3 min de lecture États-Unis

Irak : combats près de Tikrit

L'armée irakienne a chassé Daech de Baghdadi et lancé une offensive pour reprendre Tikrit, au jour de l'annonce de la destruction de Nimroud.

L'armée irakienne et les milices alliées tentent de reprendre Tikrit.
L'armée irakienne et les milices alliées tentent de reprendre Tikrit. Crédit : AHMAD AL-RUBAYE / AFP
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

La situation se détériore pour Daech dans le nord de l'Irak. Alors que les condamnations se multipliaient ce vendredi 6 mars après la destruction par le groupe Etat islamique de la cité antique de Nimroud, des combats avaient lieu aux alentours de Tikrit, que l'armée tente de reprendre aux jihadistes.

L'Etat islamique est également sous le coup d'une contre-offensive dans l'ouest du pays, où il contrôle de larges secteurs. L'état-major américain a annoncé que les forces gouvernementales avaient chassé l'EI de Baghdadiville voisine d'une base aérienne où sont stationnés des soldats américains.

Les forces irakiennes, avec 30.000 hommes mobilisés, ont lancé lundi une offensive pour reprendre Tikrit, à 160 km au nord de Bagdad. L'opération a été présentée comme "la plus massive" depuis la prise par l'EI en juin 2014 de pans entiers du territoire.

Dour, à 20 km de Tikrit, a été reprise

Des combats sporadiques ont eu lieu vendredi à Dour, à 20 km au sud de Tikrit, après l'entrée des forces gouvernementales dans la ville, selon un général de division de l'armée. Le gouverneur de la province de Salaheddine a affirmé que les forces irakiennes avaient repris l'artère principale de cette localité.

À lire aussi
visite officielle
Irak : quel est le programme de la visite historique du pape François ?

Dour est l'un des points par lesquels les forces irakiennes entendent encercler Tikrit, la deuxième ville la plus importante conquise en Irak par l'EI, après Mossoul, plus au nord.

Dans l'ouest, les forces gouvernementales ont repris à l'EI, ou Daech selon l'acronyme arabe, Baghdadi, une ville située à environ 8 kilomètres de la base aérienne d'Al-Assad, où 300 militaires américains entraînent les forces de sécurité irakiennes, a indiqué la coalition dans un communiqué.

Sous pression, Daech détruit Nimroud

Daech a également perdu le contrôle de sept villages proches, ajoute le communiqué, précisant que la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis avait aidé les forces irakiennes par des raids aériens.

En dépit des pressions de plus en plus importantes que lui font subir les forces irakiennes et la coalition --qui vise aussi ses positions en Syrie voisine--, l'EI s'en est pris jeudi à Nimroud, joyau archéologique inestimable, une semaine après avoir réduit en miettes des trésors archéologiques dans le musée de Mossoul.

Des hommes ont commencé à détruire au bulldozer ce site situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Mossoul, selon le ministère irakien du Tourisme.

Nimroud, "attaque contre l'humanité"

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a fermement condamné la destruction de Nimroud. "La destruction délibérée de notre héritage culturel commun constitue un crime de guerre et une attaque contre l'humanité dans son ensemble", a-t-il déclaré dans un communiqué. M. Ban a exhorté les dirigeants religieux et politiques de la région à "élever la voix pour dénoncer ces attaques inacceptables".

Il devait rencontrer vendredi à New York la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, qui avait dénoncé dès jeudi "un crime de guerre" et en avait appelé au Conseil de sécurité de l'ONU et à la Cour pénale internationale.

Al-Azhar, l'une des plus prestigieuses institutions théologiques de l'islam sunnite, qui siège en Egypte, a appelé à "sauver les nations arabes et islamiques de leurs diables", alors que la reine Rania de Jordanie qualifiait l'EI de "fous qui cherchent à nous ramener aux temps médiévaux".

Pragmatiques

L'EI justifie ces destructions en arguant que les statues favorisent l'idolâtrie. Mais selon plusieurs experts, les "idoles" si vivement dénoncées dérangent moins les jihadistes lorsqu'il s'agit de les vendre au marché noir. Ce sont les statues trop imposantes pour être transportées aisément qui sont détruites, estiment-ils.

Le grand ayatollah Ali al-Sistani, la plus haute autorité chiite de l'Irak, a estimé que ces destructions étaient la preuve "de la sauvagerie, de la barbarie et de l'hostilité (des jihadistes) pour les Irakiens", dans un prêche prononcé par un assistant à Kerbala, dans le centre de l'Irak.

"Leur projet, c'est de détruire le patrimoine irakien, site par site", explique Abdelamir Hamdani, un archéologue irakien de l'université Stony Brook de New York. "Cela va être au tour de Hatra", a-t-il ajouté, en référence à une cité vieille de 2.000 ans inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco située à 100 km au sud de Mossoul.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
États-Unis Daesh Irak
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants