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La Grande-Bretagne donne le coup d'envoi du Brexit

Les députés britanniques ont adopté le projet de loi autorisant Theresa May à activer la sortie de l'UE, lundi 13 mars.

Theresa May, Premier ministre britannique, le 3 mars 2017 à Glasgow, en Écosse.
Theresa May, Premier ministre britannique, le 3 mars 2017 à Glasgow, en Écosse. Crédit : Andy Buchanan / AFP
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

L'heure est grave à la Chambre des communes. Les députés britanniques ont approuvé lundi 13 mars la loi autorisant le gouvernement britannique à activer l'article 50 du Traité de Lisbonne qui déclenchera le divorce d'avec l'Union européenne. La chambre des Communes a rejeté les deux amendements introduits par la chambre des Lords qui doit maintenant donner à son tour son accord final à la loi. 

Le ministre du Brexit, David Davis, a exhorté dimanche 12 mars les députés à ne pas "lier les mains" du Premier ministre avant l'entame des négociations devant marquer la fin de plus de quarante ans d'une relation tourmentée, les invitant à rejeter les deux amendements déposés par les Lords. Ces derniers réclament la protection des droits des trois millions d'Européens vivant au Royaume-Uni et souhaitent que le Parlement ait le dernier mot sur l'accord final avec Bruxelles. Mais il est fort probable que les députés s'opposent à ces amendements.

Le Royaume-Uni contre une Europe divisée

Theresa May, qui surfe sur une vague de popularité, s'est engagée à activer avant fin mars l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui lancera le compte à rebours des deux années de négociations, après le référendum du 23 juin ayant décidé le Brexit. "Nos partenaires européens m'ont fait clairement comprendre qu'ils voulaient aller de l'avant avec les négociations, et moi également", a-t-elle lancé jeudi 9 mars à Bruxelles. Les dirigeants des 27 autres États membres pourraient dès lors se réunir le 6 avril pour un sommet visant à définir des "lignes directrices" des négociations à venir. Les Européens chercheront à faire corps, face à des Britanniques susceptibles d'exploiter les divisions au sein du bloc.

Les gros sous risquent de s’immiscer les débats. Bruxelles pourrait ainsi exiger des Britanniques jusqu'à 60 milliards d'euros, un montant correspondant aux engagements déjà pris par Londres en termes de contribution au budget européen. Autre sujet brûlant : le sort des Européens installés outre-Manche. Theresa May refuse pour l'heure de garantir leurs droits avant d'avoir obtenu des assurances similaires pour le 1,2 million de Britanniques vivant dans l'UE.

"Divorce le plus complexe de l'histoire"

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Les négociations sont censées durer deux ans, mais la tâche sera colossale pour venir à bout du "divorce le plus complexe de l'histoire", selon l'ancien ministre conservateur William Hague. Londres et Bruxelles devront se défaire de plus de quatre décennies de relation commune, au moment même où le Vieux Continent célébrera le 60e anniversaire du Traité de Rome, censé marquer une nouvelle étape dans la construction européenne.

L'hypothèse d'un échec des négociations entre les deux parties n'est d'ailleurs pas exclue. "Nous nous préparons à toutes les issues possibles", a affirmé dimanche le ministre du Brexit. Et Theresa May a, elle, prévenu qu'elle préférait "pas d'accord" à un "mauvais accord" avec Bruxelles. Mais le déclenchement du Brexit menace aussi la cohésion du royaume, avec le spectre d'un nouveau référendum d'indépendance en Ecosse, qui a majoritairement voté pour rester dans l'Union, après celui de 2014.

Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise et chef des indépendantistes du SNP, devait faire une déclaration en fin de matinée lundi à ce propos. Celle qui réunira ses troupes vendredi et samedi à Aberdeen pour le congrès du Parti national écossais, fait valoir qu'une sortie de l'UE justifierait une nouvelle consultation et a jugé "logique" qu'elle se tienne à l'automne 2018. S'il n'est pas encore majoritaire, le soutien à l'indépendance semble avoir progressé ces derniers mois et selon un sondage BMG publié lundi, 48% des Écossais y sont aujourd'hui favorables.

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