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L'Espagne accepte finalement le sauvetage de ses banques

Après avoir résisté jusqu'au bout, l'Espagne, quatrième économie de la zone euro, a finalement accepté samedi un sauvetage de cent milliards d'euros au maximum limité à ses banques, qui lui accorde un répit mais place son économie sous étroite surveillance. "Sauvetage": le mot, tombé comme un coup de massue sur un pays étranglé par l'austérité et le chômage, s'étalait en grosses lettres dimanche à la Une de toute la presse.

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy
Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy Crédit : AFP/Archives, Dominique Faget
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La rédaction numérique de RTL

Le mot "sauvetage" passe mal

Même si le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, niait encore lui-même l'évidence, quelques heures plus tôt. Le chef du gouvernement de droite Mariano Rajoy, dont le silence ces derniers jours a soulevé des critiques, devait lui s'exprimer devant la presse à la mi-journée.

"Cela n'a rien à voir avec un sauvetage", a lancé samedi soir M. de Guindos, en annonçant que l'Espagne allait enfin demander "une aide financière européenne".

Des banques plombées par les investissements immobiliers

Objectif de ce plan d'aide: assainir les banques espagnoles, asphyxiées par leur exposition au secteur immobilier, avec, à la fin 2011, 184 milliards d'euros de crédits problématiques, notamment des prêts risquant de ne pas être remboursés.

Le prêt pourra atteindre cent milliards d'euros et sera injecté dans le fonds public espagnol d'aide au secteur bancaire (Frob), qui attribuera ensuite cet argent aux "banques qui le demandent", a expliqué le ministre.

"Les conditions seront imposées aux banques, pas à la société espagnole", a insisté M. de Guindos.

Car le gouvernement a réussi à éviter ce qu'il redoutait par-dessus tout: un plan d'aide global pour son économie qui aurait supposé en contrepartie un nouveau plan d'austérité, au moment où le pays est déjà contraint à de lourds sacrifices.

Les observateurs sont dubitatifs

"Sauvetage sans humiliation", titrait le quotidien de centre-droit El Mundo.

Charles Diebel, économiste chez Lloyds Banking Group, s'interroge : "C'est la dernière en date d'une longue liste de mesures pour combattre la crise. Cela sera-t-il suffisant?"

"Même si cela semble un succès que le sauvetage n'ait pas de conditions supplémentaires, c'est en partie cosmétique", remarquait dimanche El Mundo, en rappelant que l'Eurogroupe a insisté sur le respect des objectifs de déficit et la poursuite des réformes structurelles: augmentation de la TVA, à laquelle Madrid se refuse officiellement, marché du travail, retraites.

"Au final, il est clair que c'est une étape de plus dans la perte continuelle de souveraineté", écrivait le journal, alors que le pays est déjà sous étroite surveillance de l'Union 

Chiffres banques espagnoles

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L'Espagne accepte finalement le sauvetage de ses banques
Après avoir résisté jusqu'au bout, l'Espagne, quatrième économie de la zone euro, a finalement accepté samedi un sauvetage de cent milliards d'euros au maximum limité à ses banques, qui lui accorde un répit mais place son économie sous étroite surveillance. "Sauvetage": le mot, tombé comme un coup de massue sur un pays étranglé par l'austérité et le chômage, s'étalait en grosses lettres dimanche à la Une de toute la presse.
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2012-06-10 11:16:00
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