2 min de lecture Moyen-orient

Jérusalem : le Hamas appelle à une "nouvelle intifada" après l'annonce de Trump

Le président américain a reconnu Jérusalem comme capitale de l'État d'Israël. Une décision qui pourrait raviver les tensions dans la région.

Un soldat israélien passe devant un drapeau du Hamas dans la bande de Gaza en novembre 2012 (image d'illustration).
Crédit Image : ABBAS MOMANI / AFP

La décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale de l'État d'Israël a été mal perçue par les Palestiniens. Le Hamas, mouvement islamiste, a ainsi appelé jeudi à un nouveau soulèvement populaire. "On ne peut faire face à la politique sioniste soutenue par les États-Unis qu'en lançant une nouvelle intifada", a déclaré le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, dans un discours prononcé depuis la bande de Gaza.

Une grève générale et à des manifestations dans les territoires occupés et à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée et considérée comme occupée par la communauté internationale sont prévues. Les magasins sont restés fermés dans la matinée, les écoles également. Des manifestations sont aussi annoncées à la mi-journée à Ramallah, qui fait office de capitale politique palestinienne, à Bethléem, également en Cisjordanie occupée, et au cours de la journée en différents points de la bande de Gaza, territoire reclus soumis à un rigoureux blocus israélien.

Un "jour historique" pour Netanyahu

Passant outre aux mises en garde venues de toutes parts, Donald Trump a rompu avec ses prédécesseurs et la communauté internationale en annonçant mercredi cette décision historique aux conséquences imprévisibles et en ordonnant le futur transfert de l'ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Le président américain, qui a justifié son geste notamment par sa volonté de tenir une promesse de campagne à la différence de ses prédécesseurs, s'est attiré une vaste réprobation à travers le monde.

La reconnaissance a provoqué une colère sans précédent depuis longtemps contre les États-Unis chez les dirigeants de l'Autorité palestinienne, internationalement reconnue et censée préfigurer un État palestinien indépendant. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a au contraire salué un "jour historique" mercredi soir. "Le président Trump est entré à jamais dans l'histoire de notre capitale", a-t-il renchéri jeudi. Les États-Unis sont à présent discrédités pour continuer à jouer le rôle de médiateur de la paix qui a été le leur pendant des décennies, a dit le président palestinien Mahmoud Abbas.

Réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU

Les organisations palestiniennes ont appelé à trois "jours de rage" à partir de mercredi. Les protestations sont restées limitées mercredi, en dehors, notamment, d'un rassemblement de milliers de personnes qui ont brûlé des drapeaux américain et israélien et chanté "mort à l'Amérique" et "mort à Israël" dans la bande de Gaza.

Mais les regards sont d'ores et déjà tournés vers vendredi, jour de grande prière hebdomadaire sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, occasion de manifestations et de troubles dans les périodes de tensions. Le même jour, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence à la demande de huit pays, dont l'Égypte, la France et le Royaume-Uni.

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