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Irak : un engagement européen en marche

Les États européens s’engagent peu à peu au côté des États-Unis, de retour dans le conflit armé en Irak depuis le vendredi 8 août.

Un combattant dans le Kurdistan irakien à Taaza, le 21 juin 2014.
Un combattant dans le Kurdistan irakien à Taaza, le 21 juin 2014.
Crédit : KARIM SAHIB / AFP
Antony Milanesi & AFP

Une réunion des Ambassadeurs européens sur le conflit irakien vient d'être programmée pour le mardi 12 août à Bruxelles. Une preuve que l'engagement du Vieux continent contre l'avancée jihadiste prend peu à peu forme. Depuis le vendredi 8 août, l'armée américaine bombarde les positions de l'État islamique (EI) pour contrer les jihadistes qui menacent les civils en Irak.

Le président américain Barack Obama s'était immédiatement réjoui de trouver le premier ministre britannique David Cameron et François Hollande à ses condés. La France et le Royaume-Uni ont en effet décidé de soutenir l'effort humanitaire initié, en parallèle de leur frappes, par les États-Unis dans le nord de l'Irak. "Tous les deux ont exprimé leur soutien à nos actions et sont d'accord pour nous appuyer dans l'assistance humanitaire que nous offrons aux Irakiens qui souffrent le plus", a déclaré Obama lors d'une conférence de presse.

Des soutiens qui ne sont pas militaires mais qui permettent aux Américains de ne pas se sentir isolés dans ce nouveau conflit armé. "Une fois encore, l'Amérique est fière d'agir aux côtés de ses plus proches alliés et amis", a ajouté le président américain.

La France à l'avant-garde mais isolée

François Hollande avait affirmé dés le jeudi 7 août la volonté de Paris d'"apporter un soutien" aux États-Unis. Cependant, les forces françaises, déjà engagées dans des opérations lourdes au Mali et en Centrafrique, ont des capacités limitées pour intervenir militairement dans la région. 

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Ainsi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a rappelé dimanche 10 août depuis Erbil (Kurdistan irakien) que la France ne prévoyait pas d'intervenir militairement contre les jihadistes de l'État islamique (EI).

Paris a décidé en revanche de répondre favorablement à une demande du président du gouvernement régional du Kurdistan, Massoud Barzani en intensifiant l'aide humanitaire. Laurent Fabius a appelé à la création d'"un pont européen de solidarité sur toute une série de biens qui sont nécessaires". Le ministre a reconnu que l'initiative française était trop isolée pour être efficace.

Des livraisons d'armes possibles

Malgré les réticences françaises à entrer dans le conflit armé, Laurent Fabius a rappelé que les forces de l'État islamique possèdent "des armes très sophistiquées qu'il a prélevées sur l'armée irakienne". "Il faudra d'une manière ou d'une autre qu'ils puissent être livrés d'une façon sûre en matériel qui se permettent de défendre et de contre-attaquer" explique-t-il.

Et d'évoquer une possible livraison d'armes : "Si la France décide de livrer des armes, par exemple aux Kurdes, cette opération se fera en liaison avec les Européens". 

L'italie obtient une réunion européenne

Lundi 11 août, l'Italie a ainsi fait un pas vers la coopération européenne en demandant la convocation d'une réunion des chefs de la diplomatie européenne. 

Contrairement à la France, le pays a d'emblée prôné "un soutien y compris militaire" au gouvernement kurde. "Nous examinons avec nos principaux partenaires européens les moyens les plus efficaces pour stopper l'avancée des djihadistes de l'Etat islamique", a déclaré aujourd'hui la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, à la première chaîne de la radio publique.

La passivité européenne critiquée

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, est, de son côté, sortie du silence, dimanche 10 août, pour dénoncer des "crimes contre l'humanité" perpétrés par l'État islamique envers le Kurdistan autonome et ses milliers de civils. "Nous condamnons fermement les dernières attaques du soi-disant État islamique et d'autres groupes armés en Irak", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La cheffe de l'euro-diplomatie s'est déclarée "consternée" par la "détérioration rapide de la situation humanitaire" dans le nord de l'Irak. "Cela doit être examiné rapidement afin que leurs auteurs soient tenus pour responsables" a-t-elle ajouté.

Pour les pays européens mobilisés, cette intervention de Catherine Ashton est insuffisante. "Plusieurs pays sont en train de bouger mais il faut une initiative à l'échelle européenne", a insisté la ministre italienne Federica Mogherini. Cette dernière a souligné être prête, tout comme sa collègue de la Défense, Roberta Pinotti, à présenter la position du gouvernement sur l'Irak devant le Parlement "à n'importe quel moment". Elle s'est dite convaincue que les inquiétudes concernant l'Irak "sont une préoccupation partagée par toutes les forces politiques italiennes".

En France, le porte-parole du Parti socialiste, Olivier Faure, a déclaré sur RTL qu'il espérait "entendre la voix de Catherine Ashton" pour annoncer une décision concrète, assurant que "la France est souvent à l'avant-garde et protège les valeurs de l'Europe. Il est logique que les Européens interviennent".

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