2 min de lecture Justice

L'ONG Sherpa porte plainte contre Lafarge pour financement du terrorisme

Le cimentier français est soupçonné d'arrangements financiers avec l'État islamique en Syrie pour maintenir le fonctionnement de son site près d'Alep.

Le groupe français Lafarge (illustration)
Le groupe français Lafarge (illustration) Crédit : FRANCK FIFE / AFP
François Quivoron
François Quivoron
et AFP

Le cimentier français Lafarge est visé par une plainte déposée à Paris par l'ONG Sherpa, notamment pour financement du terrorisme, après les révélations du journal Le Monde sur de possibles arrangements avec l'organisation État islamique pour faire fonctionner un site en Syrie. "Ce que nous dénonçons, c'est l'obsession d'une entreprise de maintenir une activité profitable au risque de devoir rendre des comptes et que soient mises au jour des liaisons pour le moins dangereuses avec ceux qui sont perçus comme les pires ennemis de l'humanité", a expliqué William Bourdon, le président de l'ONG.

La plainte avec constitution de partie civile a été déposée mardi 15 novembre auprès du doyen des juges d'instruction, au nom de Sherpa, association spécialisée dans la "défense de victimes de crimes économiques", du Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l'Homme (ECCHR) et de onze anciens employés du groupe en Syrie, pour obtenir l'ouverture d'une information judiciaire. Elle vise des faits de financement du terrorisme, complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, mise en danger, exploitation abusive du travail et négligence.

Une politique cynique faite d'aveuglement et de surdité

William Bourdon, président de l'ONG Sherpa
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Dans un article publié en juin dernier, Le Monde avait révélé "les troubles arrangements" de Lafarge avec Daech pour que l'une de ses cimenteries, située près d'Alep, continue de fonctionner. Avec notamment des garanties d'accès au site pour ses employés, en missionnant un intermédiaire pour obtenir des laissez-passer aux checkpoints contrôlés par des membres du groupe État islamique. "Nous demandons que soient tirées les conséquences d'une politique cynique faite d'aveuglement et de surdité, conduisant à des échanges commerciaux et financiers entre Lafarge Cement Syria sous le contrôle de sa maison-mère avec un groupe qui avait déjà amorcé la commission de grands crimes internationaux", a indiqué William Bourdon.

Lafarge, qui a fusionné avec le Suisse Holcim en 2015 pour devenir le leader mondial de son secteur, avait assuré en juin qu'il examinerait les faits révélés par Le Monde, après avoir affirmé que sa priorité absolue avait été la sécurité de ses personnels. En juillet, la mission parlementaire sur les moyens du groupe jihadiste affirmait dans son rapport que "rien" ne permettait d'établir que Lafarge ait pu "participer directement ou indirectement, ni même de façon passive, au financement de Daech".

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