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L'Iran, un réel eldorado pour les entreprises françaises ?

ÉDITO - Renault a signé lundi 7 août un nouvel accord en Iran pour y augmenter ses capacités de production. Ce n'est pas la première entreprise française à s'intéresser au pays.

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L'Iran, un réel eldorado pour les entreprises françaises ? Crédit Image : Behrouz MEHRI / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Bénédicte Tassart
Journaliste RTL

Un vrai eldorado pour les entreprises françaises en Iran ? Renault a signé un nouvel accord en Iran pour y augmenter ses capacités de production. Les entreprises françaises se précipitent dans ce pays. L'Iran, ce sont 80 millions d'habitants, une croissance prévue à plus de 5% cette année, les deuxièmes réserves mondiales de gaz après la Russie, les quatrièmes réserves mondiales de pétrole de la planète... Et puis l'Iran, c'est un pays à reconstruire. Et c'est possible de s'y réinstaller depuis la levée des sanctions internationales, depuis l'accord sur le nucléaire entré en vigueur il y a maintenant plus de 18 mois. 

L'Iran veut donc l'aide des entreprises occidentales pour se reconstruire. Et il y a du travail. Notamment pour les firmes françaises : Total a réalisé le plus gros investissement étranger en Iran le mois denier. Il a ratifié un accord gazier à un milliard de dollars avec Téhéran, en coopération avec des Chinois. Total est présent en Iran depuis 1954. Renault et PSA ont été les premiers industriels à revenir une fois les sanctions internationales levées. L'Iran veut produire 2 millions de véhicules d'ici 3 ans. Le pays a déjà un taux de 200 voitures pour 1.000 habitants, la moyenne mondiale se situe à 160, c'est dire l’intérêt des Iraniens pour acheter une voiture. 

Renault vise 20% du marché iranien d'ici 2020

Avec son deal signé lundi, Renault vise 20% du marché iranien d'ici 2020, 4 fois plus qu'en 2015. Et puis l'Iran peut devenir une base d'exportation d'automobiles vers le Moyen-Orient. Airbus peut également profiter de l'aubaine iranienne. La flotte des avions commerciaux du pays est totalement dépassée, les compagnies aériennes peuvent être des clientes de taille.

Bouygues et Vinci s’intéressent quant à eux aux infrastructures de transports, en très mauvais état. Mais pour l'instant, le contrat de Bouygues pour reconstruire l'aéroport de Téhéran est bloqué. Les choses ne sont pas si faciles. L'obstacle, c'est Donald Trump. Les États-Unis ont bien été d'accord pour lever les sanctions internationales mais le nouveau président américain est un fervent opposant du rapprochement avec l'Iran. Il accuse ce pays de jouer un double jeu avec le terrorisme, de blanchir de l'argent. 

Pas de banque, pas de financement

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La réélection du président sortant Hassan Rohani face aux ultraconservateurs n'a pas rassuré Washington. Résultat : si les entreprises occidentales se pressent au portillon iranien, on ne trouve pas de banque, et donc pas d'argent pour financer tous ces projets. Les grands établissements financiers européens et asiatiques refusent de coopérer. Hassan Rohani comptait sur 50 milliards dollars d'investissements étrangers pour reconstruire son pays, pour sortir de l’isolement, pour combattre un taux de chômage à plus de 12%... 

Mais les banques sont frileuses. Elles ont encore en mémoire l'énorme amende dont a dû s’acquitter BNP-Paribas (9 milliards de dollars en 2014) pour violation de l'embargo en Iran. En signant son accord pour exploiter un gisement gazier, le mois dernier, Total s'est dit en même temps bien conscient du risque, mais le jeu en vaut la chandelle. 

L'Iran, un eldorado oui, mais avec des risques et des gains qui mettront un peu plus de temps que prévu à tomber dans l'escarcelle des Français. En analysant la situation iranienne, un juriste citait dernièrement un proverbe iranien : "La patience est un arbre dont la racine est amère et dont les fruits sont très doux"

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