5 min de lecture Syrie

L'enfer de la guerre rattrape les habitants d'Alep

REPLAY - La rupture du cessez-le-feu par les forces du régime a fait plus de 250 morts en 7 jours.

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L'enfer de la guerre rattrape les habitants d'Alep Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Malgré la fatigue et l'usure de la guerre, l'espoir s'était de nouveau installé dans les yeux des rêveurs. À la faveur du relatif cessez-le-feu instauré le 17 février, des foules éparses étaient timidement redescendues dans les rues à Alep, Damas ou Idlib, mais le rideau noir est vite retombé. 

Plus de deux mois après l'accord de cessations des hostilités, le déluge de feu qui vient de s'abattre sur Alep est l'un des pires qu'ait connu la ville, plus de 250 morts en 7 jours ; hôpitaux entièrement détruits, des dizaines de milliers d'habitants cloîtrés chez eux en guettant la mort. "Retour à la case guerre", écrit ce matin Delphine Minoui dans le Figaro qui fait sa une sur "la bataille d'Alep". Le régime de Bachar Al-Assad bombarde la ville aux mains des rebelles, et pour soutenir ces bombardements, la Russie a envoyé des mercenaires. "Preuve", écrit Philippe Gélie, "que Poutine est bien devenu le maître du jeu en Syrie."

Pour prendre la mesure ce qui se joue à Alep, il faut aussi lire ce matin, sur le Blog AFP making-of, "Jour d'enfer à Alep". Le photographe syrien Ameer Alalbi raconte sa journée de jeudi : "Je crois que la guerre en Syrie ne se terminera jamais. Voilà trois ans que je photographie le conflit à Alep, ma ville. Et ce jeudi 28 avril est une des journées les plus infernales que nous ayons connues ici. Une cinquantaine de frappes en une seule journée..." Ses photos, terribles, montrent Alep après les raids aériens : des quartiers en champs de ruines, les voisins qui sortent apporter les premiers secours aux blessés, les chaînes humaines qui s'organisent pour extraire un enfant des décombres. "Alep est la ville la plus dangereuse du monde. Une ville morte. Mais je continue, parce que je veux montrer au monde ce qui se passe ici."

Le Venezuela dans le noir

Changer d'heure pour économiser l'électricité, en France, on fait ça depuis 40 ans. Au Venezuela depuis 24 heures. Dans la nuit de samedi à dimanche, les Vénézueliens ont avancé leurs montres de 30 minutes, sur ordre du président Maduro. Une demi-heure pour profiter plus longuement du soleil et réduire la demande en électricité. Pour autant, titre le journal l'Opinion : "Le Venezuela s'enfonce de plus en plus dans le noir".

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Le pays, déjà confronté à l'incurie d'un régime qui l'a mené au bord de la faillite est maintenant frappé par une grave sécheresse occasionnée par El Nino. Le phénomène climatique a provoqué l'arrêt de la principale centrale hydroélectrique du pays, déclenchant un rationnement drastique de l'électricité. Avant de décider de changer d'heure, le gouvernement Maduro a pris d'autres mesures spectaculaires : le courant est coupé partout 4 heures par jour et les fonctionnaires ne travaillent plus que deux jours par semaine, de 7 heures à 14 heures. La pénurie est partout... Le Venezuela n'a même plus de bière, le premier brasseur du pays qui fournit 80% de la consommation locale vient d'arrêter sa production faute de devises pour payer l'orge qui sert à faire la bière. Le FMI table sur une inflation à +720% cette année. Alors pour calmer la colère, le régime annonce une hausse du salaire minimum de 30% à compter d'aujourd'hui.

À chacun son calendrier et ses promesses

À la Une des Échos : "Hollande tenté de baisser les impôts avant la présidentielle". Et puis à la Une du Parisien-Aujourd'hui en France : "François Hollande soigne ses profs". Enfin, on en a largement parlé ce matin sur RTL, la prime des enseignants du primaire sera augmentée de 800 euros. "La cohérence de l'action politique de François Hollande est assez complexe à appréhender", ironise Donat Vidal Revel. Même les plus fidèles s'interrogent sur ces enchaînements brouillons qui font passer le pays en quelques mois du matraquage au répit fiscal, de la contrainte budgétaire aux dispendieux cadeaux catégoriels. L'Élysée veut faire la paix avec son électorat traditionnel et qu'importe ce que cela coûtera à l'ensemble des contribuables. François Hollande est le président de tous les Français mais pas en même temps. Des Français considérés successivement en fonction de son propre calendrier dont l'obsession est sa réélection l'an prochain.

Un calendrier qui inspire aussi Benoît Hopquin sur le site de la matinale du Monde. "Joli mois de mai, mouais...", écrit-il. "Qu'il nous semble étrange, celui qui commence, étrange et triste comme un cortège chahuté de Fête du Travail. Triste comme la chanson du mois de mai de Prévert : 'La vie est une cerise, la mort est un noyau...'" Le mois de mai est toujours si particulier dans le calendrier : saison des manifs qui engorgent la capitale, saison des ponts qui la vident tout aussi vite, époque du festival de Cannes, de la féria de Nîmes, de Roland-Garros... À chacun son éphéméride.

Les petits conseils des Échos en cas de perquisition

Les Échos donnent ce matin des conseils si un imprévu survient dans votre agenda avec une page surréaliste du cahier business : "Perquisitions, comment s'y préparer ?" Conseil à tous les patrons qui peuvent voir un jour débarquer la répression des fraudes, l'autorité de la concurrence, ou celle des marchés financiers, les douanes ou le fisc... C'est arrivé chez PSA la semaine dernière, c'est aussi arrivé chez Renault, Bolloré ou Oracle. Donc personne n'est à l'abri et les risques sont multiples : risque réputationnel, pénal, financier... il faut donc bien se préparer !

D'abord réagir dès la première heure. Car attention, quand les enquêteurs se présentent, il y a toujours un bon quart d'heure de flottement : le service juridique n'est pas tout de suite prévenu et le temps qu'ils descendent, les enquêteurs ont le temps de faire parler les hommes et les machines. Donc il faut régulièrement mettre à jour la procédure d'accueil des enquêteurs. Où les installe-t-on ? De préférence dans une salle vide, on n'est jamais trop prudent. Qui sera leur interlocuteur ? Le choix se portera sur une personne pas trop impliquée dans l'affaire. Attention, la personne ne devra pas modifier ou supprimer des documents.

Et puis, ultime conseil, si la visite des enquêteurs fuite, il est impératif de rassurer vos clients et fournisseurs inquiets. Bien sûr, si ça fuite dans Les Échos ce ne sera pas faute de vous avoir prévenu !

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