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La Cour suprême valide le décret migratoire de Donald Trump

Elle s'est toutefois opposée à sa politique de "tolérance zéro" à l'immigration illégale, faute de place dans les centres de détention américains.

Philippe Corbé Un Air d'Amérique Philippe Corbé
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La Cour suprême offre une grande victoire à Donald Trump sur son décret migratoire Crédit Image : MANDEL NGAN / AFP | Crédit Média : Philippe Corbé | Durée : | Date : La page de l'émission
Caroline Drzewinski
Caroline Drzewinski
et AFP

Une victoire symbolique pour Donald Trump. À l'issue d'une âpre bataille judiciaire, la Cour suprême américaine a validé mardi 26 juin son décret migratoire controversé. Elle a toutefois suspendue sa politique de "tolérance zéro" à l'immigration illégale, faute de place pour détenir les familles arrêtées à la frontière mexicaine. 

Une décision que le président américain a célébré sur Twitter. Il a salué "une fantastique victoire" après "des mois d'hystérie" de la part des médias et des démocrates, en promettant de défendre "la souveraineté et la sécurité du peuple américain". 

En effet, Donald Trump avait dû reculer sur sa mesure phare contre les arrivées de migrants d'Amérique centrale. Les poursuites systématiques engagées contre les parents traversant la frontière avec leurs enfants avaient abouti à la séparation de plus de 2 300 mineurs, provoquant un tollé international. 

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Le jugement de la Cour suprême, pris à la majorité de cinq juges conservateurs, entérine l'interdiction permanente d'entrée sur le territoire américain aux ressortissants de six pays, pour la plupart à majorité musulmane. La haute cour estime que Donald Trump n'a fait qu'user de façon légitime ses prérogatives en matière d'immigration. De plus, " l'État a mis en avant une justification suffisante en termes de sécurité nationale". 

"L'une des plus grandes erreurs de la Cour suprême"

Le texte est la troisième mouture d'un décret qui avait provoqué l'indignation internationale en entrant en vigueur en janvier 2017, une semaine après l'entrée en fonction de Donald Trump. Cette dernière version ferme les frontières américaines à près de 150 millions de personnes, ressortissantes des pays suivants: Yémen, Syrie, Libye, Iran, Somalie et Corée du Nord. Elle bloque aussi l'entrée de certains responsables gouvernementaux du Venezuela. 

Ses opposants dénonçaient un "décret antimusulman" alors que la Constitution américaine interdit la discrimination religieuse. Une thèse vivement combattue par le gouvernement. "Un observateur raisonnable conclurait que le décret était motivé par un préjugé antimusulman", a d'ailleurs écrit la juge Sonia Sotomayor dans un argumentaire de désaccord joint à l'arrêt. 

Donald Trump avait justifié son décret par des impératifs de sécurité nationale, martelant qu'il visait à empêcher l'entrée de "terroristes étrangers". Pourtant, depuis les attentats du 11 septembre 2001, les attaques les plus graves aux États-Unis ont été commises soit par des Américains, soit par des personnes ne venant pas des pays visés par le décret. 

Une incohérence qu'a souligné Omar Jadwat. Cette décision "s'inscrira dans l'Histoire comme l'une des plus grandes erreurs de la Cour suprême", a estimé le militant de l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), qui avait appelé à une manifestation devant le siège de la Cour. 

Une politique "inhumaine, déraisonnable et illégale"

Autre point clé de la politique migratoire de Donald Trump, la "tolérance zéro" à la frontière américano-mexicaine demeure un sujet épineux. Confronté aux critiques, le président a fait volte-face et a ordonné la semaine dernière l'abandon de la mesure de séparation des familles. Pourtant, la confusion règne toujours sur le sort des nombreux mineurs éloignés de leurs proches ainsi que sur les modalités d'éventuelles retrouvailles. 

La police aux frontières (CBP) a aussi admis lundi 25 juin que les poursuites étaient momentanément suspendues contre les migrants venus avec leurs enfants, faute de lieux pour détenir les familles. Les adultes traversant illégalement la frontière sans enfants seront toujours poursuivis, a toutefois précisé un responsable du CBP. Des mesures que Donald Trump jugent insuffisantes. Il a affirmé vouloir que les clandestins arrêtés à la frontière soient expulsés "immédiatement" sans passer devant un juge.  

Une intransigeance vivement critiquée. Les procureurs généraux de 18 États américains ont porté plainte, affirmant que cette séparation est "inhumaine, déraisonnable et illégale"
Des mères demandant l'asile politique ont aussi déposé plainte, affirmant avoir été séparées "de force de leurs enfants". Elles décrivent notamment les conditions "inhumaines" dans les centres de la police de l'immigration (ICE). 

Le Congrès dans l'impasse

La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a de son côté affirmé lundi que la "tolérance zéro" restait en vigueur. "Nous ne changeons pas de politique (...), nous manquons simplement de ressources", a-t-elle dit, alors que l'armée a été appelée à l'aide pour héberger les migrants

Au final, la question doit être réglée par le Congrès, qui restait mardi embourbé dans ses tractations. La Chambre des représentants doit voter mercredi sur une réforme de l'immigration censée mettre un terme définitif aux séparations, en autorisant le maintien des familles de migrants en centre de rétention pendant la procédure judiciaire. 

Mais celle-ci semblait vouée à l'échec malgré une majorité républicaine, faute de consensus entre son aile conservatrice et modérée. Un autre texte, portant uniquement sur la fin des séparations, pourrait aussi être proposé mais l'opposition démocrate dénonce la perspective de détentions "indéfinies" pour les familles

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La Cour suprême valide le décret migratoire de Donald Trump
La Cour suprême valide le décret migratoire de Donald Trump
Elle s'est toutefois opposée à sa politique de "tolérance zéro" à l'immigration illégale, faute de place dans les centres de détention américains.
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2018-06-27 02:10:00
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