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L'Allemagne accueille des milliers de migrants à bras ouverts

Environ 14.000 personnes sont arrivées de Hongrie ce week-end, chaleureusement reçues par les Allemands.

Une homme et une petite fille sont applaudis à leur arrivée à la gare de Francfort (Allemagne) le 6 septembre 2015.
Une homme et une petite fille sont applaudis à leur arrivée à la gare de Francfort (Allemagne) le 6 septembre 2015.
Crédit : FRANK RUMPENHORST / DPA / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

"Willkommen, bienvenue, welcome"... Des milliers de migrants ont continué à arriver, ce dimanche 6 septembre, en Allemagnechaleureusement accueillis dans les gares par de nombreux Allemands. 

Un nombre record de personnes ont afflué sous les applaudissements et les chants, au terme d'un périple semé d'embuches à travers l'Europe. Mais Berlin et Vienne avertissent que la situation doit rester "temporaire" et exceptionnelle. La police allemande prévoyait 10.000 nouveaux arrivants venant d'Autriche ce dimanche, après en avoir recensé 7.000 samedi. Il s'agit en majorité de Syriens fuyant la guerre. En fin d'après-midi, 14.000 personnes avaient déjà été enregistrées pour le week-end.

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Bloqués en Hongrie dans des conditions chaotiques, après avoir traversé la Méditerranée, puis les Balkans, ces demandeurs d'asile ont transité par l'Autriche, avant d'affluer dans les gares allemandes, partout accueillis par des pancartes "Bienvenue !". "Les gens nous traitent tellement bien ici, ils nous traitent comme des êtres humains, ce n'est pas comme en Syrie", a confié à Munich Mohammad, 32 ans, venu de la ville syrienne dévastée de Qousseir, les larmes aux yeux.

Initiatives exceptionnelles

Toute la journée, les quais de la gare bavaroise ont reçu des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants, épuisés par leur périple, aussitôt dirigés vers des tables chargées de vêtements et de nourriture puis conviés, par bus, vers les centres de premier accueil. Débarqués d'un wagon, deux garçons de 7 ou 8 ans, torse bombé et visage illuminé d'un large sourire, ont traversé la foule au milieu des applaudissements. Un peu plus tôt, une femme a glissé à une famille syrienne un sac rempli de chocolats, de jouets et d'"un peu d'argent".

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À Francfort, dans la nuit de samedi à dimanche, la foule chantait "Voilà la solidarité internationale !" ou "Dites-le haut et fort, les réfugiés sont les bienvenus ici !", au milieu des vivats, à l'entrée de chaque train. Lara Sabbagh, bénévole venue comme traductrice, a même dû écarter les badauds souhaitant immortaliser la scène. Les réfugiés "ont peur (...) Ils m'ont demandé : 'Que font ces gens ? Que veulent-ils ?' Ils n'ont pas compris qu'ils étaient venus les accueillir", explique-t-elle.

Alors que l'Europe, divisée, connaît une des pires crises migratoires depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Berlin a assoupli ses règles d'accueil pour les ressortissants syriens, renonçant à les renvoyer vers leur point d'entrée en Europe. Dans une décision sans précédent, l'Autriche a accepté, en concertation avec Berlin, de faciliter l'accueil et le transit vers l'Allemagne de milliers de migrants coincés en Hongrie, qui a vu affluer quelque 50.000 personnes pour le seul mois d'août. 

Prise de conscience

Mais cette décision ne peut être que "temporaire", avertit dimanche le chancelier autrichien Werner Faymann, soulignant qu'"une mesure de ce type ne peut pas être une solution". Lors d'un entretien téléphonique la veille, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre hongrois Viktor Orban ont convenu que leurs deux pays "devaient respecter leurs obligations européennes", et que le flux observé ce week-end était exceptionnel. En Hongrie, le trafic ferroviaire a été pleinement rétabli ce dimanche pour les réfugiés, qui ne sont plus contraints d'arpenter à pied routes et autoroutes vers l'Autriche.

Les initiatives solidaires se multiplient en Europe, alors que le calvaire de 71 migrants morts étouffés dans un camion en Autriche, puis les images du petit Aylan échoué sur une plage turque ont déclenché une vague d'émotion populaire et poussé certains dirigeants à changer de discours. À Vienne, un convoi d'une cinquantaine de voitures particulières est parti à la mi-journée, à la suite d'un appel sur les réseaux sociaux pour tenter d'acheminer des migrants depuis la Hongrie. 

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