1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. La Grèce peut-elle encore sauver la situation ?
3 min de lecture

La Grèce peut-elle encore sauver la situation ?

Après un nouvel échec des négociations dimanche, les discussions entre la Grèce et ses créanciers semblent au bord de la rupture.

Le ministre de l'Économie grec Yanis Varoufakis et le Premier ministre grec Alexis Tsipras le 18 février 2015. (archives)
Le ministre de l'Économie grec Yanis Varoufakis et le Premier ministre grec Alexis Tsipras le 18 février 2015. (archives)
Crédit : LOUISA GOULIAMAKI / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Au lendemain d'un nouvel échec des négociations sur la poursuite du financement du pays, les rapports entre la Grèce et l'Union européenne et le FMI semblent au bord de la rupture. "On est à la limite du temps disponible pour sauver la situation", a confié une source européenne à l'AFP. La Grèce doit en effet rembourser le 30 juin prochain 1,6 milliard d'euros de prêts du FMI. Sans le dernier versement d'aide de 7,2 milliards d'euros, elle risque fort de ne pouvoir honorer ses dettes.

Suspendu depuis l'été dernier, ce dernier versement d'aide est lié à un accord avec les créanciers sur une série de réformes que doit mener la Grèce. Or, la politique promise par Alexis Tsipras avant son arrivée au pouvoir en janvier ne correspond pas à ce qu'exige le FMI et l'UE, et ce dernier a récemment rejeté le plan "absurde" de réformes de ses créanciers.

Des propositions grecques "incomplètes"

La séance de négociations organisée ce week-end à Bruxelles était vue comme une "dernière tentative" pour "trouver une solution avec le Premier ministre" grec. Étaient réunis des négociateurs grecs proches d'Alexis Tsipras, le chef de cabinet du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, Martin Selmayr, des représentants du MES, le fonds de soutien de la zone euro. Mais "les Grecs sont venus les mains dans les poches", a estimé, amère, une source proche des négociations. "Ils ont un seul leitmotiv: avoir une négociation politique", a-t-elle ajouté, c'est-à-dire dans le cadre d'un sommet européen, dont le prochain est programmé fin juin.

Les discussions se sont conclues ce dimanche 14 juin au bout de 45 minutes seulement, sans l'ombre d'un accord, en raison de "divergences importantes" qui subsistent entre les deux parties. "Les propositions grecques restent incomplètes", a insisté un porte-parole de la Commission, indiquant qu'il manque "jusqu'à deux milliards d'euros" d'efforts budgétaires annuels pour qu'Athènes obtienne l'aide financière qui peut lui éviter l'asphyxie. Le patron de la Commission européenne avait pourtant redoublé d'efforts pour tenter d'arracher un accord, après avoir rencontré plusieurs fois dans la semaine Alexis Tsipras.

Le temps et la patience commencent à manquer

À lire aussi

Le principal point sur lequel se focalisent les négociateurs est le niveau de l'excédent budgétaire primaire (calculé hors du service de la dette), dont dépend le montant des économies ou des recettes supplémentaires à réaliser en Grèce.  Les créanciers demandent qu'il atteigne 1% cette année. Athènes a laissé entendre qu'il pouvait concéder 0,9% d'excédent pour 2015, mais refuse une baisse des salaires ou des retraites ou des augmentations de la TVA sur l'électricité.

Or, pour le FMI, il est impossible d'atteindre un tel excédent sans réforme des retraites et hausse de la TVA, a rappelé son chef économiste, Olivier Blanchard, tout en invitant les Européens à faire un geste sur la dette grecque. Un accord sur la Grèce nécessitera des "décisions difficiles" de la part des autorités d'Athènes mais également de la part des Européens, a écrit ce dernier sur son blog.

Les Européens se refusent à envisager un allègement de la dette grecque,
réclamé par Athènes, et se concentrent uniquement dans l'immédiat sur les réformes censées ramener le pays sur les rails. "Nous voulons aider la Grèce et la maintenir dans la zone euro. Cependant, non seulement le temps commence à manquer, mais partout en Europe, la patience également", a déclaré le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel (social-démocrate). "À travers toute l'Europe, il y a le sentiment croissant que ça suffit!", a-t-il martelé dans des commentaires cités par Bild.

Réclamations "irrationnelles"

À Athènes, on a imputé l'échec des négociations aux réclamations "irrationnelles" des créanciers, en particulier du FMI, accusé d'avoir une position "intransigeante et dure". Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis estime toutefois dans les colonnes de Bild qu'un accord reste possible. "Un accord peut être conclu en une nuit. Mais la chancelière (allemande Angela Merkel) doit être là". Le gouvernement du Premier ministre Alexis Tsipras veut éviter un Grexit, une sortie de la Grèce de la zone euro, a assuré le ministre au quotidien allemand. "Je considère que le Grexit n'est pas une solution sensée, mais tout ne peut pas être exclu, de même que je ne peux pas exclure qu'une comète touche un jour la Terre", a-t-il dit.

Les rencontres reprendront ce jeudi dans le cadre de l'Eurogroupe, le cénacle des ministres des Finances de la zone euro, en présence de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

La rédaction vous recommande











 




Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/