 inscrits, dans ce petit pays pétrolier d'à peine 1,8 million d'habitants. Le président sortant devrait sa réélection à son score écrasant dans son fief familial, le Haut-Ogooué, où il aurait obtenu 95,46% pour plus de 99% de participation.

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