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Israël: le gouvernement ultraconservateur de Netanyahu arrache la confiance du Parlement

Le Premier ministre israélien a obtenu in extremis la confiance de la Knesset, qui a approuvé son gouvernement à une voix près.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 27 août 2014.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 27 août 2014.
Crédit : AFP PHOTO/THOMAS COEX
Christophe Chafcouloff & AFP

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a obtenu jeudi 14 mai par la plus étroite des marges la confiance du Parlement à son quatrième gouvernement, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël. La Knesset, le Parlement israélien, a approuvé le gouvernement par 61 voix pour et 59 voix contre, a annoncé le président du Parlement israélien Youli Edelstein.

Trois expulsions lors de la cérémonie

"Voici les résultats: pour, 61 voix; contre, 59 voix. Je déclare que le gouvernement a obtenu la confiance de la Knesset. Félicitations", a déclaré le président du Parlement Youli Edelstein après une cérémonie tendue commencée par l'expulsion de trois députés arabes israéliens.

Ces derniers avaient interpellé avec véhémence le Premier ministre tandis que d'autres représentants de l'opposition ont laissé éclater des rires ironiques en entendant M. Netanyahu ouvrir la séance en clamant : "Nous préserverons notre sécurité et ferons tout notre possible pour la paix". La communauté internationale va désormais avoir affaire à un gouvernement qui fait la part belle aux nationalistes, aux ultra-orthodoxes, aux partisans de la colonisation et aux adversaires de la création d'un Etat palestinien indépendant, dans un contexte de vives tensions régionales et de conflit persistant avec les Palestiniens.

C'est aussi un gouvernement reposant sur une majorité minimale de 61 sièges sur 120 qui l'expose à la moindre absence dans son camp, voire au moindre mouvement d'humeur d'un député frustré. Au-delà des convictions des ministres, cette précarité aussi alarme les diplomates étrangers, inquiets que M. Netanyahu ne soit à la merci des plus radicaux de ses alliés.
L'un des hommes forts de la coalition gouvernementale, le chef du parti nationaliste religieux Naftali Bennett, est l'ardent défenseur des intérêts des  colons. Il rejette la création d'un Etat palestinien et préconise à la place l'annexion par Israël de 60% de la Cisjordanie déjà sous son contrôle total, et  un statut d'autonomie limitée dans le reste du territoire. Selon lui, le conflit avec les Palestiniens est insoluble et il faut s'en accommoder comme "un éclat d'obus dans les fesses".

La marge de manoeuvre de Netanyahu restreinte

M. Netanyahu, soucieux de rallier les électeurs de droite, a lui-même enterré l'idée d'un Etat palestinien pendant sa campagne s'il conservait son poste. Il a ensuite assuré rester favorable à la solution de deux Etats israélien et palestinien coexistant côte à côte, mais en ajoutant que les conditions actuelles ne s'y prêtaient pas. L'investiture de ce gouvernement parachève des semaines d'âpres tractations, de marchandages, de surenchères et de cris de trahison et d'extorsion. Quelques heures seulement avant le vote, M. Netanyahu n'avait toujours pas finalisé son gouvernement et se débattait encore avec les exigences des membres de son propre parti, le Likoud, sur la distribution des portefeuilles.

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Sorti triomphant des législatives du 17 mars, M. Netanyahu s'est retrouvé, après le lâchage de son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, en butte à la surenchère des partis censés participer à sa majorité. Il est aussi devenu l'otage des exigences au sein du Likoud. M. Netanyahu, limité par la loi dans le nombre de portefeuilles qu'il pouvait décerner, a fait adopter mercredi in extremis un nouveau texte lui permettant de nommer davantage de ministres pour contenter le plus de monde possible.

Mais, jeudi soir, il lui a fallu se démener jusqu'au bout pour apaiser deux caciques du Likoud, Gilad Erdan et Sylvan Shalom. Ce dernier est devenu ministre de l'Intérieur. Gilad Erdan, numéro deux du Likoud, n'apparaît pas dans le gouvernement. Moshé Yaalon conserve son poste capital à la Défense. Youval Steinitz, ancien ministre des Renseignements, devient ministre de l'Energie mais conserve  le très sensible dossier du nucléaire iranien.  

Possible retour devant l'ONU

M. Netanyahu se réserve le portefeuille des Affaires étrangères. Avec une majorité aussi ténue, il a de nouveau laissé entendre qu'il chercherait à étendre sa coalition. 
Le chef de l'opposition, le travailliste Isaac Herzog, lui a opposé une nouvelle fin de non-recevoir: "Aucun dirigeant digne de ce nom ne rejoindrait le cirque que vous avez réussi à monter à la dernière minute". 
Ce gouvernement est confronté à des défis majeurs: menaces à ses frontières, offensive diplomatique et judiciaire des Palestiniens, liens détériorés avec les Etats-Unis, possibilité d'un accord nucléaire international  avec l'Iran, grand ennemi d'Israël, sans parler des disparités sociales et du coût de la vie.

Les relations avec le grand allié américain traversent l'une de leurs crises les plus graves. Les Etats-Unis ont clairement signalé qu'ils attendaient M. Netanyahu et son cabinet au tournant. 
Pour Américains et Européens, la colonisation israélienne dans les territoires occupés est un obstacle majeur à la paix. En revanche, la création d'un Etat palestinien est centrale dans les grands projets internationaux de règlement du conflit. La France pourrait, après le 30 juin, reprendre les efforts pour faire adopter par le Conseil de sécurité de l'ONU une résolution sur ce conflit vieux  de plusieurs décennies, dont Israël ne veut pas entendre parler. 

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